Musique
pub
Le quotidien indé qui ne sent pas des pieds!!
Login :


Mot de passe :


Se souvenir de moi


Mot de passe oublié?
Login :


Mot de passe :


Re-entrez le mot de passe :


E-mail :


Veuillez recopier le code sur l'image:
???


Erreur dans le login et/ou mot de passe

Vous n'êtes pas connecté car votre compte n'est pas activé.

MOPA, l’interview !

La rédaction Notulus, remercie Yohan, batteur au sein du groupe "My Own Private Alaska" pour avoir répondu à nos questions. Grâce à cette interview très intéressante et enrichissante, vous pourrez en découvrir davantage sur le groupe et ses projets. Une expérience que nous espérons réitérer prochainement!

Présentez-vous à nos lecteurs NOTULUS, comment vous êtes vous rencontrés ?

MOPA est un trio piano classique, batterie, chant. C'est un piano dans une veine romantique un peu comme Chopin, Satie, des compositeurs plutôt écorchés avec une batterie très rock, très punk, presque Hardcore et un chant "spoken word" parfois hurlé, parfois chanté. Donc, c'est assez torturé.
C'est un groupe qui s'est formé il y a un peu plus de trois ans. Ca partait d'un concept qui était d'essayer de proposer quelque chose de différent, déjà à nos oreilles, parce que c'est vrai qu'on avait l'impression de voir tout le temps les mêmes groupes avec la même formule : base, batterie, guitare. Seul le nom changeait.
Aussi, c'est tombé comme ça, dans le sens où, Tristan qui faisait du piano classique, qui s'est ensuite mis à la guitare, qui a repris par la suite des cours de piano classique, s'est remis a faire du piano classique à 20 ans. Du coup, il avait une attention rock même punk dans sa démarche. Très très fan, très marqué plus jeune par Nirvana, ça a fait un mélange un petit peu bizarre qui constitue ce qui est MOPA aujourd'hui.
Au delà du concept instrument, tu as surtout une volonté d'être original dans la sincérité de ce que l'on présente. Il faut que ça nous ressemble le plus possible et que ce soit joué avec le plus de vérité et d'émotion sincère pour toucher les personnes. Et surtout ce qui nous différencie c'est... ben notre ADN tout simplement ! Donc le moyen d'être original c'est de faire un truc qui te ressemble.

Peux-tu me raconter ton parcours et celui des deux autres membres ?

J'ai commencé la batterie à 10 ans, j'ai pris des cours pendant un long moment avec un monsieur qui s'appelle Daniel Dumoulin, qui était plus un prof de vie que prof de batterie. Du coup, il m'a amené sur la musique et surtout la passion de l'art. J'ai eu plusieurs projets, plusieurs séances studios, plusieurs albums et à un moment, Tristan, Milka et moi nous croisions beaucoup et on est allé les uns vers les autres pour jouer ensemble.
Pour Milka (le chanteur), il a eu un groupe qui s'appelait Psykup. Ils avaient gagné Bourges à l'époque, fait trois albums et plusieurs tournées françaises. Lui je le vois plutôt comme un poète écorché. C'est surtout un magnifique chanteur. Il a une richesse dans son univers et ses paroles, il écrit des textes à la fois personnels et profonds donc ça touche et il a une belle manière de l'illustrer. C'est très intéressant de travailler avec lui.
Tristan, c'est un mec qui a été forcé au piano classique quand il était petit, qui a tout appris sérieusement et qui a tout balancé quand il a commencé à écouter Nirvana. Il a pris une guitare et il s'est mis à jouer avec son frère des trucs beaucoup plus punk. Il s'est remis au piano parce que pour lui c'est un instrument qui est meuble et un peu dénigré. Il voulait sortir de la vision conservatoire, du truc où le but est d'être le meilleur interprète de tel ou tel auteur, tel ou tel musicien. Il a eu envie d'apporter sa pâte avec sa culture "come back ground" (ndlr : en fait, il veut dire que Tristan a envie d'apporter sa culture musicale classique comme toile de fond au groupe) et du coup de faire quelque chose de senti au niveau de ses compositions et ça marche très bien comme ça. Et le fait qu'il ait cet attrait pour toutes les musiques amplifiées, c'est l'un des seuls pianistes fan de Nirvana ou Panthera, ce qui amène quelque chose en plus dans son univers musical.

