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©T.ofZeLô

Alpha Blondy "lÂextincteur musical"

A l'occasion de son passage au Nancy Jazz Pulsations, Alpha Blondy, le militant nous conte sa vision sur la place primordiale de la musique sur le continent Africain avant de nous offrir un concert exceptionnel.

Vous venez d'arriver à Nancy pour vous produire sur la scène du NJP. Le soleil et la chaleur sont aussi au rendez-vous. Est-ce vous qui les avez amenés de Jamaïque ?

Parce que le groupe s'appelle le Système Solaire, Alpha Blondy et le Solar System, quand on peut amener du soleil avec nous on le fait. J'avoue que c'est très agréable, nous qui avons peur du froid. Lorsque l'on arrive, que nous avons la chaleur, un bon climat et les gens, on est gâté!

Avez-vous gardé un bon souvenir de la dernière fois lorsque vous êtes venus à Nancy?

Je crois que j'avais un pied dans le plâtre, un truc comme ça ! Je m'étais cassé la "patte" en concert, maintenant c'est bon. Aujourd'hui on vient au concert, complet !

Chaude ambiance alors, ce soir?

Ãa va déchirer ! Et on ne prendra pas de prisonniers ! (rires)

Vous avez une très belle actu', comme ce grand concert à Dakar dans le cadre du Festival Mondial des Arts Nègres, où de grandes stars de la musique africaine vont se produire... Pouvez-vous nous en parler ? Qu'est-ce que l'Afrique veut montrer par cette manifestation où nous aimerions tous aller, pour applaudir ces grands artistes ?

Je ne mesure qu'un mètre soixante douze ! Bien sûr, nous n'avons pas la même logistique que les Européens. Des festivals comme à Dakar et à Saint Louis, il faudrait qu'il y en ai beaucoup plus. Ici, en Europe, je vois chaque été des festivals différents. Ãa c'est une belle thérapie collective pour les jeunes et les moins jeunes ! Je crois que l'Afrique en a besoin mais nous n'avons pas les moyens dont disposent les Européens. Ce genre d'évènement a déjà été mis en place au Nigéria et à Dakar, il y a très longtemps, ça devait être eu moment du président Sédar Senghor. Le président Wade a voulu remettre le couvert et nous en sommes très contents ! Tous les nouveaux artistes africains, ceux de nos générations, comme Youssou'N Dour, Mory Kanté, Alpha Blondy, Salif et tous les autres, pensons que nous tournons plus en Europe qu'en Afrique. En Afrique nous n'avons pas le matériel dont nous aurions besoin. C'est comme si tu demandais à Zidane d'aller jouer au football dans un bled : il ne trouvera pas, ce à quoi, il est habitué.
Le Festival Mondial des Arts Nègres, ça promet ! à chaque fois que j'ai fait un concert au Sénégal, ça c'est très bien déroulé car Youssou a du matériel et une équipe qui a fait ses preuves en Europe. L'encadrement technique est bien fait, bien agencé, il y a un certain professionnalisme dont on a besoin. C'est très frustrant, quand tu veux aller montrer aux gens du village ce que tu as appris et que les moyens techniques ne suivent pas. On est un peu frustré, tu comprends ? Mais ça promet et je suis confiant, ça va déchirer...

C'est vrai qu'il y a des studios d'enregistrement au Sénégal, au Maroc et dans bien d'autres pays d'Afrique, mais cela ne doit pas être facile d'enregistrer ?

Grâce à la nouvelle technologie, j'ai un studio dans mon sac ! Dernièrement, avec mes musiciens, nous étions dans un hôtel, au Brésil et nous avons enregistré un nouveau morceau pour notre prochain album. Lorsque nous sommes de retour à Paris, on déverse tout dans un gros ordinateur et puis on rejoue dessus. Tu vois, le studio ce n'est plus un problème ! C'est pour faire de grands festivals, où sa pose un réel problème. Ãa coûte la peau des fesses et puis chez nous il n'y a pas le bénévolat, comme chez vous ici. Tu comprends ? Parce qu'il y en a qui ne comprennent pas quand tu parles de bénévolat ! Il faut que petit à petit on arrive à implanter cette culture des festivals. J'ai essayé en Côte d'Ivoire, je me suis cassé les dents, et je n'ai pas décroché mais ça coûte très cher ! Quand tu veux faire un festival, un privé comme moi, tu mets trois cents millions de francs CFA, c'est énorme !! Alors à un moment donné, tu commences à regarder du côté de la famille, les enfants qui vont à l'école, les factures qui arrivent et tu te dis "j'ai fait ce que j'ai pu". Si le gouvernement peut prendre la relève, OK ! Mais les gouvernements ne sont pas pressés de prendre la relève, parce que pour eux c'est trop administratif et ce n'est pas leur priorité.

En Côte d'Ivoire en dehors des studios, qu'est-ce qu'il y a comme espace pour la musique que vous essayez de combler ?

