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Interview d' Aleksandr Tchupriyan,
vice-ministre Russe

Aleksandr Tchupriyan est l'invité d'honneur du 21ème Festival International de Géographie. Chargé de la Défense civile des situations d'urgence et des catastrophes naturelles, Aleksandr Tchupriyan, s'exprime pour le quotidien du FIG "5 continents à la une".

Vous êtes l'invité d'honneur de ce 21ème Festival International de Géographie. Quel regard portez-vous, et quelle analyse tirez-vous d'un tel événement, très populaire et s'appuyant pourtant sur une matière qu'on dit austère et technique ?

La géographie, en dépit de son caractère précis et exact, est proche de chacun de nous. Tous les géographes célèbres sont, avant tout, connaisseurs de leur pays natal. Le Festival International de Géographie rapproche cette science de chacun, il l'éclaire. Avec des moyens simples, il montre à la fois la beauté du monde, mais ses problèmes aussi.

Quelle réponse apportez-vous à cette question que se posent encore de nombreuses personnes : La géographie, ça sert à quoi ?

Les connaissances en géographie sont absolument indispensables à l'évolution de la société. La plupart des pays prête une attention particulière au développement et à la diffusion de cette science. La géographie incite les gens à de nouvelles explorations, élève la recherche scientifique à un meilleur niveau, elle apprend à protéger les richesses naturelles. Les premières sociétés de géographie furent créées en France, en Allemagne, en Angleterre et en Russie, en 1845. La société géographique de Russie est présidée, depuis 2009, par Serguei Koujouguetovitch Choïhou, ministre de la protection civile, des situations d'urgence et de la lutte contre les conséquences des cataclysmes de la Fédération de Russie.

La géographie est au coeur de tout et irrigue de nombreuses sciences sociales. Christian Pierret, président-fondateur du FIG et ancien Ministre, dit souvent qu'elle est "une science pivot". Pensez-vous que les systèmes éducatifs (privilégiant par exemple plutôt l'Histoire) aient pris toute la mesure de ce fait ?

Je suis d'accord que la géographie a une importance capitale pour le développement de plusieurs sciences, notamment de l'économie, de la sociologie, de la biologie et de bien d'autres. Évidemment, les systèmes éducatifs contemporains doivent accorder plus d'attention à la géographie. Il faut intéresser les gens indépendamment de leur âge.

La sécurité des forêts est-elle vraiment un problème d'actualité ? Comment est-il résolu ?

Les ressources forestières constituent l'une des principales richesses mondiales et jouent un rôle important dans l'équilibre écologique de la biosphère.
La Russie dispose d'énormes richesses forestières. Cependant, beaucoup de massifs forestiers dans notre pays sont très vastes et peu accessibles, ce qui complique considérablement leur protection anti-incendie.
Les changements climatiques récents influencent beaucoup l'industrie forestière russe, notamment à cause des hivers doux et peu neigeux, un danger croissant d'incendies de forêts et de tourbières, ainsi que le dessèchement des forêts. Tous ces facteurs défavorables imposent le renforcement des mesures de sécurité forestière, surtout celles qui concernent la protection contre les incendies. Selon la législation en vigueur, cette protection encombre en priorité aux autorités exécutives. Le Ministère des situations d'urgence n'intervient dans les opérations d'extinction que si l'incendie menace des agglomérations ou des sites dangereux. Cependant, l'été dernier, à cause d'une sècheresse et d'une canicule exceptionnelle, où un grand nombre de régions était mis en état d'urgence, le Ministère des situations d'urgence a circonscrit les feux sur tous les territoires atteints.
L'été dernier a souligné la nécessité de réviser la législation concernant la sécurité des forêts. Le Ministère des situations d'urgence a lancé plusieurs initiatives, dont la création et le développement du système de sécurité bénévole. Au vu des grandes dimensions du pays et de l'éloignement de plusieurs villages, il est extrêmement difficile de mettre en place leur protection anti-incendie professionnelle. La situation peut être néanmoins résolue grâce aux bénévoles, habitant dans de tels villages ayant à leur disposition des véhicules et matériels capables de protéger leurs voisins et leurs maisons. Nous travaillons actuellement pour promouvoir en Russie cette approche déjà largement appliquée à l'étranger.

Vous avez été en première ligne sur les terribles incendies qui viennent de toucher votre pays. Quelles étaient leurs causes ? Et quelles étaient les dimensions réelles de la catastrophe ?

En effet, la situation relative aux incendies en Russie était sans précédent. Selon les experts, les trois groupes de conditions climatiques suivantes étaient susceptibles d'engendrer des situations d'urgence dans les régions centrales russes. Premièrement, la partie européenne du pays a été anormalement longtemps placée sous anticyclone, du 21 juin au 19 août dernier. Pendant deux mois, la Russie centrale fut privée de précipitations pluvieuses.