Peux-tu nous citer vos influences musicales, quelques grands noms ?

Nirvana "ouai", plus pour le côté jusqu'au-boutiste dans l'intention, le coté écorché vif. On est plus touché par les artistes dans lesquels tu sens un univers propre, une personne et c'est ça qui te touche et qui te parle.Ca te renvoie à ta vie.
On a tous été touché par des albums qui nous ont marqué à des moments de notre vie et c'est ce que l'on essaie de faire aujourd'hui : en faisant les nôtres; toucher les gens en étant nous-mêmes et surtout en ne trichant pas.

Un E.P et un album tout fraîchement sorti….Qu'est ce que cela fait ?

L'histoire du E.P : on a enregistré l'E.P au bout de seulement 9 répèt'. C'était quand même assez frais dans la forme. On a voulu retranscrire quelque chose de très spontané. Du coup on s'est mis à tourner très vite en France, grâce à ça.
Et après, par le biais d'internet, on s'est fait repérer par Ross Robinson, producteur américain de renom, qui a fait plein d'albums qui nous ont marqué étant jeune : les premiers Korn, Sepultura, "Relationship of Command" de At the Drive-In tout ça tout ça... On lui a fait une requête sur myspace. Il s'est intéressé à nous et avec un peu de temps et beaucoup de recherches, on a pu trouver le moyen d'associer son nom à notre musique. On est parti deux mois à Los Angeles enregistrer le premier album. Après, il a continué à mixer l'album seul car on devait partir en tournée avec Will Haven.
On a fait une tournée avec eux en Europe, l'une de nos influences premières. Ca faisait partie des noms qu'on citait. On faisait un mix avec Chopin, Will Haven et Helmet. C'est un peu comme cela que ça c'est passé.
Nous sommes fiers de ce que nous avons donné sur ce disque car il y a un côté très profond dans la démarche et l'intention. C'était plus un truc très introspectif, on réfléchissait au sens profond des morceaux pour voir ce que l'on allait donner avec la musique. Il y a avait des séances de psychothérapie, deux heures avant chaque prise. Après on enregistrait spontanément les deux premières tous ensemble et on la gardait presque telle quelle même si Ross a, par la suite, fouillé et travaillé dessus post enregistrement. Il y a une réelle volonté d'avoir des prises très écorchées et surtout de donner un écho.
Grâce à cette expérience de vie, car on a tous eu des ruptures amoureuses, des deuils et c'est cela que l'on a essayé de retranscrire sur cet album, de manière très vive. Quand il nous sentait le plus vulnérable possible, c'est là qu'il appuyait sur REC. Et surtout il y a une réelle volonté de transformer des expériences négatives en cadeau, à la fois pour nous-mêmes et pour les autres.
Sur ce disque il y a un côté très positif, très cathartique mais dans le bon sens du terme. Même si ça reste une musique sombre au premier abord, il y a une profondeur autre et heureusement d'ailleurs. Sinon on ne pourrait pas la jouer, on serait déjà mort.

Qu'est ce que cela vous a fait de travailler avec Ross Robinson ? Une nouvelle expérience ou autre?

Oui, le fait de travailler avec Ross Robinson c'est... déjà c'est un mec au contact du quel tu ne peux que t'enrichir. Il nous a fait comprendre beaucoup de choses par rapport à notre vie, à notre art et il nous a fait évoluer. Il a trouvé une résonance entre "qui on est" et "ce que l'on fait avec cette musique". On en ressort grandi évidemment.
A proprement parler, c'est clair qu'enregistrer avec l'un des plus réputé mondialement, qui a fait et fait encore des albums qui ont marqué le monde de la musique, ça donne une certaine aura qui t'ouvre de nouvelles portes. C'est quelqu'un qui choisit ses artistes et qui n'enregistre pas avec n'importe qui. Même s'il te propose des millions et des milliards, il fera toujours des projets qui lui parlent et il essaiera toujours de proposer des verres d'eau à la musique là où tout le monde s'attendrait à de la bière. A chaque fois, il découvre des formules nouvelles, des artistes nouveaux qui donnent des bols d'air frais à la musique d'aujourd'hui.

