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©N.Guerin / Wax Tailor

Wax Tailor, Interview

La rédaction de Notulus a profité du passage de Wax Tailor à Nancy le 10 Mars 2010 pour s'octroyer un petit moment privilégié en compagnie de Jean-Christophe Le Saoût, qu'elle a le plaisir de partager avec ses lecteurs.

Vous jouez ce soir à Nancy à l'Autre Canal, c'est une petite salle par rapport à la tournée qui vous attend !

C'est un bon souvenir déjà, on y avait joué en 2008, de plus ce soir c'est complet, c'est une belle façon de commencer la tournée !
Pour les salles, il y a un peu de tout, mais ici c'est une chouette salle, je trouve qu'elle sonne.

Toujours un peu de stress avant de monter sur scène?

Oui, oui, en plus il y a beaucoup de technique. C'est le début de la tournée, il y aura forcément des ratages de petites choses. Et comme on a fait une tournée de 50 dates à l'automne, on devrait être rôdé. Mais on réinjecte de nouveaux trucs, on essaie de nouvelles choses et du coup, on repart un peu fébrile. C'est normal.

Les projets (tournées) sont donc vivants et ne cessent de se modifier ?

Oui, on peut dire cela, ça se passe bien, il y a beaucoup de dates beaucoup de projets.

Vous avez commencé dans le monde Hip-Hop, aujourd'hui vous vous orientez carrément vers quelque chose de plus Trip Hop. Êtes-vous à la recherche de quelque chose de moins dur, de plus glamour?

C'est juste une suite logique pour moi, d'avancée personnelle. J'ai digéré un peu ce qu'était mes influences et du coup ça me permet de moins morceler " Tiens j'ai un projet Hip Hop, un projet plus ceci, un projet plus cela...". Là, j'ai un projet personnel et ça me permet de prendre des chemins de traverse avec des ambiances différentes, avec des choses qui me touchent... On peut se sentir rejeté par ce côté baroque, romantique, mélancolique... mais ça fait partie de mon identité.

On sent une réelle chaleur dans vos morceaux, surtout avec l'apport de Ces voix féminines.

Oui, j'aime bien cette idée de contraste, c'est comme avoir une armature rythmique avec quelque chose de très rugueux, très Hip-Hop, très costaud avec une base basse/batterie très solide, avec des arrangements de cordes plus planants. Avoir ces contrastes là, ça m'intéresse !

Comment s'est fait la rencontre Charlotte Savary et Wax Tailor ?

En fait, j'ai commencé à travailler avec elle en 2003, elle travaillait à l'époque sur un album, avec un ami à moi qui était réalisateur de son groupe. On s'est rencontré en studio, on a pas mal discuté, on a tout de suite sympathisé. Je travaillais sur mon premier EP, à ce moment là. Donc, j'ai envie de dire que ça c'est fait super naturellement. Je lui ai proposé de poser une voix sur un titre. Ça s'est fait et dans la foulée j'ai commencé à bosser sur l'album, je l'ai invité sur le premier album, on a commencé à faire des dates. Les choses se sont faites de façon tellement naturelle, qu'on n'a jamais formalisé le fait de travailler ensemble véritablement car ça s'est fait comme ça.

Elle vous rejoint souvent puisqu'elle est de nouveau présente sur votre dernier album.

Oui, car en plus la relation évolue, on se connaît maintenant depuis sept ans et je pense qu'il y a quelque chose qui fait que l'on travaille différemment, ça en devient de plus en plus intéressant. Et puis elle, elle évolue aussi. C'est quelqu'un qui a un véritable talent et qui travaille, se remet en question, qui arrive à passer à autre chose. Je trouve d'ailleurs que sur cet album, elle est beaucoup plus... Je trouve qu'on a réussi au niveau vocal à faire passer un maximum de sensualité, par exemple

Comment choisissez-vous vos collaborations, car ce sont des personnalités d'univers très différents !

