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Kaolin

Kaolin

Kaolin

Genre : Pop Rock

Label : Wagram

Date de sortie : 18-10-2010

L'image que renvoient ses douze chansons est celle de musiciens qui s'épanouissent dans le second degré, prennent les ratés de la vie amoureuse avec légèreté. Les entraînants «C'est mieux comme ça» et «Sans importance» côtoient «Bang Bang», déflagration passionnée aussi tranchante que son riff de guitare. Avec le sourire en coin, Kaolin dédramatise les affaires de couple.

Que «Petite Peste» et sa collection de vestes (sentimentales) précèdent le faussement macho et très rigolo «Tu m'emmerdes» (« t'es pas méchante, tu serais même plutôt agréable/t'as pas non plus de malformations véritables/mais tu m'emmerdes, comment pourrais-je te l'expliquer… ») ne constitue pas une coïncidence…
« Les histoires d'amour finissent mal en général », chantaient avec une énergie bluffante les Rita Mitsouko. S'inspirant de ce que les Rita ont réalisé en leur temps - de la chanson française qui groove - Kaolin trempe désormais la pointe de sa plume dans la sueur du funk, louche sur la soul de James Brown ou de Curtis Mayfield. Et imite Serge Gainsbourg, les Rolling Stones de «Gimme Shelter» ou les Talking Heads, ces autres blancs-becs à avoir puisé dans la musique noire pour décupler l'ivresse de leurs créations. Indéniablement, depuis leurs débuts noisy et post rock, Guillaume (chant, guitare), Ludwig (guitare, chant), Julien (guitare, chant) et Olivier (batterie, chant), rejoints depuis deux ans par Vivien (basse, chant), se sont décoincés. Sans se trahir - le sublime instrumental à la Mogwai, «Cody», est là pour le prouver - ils ont plongé avec excitation dans un bain moussant funky. Ils en sont sortis transformés, heureux. Aidés par les réalisateurs Jean-Louis Piérot (Bashung, Daho, Miossec), également préposé aux claviers, et l'ingénieur du son Philippe Balzé, ils ont intégré à leur vocabulaire des riffs remuants et sensuels, des basses discoïdes moites et même des cuivres comme on entend sur les vénérées références du label soul Stax. Des percussions et des programmations électroniques soulignent aussi les rythmes et des chœurs enjoués, dus à toute la bande, ajoutent la touche finale d'euphorie. Pour paraphraser le titre de leur album précédent, ils ont non seulement « mélangé les couleurs » (une nouvelle fois) mais tiré leur palette vers des teintes plus chaudes et vives. Pourvus de formes dansantes voire bondissantes, «On s'en va» ou «Le Geste» concrétisent avec classe cette métamorphose inattendue mais ô combien convaincante. Car le groupe s'est taillé un nouveau costume non pas pour se déguiser en quelqu'un d'autre mais pour coller à sa liberté de mouvement.
Tout en faisant monter la température de ses compositions, servies chaudes et craquantes, Kaolin a gardé son regard unique. Le groove implacable de certains morceaux cache souvent, comme par pudeur, le caractère intimiste des textes. Libre ainsi à l'auditeur de capter (ou non) le double sens de «Crois-moi», chanson qui sera certainement pour Kaolin ce que «Boys & Girls» fut pour Blur, un irrésistible concentré de disco-rock, un manifeste pour la liberté de réaliser des grands écarts. Avec l'expérience, le groupe a acquis une souplesse qui contraste avec la rigidité d'antan et s'illustre par une épatante variété. Kaolin ne s'est interdit aucun plaisir, qu'il lui soit procuré par «Plus rien», prenante et sensible ballade comme le groupe les affectionne, ou par le plus inattendu «Shanana». Ce radieux exercice de style voit en effet les cinq musiciens se téléporter en Californie et partir s'amuser avec leurs instruments sur la plage. Pour cet insouciant morceau de rock à la Fleetwood Mac, le groupe qui fait étalage partout ailleurs de son goût immodéré pour la langue française et le mot juste a choisi l'anglais - une nouveauté dans un parcours pourtant déjà bien riche.
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Il y a quatre ans, Kaolin a vu une de ses chansons percuter l'air du temps. La maligne rengaine folk s'appelait «Partons Vite», elle a fait son joli chemin à la radio et sur les lèvres.

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