Vous avez fait de belles rencontres aux Etats Unis ?

Oui ! On est tombé sur les deux mois d'été, on a travaillé énormément. On a rencontré des réalisateurs de films au cours de soirées, on a passé du temps avec les personnes de From Force to Last (la rédaction s'excuse si le nom est écorché) un groupe émo assez en vogue depuis quelque années. On a vu un concert de Slipknot, qui est un groupe produit par Ross. On était au "Mayen" (la rédaction s'excuse si le nom est écorché) avec eux mais ça reste assez superficiel.
La plus grande rencontre que l'on a fait là bas, c'est avec Ross. On a passé beaucoup du temps avec lui, on vivait chez lui, on s'est enrichi, en fusion totale. On reste amis donc c'est le plus important.
Apres on est retourné à Los Angeles, on a passé un petit peu de temps pour écouter le nouveau Korn qu'il était en train de mixer. Mais aussi il a travaillé avec un groupe après nous, pas très connu encore qui s'appelle Repeater. Ils ont fait un album merveilleux avec. On espère que quand il sortira au grand jour, qu'ils auront l'approbation qu'ils méritent. Le chanteur qui s'appelle Steve est aussi le chanteur du projet solo de Munkey, guitariste de Korn et qui est merveilleux dans ce qu'il donne par rapport à son chant, ses textes, son jeu de guitare. On l'a vu en concert à San Francisco et c'était très touchant. En terme d'attention il est très à vif et habité par son art, presque à la limite de l'autisme. C'est quelqu'un de très intéressant c'est sûr.

Vous êtes-vous demandé comment l'album allait être accueilli ?

On n'y a pas pensé sur le moment, juste à faire le meilleur album possible avec la meilleure personne possible. Profiter de cette expérience pour mettre ce temps-là à profit et voir ce que l'on peut faire de mieux. C'est la saisie d'un instant unique dont on est très fier. Après au niveau de l'accueil, on a toujours suscité des réactions extrêmes, ne serait-ce que parce que l'on propose quelque chose de nouveau.
Tu ne peux pas vraiment t'appuyer sur des références pour définir ce que l'on fait donc ça ne laisse pas indifférent c'est sûr. Surtout la manière dont on se met à poil dans ce disque, c'est vrai que ça peut marquer les gens dans le bon comme dans le mauvais sens. Même avec l'E.P, on suscitait des réactions extrêmement vives. Il y a des gens que l'on a croisé au détour de concerts, qui nous disait que certains morceaux définissent leur vie, les touchent et les aides à vivre. C'est la plus belles récompense que l'on peut avoir.
Après, dans les réactions négatives, on a des gens qui sont totalement réfractaires à quelque chose de nouveau. C'est compréhensible aussi. Ce que nous disait Ross, c'est qu'à l'époque de Korn, quand le premier album est sorti, ils ont été placé en première partie de "Malayses", sur une tournée américaine et tous les soirs ils se faisaient traiter de "sales PD", se prenait des canettes etc. Et finalement ce sont ces mêmes personnes qui se sont laissées pousser les dreds trois ans plus tard et qui ont essayé de les copier.
Donc on est heureux de proposer ce que l'on propose, quelque chose de nouveau et d'avoir la chance d'être original. Tout ce que l'on espère, c'est que notre sincérité touche des personnes et pour l'instant c'est le cas. Nous sommes donc très contents des retours que l'on a par rapport à cela.

Pouvez-vous nous raconter l'histoire de "Amen" ? D'où vient son titre ? Comment l'avez-vous trouvé ? Plutôt provocateur ou non ?