Oui, effectivement ce sont des gens différents. Mais mon approche est vraiment basée sur l'idée que le titre est le roi et que c'est un peu comme un film, un scénario avec des acteurs. Il y a une chronologie. C'est assez rare, qu'on dise "Tiens j'ai envie de tourner avec cet acteur, donc je vais faire un film". Ça arrive parfois mais ce n'est pas moi.
Je fais mon histoire et je me demande ensuite lequel serait le bon acteur. Il y a des titres où je me demande : "Est-ce que cela va être un titre vocal ou est-ce que je vais faire une histoire avec des scratches ? Est-ce que je vais faire ceci ou cela... ? Est ce que je vais récupérer des samples de films... ?" Et puis des fois, je me dis "Tiens, je vais plutôt faire un titre vocal avec plutôt un rappeur, plutôt un MC, non, plutôt une chanteuse ?" etc.
J'affine et puis au bout d'un moment, je me dis que ce qui serait excellent, ce serait de faire ça. Donc voilà, lorsque je contacte les gens, j'ai une idée précise, je ne suis pas du tout du genre à contacter quelqu'un en lui disant, "ben vas-y pioche, dis-moi ce que tu veux faire, on fait quelque chose..." Je trouve que c'est perdre le fil.

Quand tu fais un album, il y a une histoire à raconter ?

Il y a une ambiance, une envie d'avoir un fil au travers d'une ambiance et de laisser une porte ouverte en même temps. C'est pas super didactique, l'idée ce n'est pas de dire "Hé bien, c'est un album concept avec l'histoire de Melody Nelson ou c'est X ou Y", ce n'est pas ça.
La filiation est presque plus proche de la littérature, avec le livre et la façon de construire ses propres images, c'est un peu la même chose. Par contre, c'est important d'avoir ce fil, donc de ne pas perdre l'attention qui va faire que l'on va créer son propre univers et après forcément les ambiances dirigent un minimum...

Y aurait-il la possibilité d'écrire quelque chose en parallèle à la création d'un album ?

Il y aurait des histoires possibles. C'est ça qui est intéressant. Je reçois beaucoup de messages de gens qui écoutent la musique. Il y a des gens qui me disent des choses qui m'interpellent parce que c'est difficile de juger ce genre de choses. Les gens me disent, "cet album est vraiment un classique". Pour moi ce classique ne représente pas la même chose. Aujourd'hui, je comprends mieux et ça me permet d'analyser, même pour moi. Car lorsque l'on parle de classique, il y a une notion de qualité musicale : c'est une chose que l'on aime ou que l'on n'aime pas. C'est une histoire tout simplement, avec le recul, ça permet d'associer la musique à une force aussi, celle de s'associer à notre vie. C'est peut être d'ailleurs le médium artistique que l'on associe le plus, aux moments de nos vies. C'est aussi plus facile de recoller la musique à des périodes de nos vies, c'est pour cela que l'on est nostalgique d'horreurs musicales par exemple parce que ça nous ramène à tel ou tel truc alors que le morceau est immonde.
C'est marrant parce que justement il y a des gens qui m'interpellent en me disant "Tiens ça, c'est ma rupture, ça c'est ça." Donc un même titre peut évoquer quelque chose de très positif ou son contraire. C'est vraiment lié à un tout un chacun, c'est pour cela qu'il y a cette porte ouverte.

Il faut combien de temps pour faire un album ?

C'est super difficile à dire. Je me souviens que sur "Tales", on me demandait combien de temps j'avais mis pour le faire. En général, je répondais six mois ou quinze ans ça dépend.
Parce que c'était le premier, il y avait eu une espèce de gestation de longue date qui fait qu'il y a beaucoup de choses qui viennent de très loin.
Après il y a peut être une urgence dans le deuxième qui est différente. Il a été fait dans un temps plus restreint mais beaucoup plus tendu. C'est à dire que là, vraiment, c'était un sport. Je travaillais, sans blaguer, dix-sept heures par jour. C'était hyper dur cet album, j'avais vraiment envie d'aller vite mais je ne voulais pas le bâcler.
Pour le dernier, je me suis dit "pas d'urgence et on verra". Ça m'a pris du temps quand même; je ne parle pas du temps où je fabrique de la musique, où je suis en train de construire de petites maquettes, mais celui où je me mets en mode album. Je suis resté huit mois complets en studio, je ne faisais que ça. C'est long, sincèrement c'est long...
Parce que, quand les artistes disent "j'ai mis deux ans", c'est très très bien. Mais c'est de la revue pour journaliste car si deux années ce sont écoulées entre deux albums ça ne veut pas dire que tu t'es levé tous les matins en te disant je vais faire de la musique pendant deux ans. Moi, réellement pendant huit mois je n'ai fait que cela.

Cela s'entend que votre album n'a pas été monté rapidement, il est beaucoup trop riche au niveau de la compo.