Aleksandr Tchupriyan (vice-ministre russe)

Deuxièmement, la partie européenne du pays n'a jamais connu une telle canicule, et ce, depuis les premières observations météorologiques. Troisièmement, des vents de tempête de 30 m/ sont apparus au sein de l'anticyclone. La combinaison de toutes ces anomalies climatiques a pu créer des conditions sans précédent, favorisant cette énorme offensive du feu et de la fumée dans les forêts, les champs et les agglomérations. Au vu de la situation ainsi créée, l'État a pris d'importantes mesures visant à lutter contre les effets du cataclysme. Seul le ministère des situations d'urgence a mis à disposition plus de 131 000 spécialistes et plus de 20 000 véhicules dont 27 aéronefs. De ce fait, nous avons réussi à sauver plus de 4 600 agglomérations peuplées de plus de 500 000 habitants, à protéger des sites extrêmement importants pour la sécurité nationale, ainsi que des installations d'énergie électrique, des moyens de transports et des établissements sociaux. Plus de 1 400 km de lances à incendie ont été installés dans les régions placées sous état d'urgence. Un recours massif à l'aviation du Ministère russe des situations d'urgence a été, pour la première fois, utilisé dans la lutte contre les incendies de forêt. Il a été effectué plus de 2 000 vols, soit 8 000 déversements qui ont totalisé plus de 78 000 tonnes d'eau et de liquide anti-incendie. En effet, plus de 8 000 foyers d'incendie sur une surface totale de plus de 400 000 hectares ont été circonscrits. C'est le résultat du travail collectif des pompiers, des sauveteurs, et des représentants de différentes structures et organisations, ainsi que des volontaires.

Comment la science aide-t-elle le Ministère des situations d'urgence dans son travail?

Le Ministère des situations d'urgence recourt évidemment aux innovations.
Il dispose des véhicules et d'équipements modernes dont des avions. L'aviation a joué, l'été dernier, un rôle important dans la maîtrise des feux de forêt. Nos avions amphibies BE-200 déversent, en un seul vol, douze tonnes d'eau et de liquide anti-incendie.
Le Ministère des situations d'urgence dispose de 53 aéronefs dont 18 avions et 35 hélicoptères. Il projette d'équiper, prochainement, d'autres aéronefs avec des systèmes incendie afin augmenter son parc jusqu'à 130. Nous utilisons également des innovations robotiques élaborées par des instituts de recherches du Ministère.
Une bonne gestion et une bonne coordination de la lutte contre les situations d'urgence et les incendies sont assurées par le Centre national de gestion des situations de crise. Plusieurs évolutions sont à l'origine de la création de ce centre, dont l'apparition de nouvelles tâches du Ministère, la nécessité du passage vers de nouvelles techniques de gestion et l'amélioration de l'efficacité en matière de la coopération interministérielle. Les nouvelles technologies permettent au Centre de traiter toutes sortes d'informations en temps réel. Il utilise des systèmes de navigation par satellite, des technologies du monitoring global sur la base du sondage de la terre à distance. Le Centre a pour objectif :
- D'assurer le monitoring et les pronostics des situations d'urgence
- La coopération informationnelle visant à garantir la sécurité des gens et des territoires au niveau fédéral, inter-régional et régional
- La gestion des forces du Système uni public pour la prévention et la solution des situations d'urgence
- L'organisation et le maintien de la coopération interministérielle dans la prévention et la solution des situations d'urgence
Des centres de gestion fonctionnent dans les filiales territoriales du Ministère des situations d'urgence.

Incendies, inondations, tsunamis, bouleversements climatiques... Comment interprétez-vous ces catastrophes qui semblent se répéter de façon plus fréquente à travers le monde ?

Notre planète subit des bouleversements climatiques importants. Le facteur
anthropogénique y exerce un impact inévitable. Quant à son importance, par
exemple dans le réchauffement de la planète, elle n'a pas été, jusqu'à présent,
scientifiquement prouvée. Je crois que les cataclysmes globaux d'aujourd'hui
(canicules, inondations, tremblements de terre) doivent inciter l'humanité à
réfléchir au renforcement de la protection de l'environnement et à l'élaboration de règles strictes à respecter dans des situations d'urgence.

La Russie est le pays invité d'honneur du FIG. Cette association entre également dans le cadre de l'année de la Russie en France. Quel regard portez-vous sur la France ?

La coopération entre la Russie et la France compte des centaines d'années.
Nos parcours historiques sont étroitement liés dans le domaine de l'héritage historique, de l'éducation et de la coopération politique et économique. J'espère que nous continuerons dans ces traditions glorieuses. Et le FIG en sera une belle occasion.

Aux yeux des Français, souvent, la géographie russe paraît extrêmement complexe et a abouti à une grande diversité culturelle russe. Votre analyse est aussi celle-ci ?

La Russie est l'un des plus grands pays du monde. De l'est à l'ouest, la Russie s'étend sur neuf fuseaux horaires. Y habitent plus de 180 peuples parlant plus de 100 langues et dialectes. La diversité culturelle du pays est le fruit d'un long parcours historique. L'authenticité et l'originalité de ses cultures fait la richesse du pays que nous tâchons de préserver pour les générations futures. A cet effet, l'Etat doit mener un dialogue efficace avec toutes les nationalités et protéger les droits des petits peuples à une culture authentique. Cette tâche étant complexe, la Russie réussit à s'en acquitter grâce à la géographie susceptible de nous apporter des informations ethnographies, historiques plus complètes.

Quel message souhaiteriez-vous adresser aux Déodatiens (habitants de Saint-Dié-des Vosges)et plus généralement au peuple français ?

Je voudrais leur souhaiter des travaux fructueux et surtout de nouveaux axes.
Il me paraît important de souligner que c'est la France qui organise depuis plusieurs années un tel événement. Je voudrais aussi remercier la partie française pour son hospitalité et souhaiter à la France et à son peuple tous mes voeux de prospérité.


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