Il n'y a pas d'inspiration religieuse dans le côté "amen" mais oui, c'est un mot qui termine de manière universelle tous les souhaits, toutes les prières et qui rend à l'évidence ce qui est dit. Quand tu as donné le meilleur de toi-même et surtout tout donné sur un disque, tu ne peux que laisser faire, ça ne t'appartient plus. Ross disait souvent qu'on servait de portail à une musique et qu'il fallait laisser faire la musique, avoir son chemin car elle était là, qu'elle passait à travers nous et qu'il fallait être le plus réceptif possible, donner le meilleur et la rendre au mieux. Une fois que tu l'as jouée, elle ne t'appartient plus. Elle appartient aux personnes qui l'écoutent et qui vont la transformer en expérience de vie...
Après en terme de titre, ça fait référence à un des titres de l'album, qui est le titre qui nous a le plus marqué. C'est un morceau sur un deuil en fait, et le rapport que tu as par rapport à la perte d'êtres chers.
Le but de la session d'enregistrement était de rappeler les personnes décédées auxquelles tu tiens dans la pièce, avec toi, grâce à cette musique. Du coup, on a vraiment senti qu'il se passait quelque chose quand on l'a jouée et comme c'était l'un des moments les plus forts de la session, on a choisi d'en faire le titre. Il y a, à la fois ce côté-là et celui où tout est dit. A vous d'écouter !

Que cherchez-vous à transmettre au travers de vos textes ?

Ca part d'expériences et de moments écorchés que tout le monde traverse. Il y a beaucoup de textes sur les ruptures amoureuses très compliquées, très difficiles, très extrêmes avec tous les sentiments fous, toutes les pensées négatives. On se disait souvent que le principal ennemi que l'on avait était son cerveau. Le fait de se représenter et de donner des proportions extrêmes parce que justement tu repenses, tu repenses et tu repenses par-dessus, à chaque fois que tu y repenses, ça se déforme, ça grossit et ça évoque en toi des sentiments aliénants. C'est un peu ce qui transparaît dans les textes. Après il y a plusieurs thèmes.

Amen qui parle de la relation que tu as par rapport à la perte d'êtres chers. C'est à la fois quelque chose de très dur et à la fois c'est apprendre à vivre avec et continuer à faire vivre les personnes auxquelles tu tiens, qui sont parties, et cela à travers toi et ce que tu fais. Après il y a des textes plus écorchés car dans MOPA, il y a une volonté de revenir à quelque chose de pur. Cette envie de retrouver des sentiments premiers, sincères, fuir le fait de tricher, de se cacher, de retourner à des choses simples, ça caractérise un peu le nom "My Own Private Alaska". Tu as un côté très introspectif de retour à toi-même et tu as le côté très étendu de l'Alaska, qui est l'un des derniers territoires vierges en terme de nature. C'est un peu un retour à la source.
"Broken Army" parle d'un mec qui pète un câble, dans un contexte de guerre, car on a connu des personnes, et on en croise encore notamment quand on tournait dans les pays de l'Est, qui ont connu la guerre récemment et qui sont marqués à vie. Il y a des choix complètements fous que tu dois faire à ce moment-là : quand tu vois ta famille se faire butter, tu dois faire un choix. Soit prendre les armes pour tuer ton voisin et soit partir, t'exiler et ne jamais revenir. C'est un peu le genre d'expériences qui nous a touché plus, ce que l'on a entendu et ce que nos grands-parents ont vécu. On c'est rendu compte que quand tu réfléchis à l'histoire, ça n'a pas été facile de discerner le bon du mauvais dans des contextes aussi bizarres et fous que celui-là. Tu n'as pas tout le temps tous les éléments en mains donc euh... voila ! Il y a beaucoup de cris (rire), d'illustrations d'expériences et de sentiments négatifs. Mais toujours essayer, dans le but de se soigner un peu et de trouver une résonance positive et une manière de continuer à appréhender la vie. On a tous vécu des ruptures amoureuses, des deuils, on a tous une histoire avec un passé. Nos ancêtres ont vécu la guerre donc c'est finalement des sujets qui touchent tout le monde et que tout le monde aurait pu écrire. On en donne une lecture et surtout le catharisme que l'on a trouvé dans le fait de s'aider grâce à cette musique.

Dans la société actuelle, il y a-t-il un sujet qui vous touche plus particulièrement ?