Après, il y a sans doute des gens plus doués que moi. C'est ça aussi. On revient souvent à ce côté-là. Lorsqu'on me demande de décrire mon travail, je réponds souvent "laborieux".

Il y a des gens qui prennent cela d'une façon péjorative et je ne pense pas que cela le soit. Je pense que je suis quelqu'un de laborieux, c'est à dire quelqu'un qui ne rechigne pas au travail. Je ne pense pas que j'ai une fulgurance absolue sur les choses, j'ai une vision sur ce que je veux faire. Je sais comment gérer ma barque et des fois ça vient, des fois ça ne vient pas, comme tout le monde, avec du stress. On a beau dire : "cette fois, je ne me ferai plus avoir" , je sais que je ne m'inquiéterai plus sur le fait d'être capable de créer ou pas. On s'inquiète tout le temps. Et voilà, ça fait aussi partie du processus. Il faut ces moments où il y a une semaine c'est pas fantastique parce que cela crée un stress interne qui fait que la semaine d'après il sort quelque chose. Ca fait partie de l'histoire, je crois.

Le travail est donc inévitable ?

Oui, c'est une réalité. Il y a certainement des gens qui sont plus doués que d'autres mais globalement quand on parle de talent, de génie, je pense qu'il y a quatre vingt dix pourcents de travail, c'est ce que disait Brel et c'est vrai !

On le sent, votre album est travaillé, sur plusieurs couches avec minutie.

C'est cela, c'est minutieux, c'est exactement ça, c'est un travail, entre guillemets, d'orfèvre. C'est difficile de dire cela, ça fait un peu pompeux mais c'est la réalité. Car j'ai vraiment l'impression de taillader, de ciseler. D'ailleurs, je travaille la matière avant de travailler la musique. Je ne crois pas aujourd'hui à l'artiste qui va arriver avec des mélodies révolutionnaires. J'ai l'impression que depuis quarante ans, on tourne autour de la même chose et c'est assez logique parce qu'on a posé les bases de la musique contemporaine avec les Beatles et que depuis on est en mode : "ben voilà, ça c'est de la mélodie pop parce que c'est à peu près comme ça que c'est construit, une chanson on sait ce que c'est...". Il y a des gens qui amènent des choses, je crois que déjà réussir à poser sa patte, sa signature sur quelque chose, c'est déjà énorme. Et c'est ce que font les gens dans des genres très différents, mais qu'on fait Radiohead, des Nirvana, des Timbaland ou des gens dans des esthétiques super différentes, ce n'est que ça. Ce sont des chansons avec des esthétiques...
Voilà, on dit que Nirvana c'est du grunge, on retire le traitement, l'ossature, c'est de la pop très bien. Timbaland, on dit que c'est fantastique, qu'il a révolutionné le Rap. Pour moi, il a repris tous les codes de L'Acid House des années 80, qu'il a mélangé avec ça et ça. Mais ça ne veut pas dire que ce n'est pas bien, c'est une super bonne idée d'avoir fait cela. Ce n'est que ça. Ce n'est qu'une façon d'accommoder les plats.
C'est déjà un gros gros travail de le faire de façon très personnelle.
Il y a deux choses qui sont super importantes dans la musique et qui font sens pour moi. C'est se dire qu'à un moment donné, les gens peuvent écouter un titre en se disant, "ça, ça doit être du Wax Tailor" car pour un artiste, c'est toujours gratifiant. Et puis, la deuxième chose, c'est se dire qu'un album passe le temps et qu'à un moment donné, un album que j'ai sorti en 2005, j'aimerais me dire qu'en 2022, quelqu'un passe devant, alors je ne sais pas si il aura toujours des disques, mais devant un dossier "Oh houais cool, je vais m'écouter ça ! " et pas forcément écouter deux titres mais je vais faire "play" et je vais accepter l'invitation au voyage qui dure 52 minutes. C'est ça qui m'importe !

Les EP ont été lancés, bien en amont pour susciter l'intérêt avant la sortie de l'album. Pourtant, c'est l'intégralité qui est importante.

On a toujours une porte d'entrée où on a tous envie d'écouter un morceau, un titre. Mais je pense qu'il faut avoir aussi cette lecture là, avoir envie d'écouter l'intégralité de l'album. Il y a beaucoup d'artistes dont je suis fan et il n'y a pas tant d'albums que j'aime dans leur intégralité, c'est compliqué.