Alors...euh... plein de trucs. Ca dépend de la résonance que cela a pour nous parce qu'on est aussi un petit peu centré sur ce que l'on vit même si l'on est ouvert sur le monde. Donc ouai, en ce moment, on est un peu révolté par la crise mondiale mais dans le sens où il y a les états qui se mobilisent pour donner des milliards aux banques, aux bourses, aux personnes qui sont déjà riches... et nous à côté de cela, on a traversé les pays de l'Est où tu rencontres les gamins qui jouent dans la boue avec des cannettes vides au milieu de chiens abandonnés. Tu te dis qu'il y a peut être un souci.
Au delà de ça, on le voit dans la vie de tous les jours. Il y a beaucoup de gens qui, par nécessité, nous téléchargent au lieu de nous acheter. C'est dure, ça réduit l'influence des concerts, ça tout le monde le ressent. Ca a des répercutions et les premiers atteints sont les faibles, comme dans toute l'histoire de l'humanité. Ca continue à être révoltant et pourtant ça ne bouge pas.

Le clip "After You" est assez "spé", comment vous est venue l'idée du scenario et que signifie la peinture que vous avez sur le corps ?

"After You" fait partie des morceaux sur la rupture, le mal extrême que peuvent faire des personnes en l'apparence belle et innocente. On est couvert d'une sorte de liquide qui peut faire office de pétrole venu d'Alaska. Pour simplement représenter toute la noirceur de l'homme et tout ce que tu portes de négatif et de douloureux avec toi. Nous, au fur et à mesure du clip, en jouant, on s'en lave un peu, on est un peu moins crade à la fin. En même temps, il y a un autre côté avec la mannequin et ses deux amants, qui part d'une beauté parfaite et d'une propreté extrême... ça pourrait être une pub de parfum. Finalement elle se retrouve à cracher ce liquide noir dégeulasse, à en être recouverte. C'est quelque chose d'assez simple mais ça représente ce texte et ce sentiment-là.

En septembre, vous allez démarrer une tournée aux USA; comment imaginez-vous cela : l'accueil du public et votre vie là-bas ?

On va de surprises en surprises car pour le premier album, on défriche les territoires. Par exemple, on a commencé la tournée mondiale par les pays de l'Est et on a trouvé un public très réceptif, très accueillant, fanatique mais dans le bon sens du terme. Ce sont des personnes qui connaissent les textes mieux que nous. On est arrivé à Moscou, à Saint-Petersburg et il y avait 300 personnes qui nous attendaient alors qu'on était à la bourre. Ils nous attendaient depuis une heure et ils osaient à peine nous toucher. C'était extrême !
Là, on sort d'une tournée française où on a eu un bon public, avec des passionnés et des curieux mélangés. On a tous une histoire et le fait que l'on soit monté assez vite grâce à Ross, du coup, pas mal de gens nous attendaient au tournant et ainsi voir si ça en valait vraiment le coup.
Les réactions sont différentes selon les pays. Pour ce que l'on attend des Etats Unis, on espère un peu de monde mais surtout c'est une première tournée. On ne sait pas trop où on va mettre les pieds. On va jouer dans les clubs, ça sera une découverte pour beaucoup de gens et c'est tant mieux ! On espère juste rencontrer des ouailles et des personnalités assez ouvertes pour encaisser ce que l'on propose. Ca n'est pas forcement facile de se ramener déjà avec un truc où tu te mets à poil et où tu donnes tout ce que tu as, jusqu'au bout, jusqu'à l'épuisement extrême sur scène.
On espère rencontrer des personnes réceptives et ça se fait petit à petit. On va y retourner en 2011 pour faire la côte Ouest, on y retournera peut être pour faire la côte Est, dans des contextes différents.
Là on va retourner dans les pays de l'Est cet été, après les Eurockéennes donc il y a plein d'ouvertures. Le fait de tourner et de découvrir autant de pays et de personnalités différentes, ça te donne un autre regard sur ta vie. Je sais que la tournée des pays de l'Est, ça nous a beaucoup appris : sur le fait de peut-être donner un peu moins d'importance à ce que tu considères comme "problème de vie". Quand tu vas voir un peu ailleurs comment ça se passe, tu relativises beaucoup plus.

Tu as évoqué les Eurockéennes de Belfort, réservez-vous une surprise pour l'occasion ?

Je pense que l'on va essayer de donner le meilleur show que l'on peut donner. C'est un festival qui m'a énormément marqué. La première fois que je suis allé aux Eurock, j'avais 14 ans. J'y suis allé avec ma mère pour voir Metallica et Marilyn Manson et j'ai pris une énorme claque. Ca m'a toujours sidéré que tu puisses autant t'amuser et autant t'enrichir dans un endroit boueux, sous la pluie où tu en chies, tu dors... au camping, avec des mecs qui jouent du djembe jusqu'à 6h du mat donc en fait, tu ne dors pas... je trouve ça super ! En plus les Eurockéennes ont historiquement une approche belle et riche et ils ont toujours laissé, des portails à de nouveaux artistes, pour avoir une belle exposition. Ils récompensent beaucoup la qualité et l'art donc nous sommes très fiers d'être là-bas. C'est un festival où tu joues quand même sur format réduit. Il y a tellement de groupes, tellement de scènes, c'est un peu" vite vite". Pour avoir déjà fait des festivals, t'as peut-être pas le temps de développer tout ce que tu as à développer.
Je pense que l'on aura un beau spot, on va jouer sur la scène de la plage le soir donc... et rien que de partager l'affiche avec Massive Attack c'est déjà une belle récompense et une énorme surprise. On est confiant par rapport avec ce que l'on va donner. Mais de toute façon, chaque concert de MOPA, est une expérience unique, dans le sens où on ne vit pas les mêmes journées tous les jours. On donne quelque chose de différent tous les soirs, on se laisse des parts d'impro folles et... j'espère que la surprise sera bonne pour tous.

En un mot, comment d'écrirais-tu l'ambiance des Eurockéennes justement ?

En un mot ? GENIAL !

Que ressens-tu quand tu es sur scène ?

Ce que j'aime, c'est le fait d'oublier ma tête mais de quand même soigner mon esprit. Il y a un coté très cathartique dans le fait de jouer comme on le fait. Tu en ressors vidé et épuisé profondément mais c'est positif. Tu vois, comme quand tu as fait un footing dans un endroit sympa, c'est merveilleux.
On joue en triangle, assis les uns en face des autres et on fait une espèce de losange avec le public. On donne énormément d'énergie et on nous renvoie de l'attention, des émotions. Ca touche et ça forme un cercle vertueux. On en profite énormément, ce sont des expériences extrêmes de tous les cotés, dans le bon sens du terme, c'est salvateur.

Racontez-nous une journée type "MOPA"

Bah ça dépend, il y en a plusieurs. Les jours de tournée, on se lève très tôt, en général on a énormément de trajet donc on passe beaucoup de temps dans le camion. On fait ce que l'on peut pour s'occuper : on écoute des disques, on discute, on lit des livres, je dessine énormément... après on arrive à la balance, on se rue sur le "catering" car souvent on n'a pas mangé. On essaie de retarder au maximum l'heure de la première bière. Ensuite, suivant la salle, on a des interviews. On a beaucoup de choses à dire, souvent on dépasse donc on arrive vite à l'heure de manger. Là, on est agréablement surpris par l'accueil. Les gens font l'effort de nous faire découvrir leurs spécialités culinaires. Après, on essaie de voir les premiers morceaux. On se chauffe longuement, on se prépare psychologiquement à encaisser ce que l'on va s'infliger sur scène. On monte, on joue en donnant tout ce que l'on peut et même plus. Quand on a fini, on part au stand rencontrer les personnes qui ont fait l'effort de venir nous voir. On essaie de les récompenser. C'est de plus en plus difficile de se déplacer pour découvrir des groupes. Apres il y aura toujours du monde pour les personnes qui passent à la télé et puis voila...


3 vote(s)
Votes
  
Veuillez patientez quelques instants...
Loading...

Merci de vous connecter pour poster un commentaire.


Login :     Mot de passe :     Se souvenir de moi


Mot de passe oublié?
   Pas encore inscrit?



Contacter la rédaction
NEWS DU MÊME THEME
Tags