Votre album contient 19 pistes, en avez-vous supprimé ?

En fait pour moi, il y a treize titres et 6 interludes donc des plages plus courtes qui ont peut-être sens de plaques tournantes pour construire l'histoire.
Après, je sais qu'il y a beaucoup d'artistes qui font énormément de titres et qui au final disent "on en a gardé 15 sur 40". Je ne suis pas comme ça. Par exemple pour "Hope et Sorrow", j'avais douze titres sur l'album, 15 avec les interludes, j'étais au taquet.
Et là, j'ai pris plus de temps, et j'avais 30 ou 40 démos mais ce ne sont pas des morceaux. Ce sont des idées jetées sur le papier. C'est comme quelqu'un qui a une idée et hop, bloc note pour l'avenir.
Mais qu'est ce que cela vaut concrètement ? Il y a des moments où j'ai le sentiment que ça n'ira pas très loin, ça me parait pas pertinent, donc je ne vais pas plus loin.
J'appelle pas ça un morceau en fait. Quand je m'engage dans un titre un peu plus loin, c'est que je pense qu'il a le mérite d'aller plus loin. C'est pour cela qu'au final, je n'ai pas beaucoup de morceaux d'avance ou de marge. Il faut avoir envie d'aller plus loin.

C'est quoi le plus difficile, démarrer un album ou le terminer ?

Le terminer, définitivement le terminer. Débuter des morceaux, c'est ce que savent faire 90% des musiciens. C'est d'ailleurs pour cela que l'on rencontre beaucoup de morceaux qui tout d'abord nous paraissent bien mais qui lassent vite ou qui ont un côté bâclé parce que ça se résume à une petite idée. Mais raconter une petite histoire sur 3 minutes, c'est long. Ça peut paraître con , mais on dit "c'est court comme format" mais ça peut être long quand on n'a pas grand chose à dire. Vraiment le plus dur c'est de le terminer. Moi, je suis capable de commencer un morceau et d'avoir une base en une heure et demie mais il me faut quatre mois pour le terminer. C'est clair, c'est net !!

Quels sont vos outils de prédilection ?

Le vinyle. Le sampleur et le vinyle. Pour moi, le travail préalable, c'est de créer les instruments, ça veut dire d'aller piocher dans les vinyles, de récupérer une note de basse, la sampler, refaire un clavier, avoir ma propre basse.
Pareil avec les guitares, avec des cuivres, avec une trompette avec X ou Y. Donc c'est vraiment créer des instruments parce que je pense que c'est le point de départ de tout. Comme de créer sa palette en peinture, c'est la même chose, créer des textures, ses couleurs. C'est à partir de là que j'ai envie de poser le décor. Pour moi, c'est le travail le plus important, le plus chronophage, c'est ce qui fera toujours la différence. C'est ce qui fait qu'on a une assise tout de suite, le clap action.

Où se situe le meilleur disquaire?

A San Francisco. Ou peut-être à... Je ne sais pas. C'est une bonne question. Ou peut être à Seattle, de ce que moi j'en connais. J'ai un super beau souvenir d'un magasin de disque à Seattle. Un magasin où il y avait 650000 disques. Le patron, un soir, m'a fait un super cadeau sur une tournée, il nous a ouvert les portes jusqu'à une heure du matin. C'était un peu la caverne d'Ali Baba, c'était magique.

Le vinyle pour vous à encore de beaux jours ?

Il y a un rapport à l'objet et c'est un peu comme le rapport aux livres. Il y a des gens qui n'ont pas de rapport d'affect aux livres et puis il y a des gens pour qui ça représente des choses. Et ce n'est pas une histoire de génération. Je connais de jeunes DJ qui ont un gros rapport à l'objet aussi. Et puis on peut avoir des rapports différents, si il y a une chose qui va disparaître, c'est le rapport à l'enfance et ce que cela peut nous évoquer. Pour moi, le vinyle c'est d'aller piocher dans les disques de mon père, éplucher les disques de mon grand-père, il y a donc pour moi un lien évident.


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Ecrit le 2010-03-24 à 18:08:46 par BadMoFû :
Son show est excellent ! A voir absolument...

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Début 2004, avec « Lost The Way » son premier EP, WAX TAILOR attise la curiosité de nombreux journalistes et médias avec un projet qui repousse les frontières du hip hop orchestral.

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