"Le vide criard". Aucune major européenne ne veut distribuer en Afrique. Ils ont laissé l'Afrique en jachère à la merci des pirates. Le pirate, il vient en France où il commande un CD, exemple : le nouveau Alpha Blondy, puis il fait escale à Taïwan et il revient avec cent, deux cents, trois cents milles CD et il inonde le marché !!
Il faut une major Africaine. Ce n'est pas nous artistes, qui allons faire ça ! Nous n'avons pas ni les moyens financiers, ni la puissance de feu financière qu'il faut pour une telle entreprise. Il faut des hommes d'affaires africains avec des moyens plus conséquents, plutôt qu'Alpha Blondy, Youss'N Dour et Salif réunis.
Il faut mettre une multinationale, une major africaine en marche ! A ce moment là, la musique africaine pourra prendre son véritable envol. On peut parler d'envol lorsque c'est une autre personne qui décide de votre envol. J'espère fortement qu'un jour viendra, où les hommes d'affaires africains auront confiance en la musique africaine ou en l'art africain pour investir sérieusement.

Pour prendre conscience que la musique est une richesse, comme peut l'être un minerai, un pétrole ?

Bien sûr, bien sûr, par exemple je sais que dans les années 89-90, la musique américaine rapportait deux milles milliards de dollars aux Ãtats-Unis : l'Art, tu te rends compte ! Tu comprends, nous on est nés dans la fête, on est baignés dans la danse, quand tu dis "je suis musicien", on te dis "à part la musique, qu'est-ce que tu fais ?"
Youss'N Dour, Mory Kanté, Salif Keita, Alpha Blondy, sont ceux qui arrivent à vivre de leur musique. Peut être que cela va faire changer les mentalités et que l'on ne nous posera plus cette question.

Il y a quelques mois vous êtes retournés en Côte d'Ivoire pour un concert : c'était important pour vous, à cinq mois des présidentielles? Une façon d'être toujours là pour son pays ?

Je suis double ambassadeur : je suis ambassadeur de la paix pour la Communauté Economique Des Ãtats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et aussi messager de la paix aux Nations-Unies. Il faut donc quelque part que moi j'accompagne le processus de paix et lorsque j'ai joué à Bouaké, c'était dans ce but là. Je vais peut être encore jouer à Abidjan, le 30 octobre, la veille des élections. Il faut pouvoir sensibiliser les ivoiriens sur le fait que les candidats ne sont pas des adversaires euh⦠des ennemis. Pardon !

La démocratie c'est ça. On peut aller aux élections sans forcément sortir la machette, sans sortir sa force, sans sortir des AK. Il faut que j'essaie dans cette mission délicate d'apaiser les passions pour qu'à "l'après élection", on évite d'avoir deux ou trois vainqueurs. Ãviter que chaque vainqueurs disent à ses militants "allez chercher ma victoire" parce que c'est là que ça commence à saigner. Et mon combat c'est ça ! C'est au delà des chiffres financiers, c'est comment éteindre ce feu, parce que la démocratie africaine a un problème ! Le multipartisme a été imposé. Mitterand, sans préparer les gens a dit "c'est l'Afrique multipartiste". Il a oublié que les tendances ethniques et tribales étaient encore là et que l'on ne choisit pas un candidat par rapport à son programme politique : on le choisit parce qu'il vient de notre région. Il faut que l'on sorte de cela et voilà pourquoi je dis que les africains ne sont pas préparés pour le multipartisme. Comme dit le Roi de Jordanie, "démocratie" veut dire différentes choses, à différents endroits. On ne peut pas calquer l'exemple démocratique européen, français, sur le notre, parce que la France à deux cents ans d'avance. C'est comme si on vous demandait de courir avec votre fils de cinq ans. On va dire que vous êtes très fort, c'est de la foutaise ! Moi je voudrais que l'Afrique fasse une démocratie à sa pointure. Si tu chausses du quarante deux ou du quarante trois et qu'on te met une chaussure démocratique qui fait du trente neuf, la démocratie sera très difficile. Voilà pourquoi nous sommes obligés d'accompagner le processus démocratique. On va prendre des coups à droite, ce sont les épithètes mais ce n'est pas grave : on a pris des coups gratuitement avant cela. Aujourd'hui les coups sont pires. Pour ce qui est de la Côte d'Ivoire et de ses élections, j'avoue que ça craint légèrement. Ce n'est pas le processus en tant que tel mais les résultats ! J'ai vu les passions dans les yeux, j'ai entendu des discours très enflammés, j'ai entendu des discours qui ont pris une teinte très tribale, et je n'aime pas ! Donc avec mon "extincteur musical", je vais essayé de voir ce que je peux faire.

Et vos relations avec Tiken Jah Fakoly, votre compatriote : vous allez dans le même sens, vous discutez régulièrement du fait que vous êtes porte-parole de la musique en Côte d'Ivoire?

On va faire court : je le déteste avec passion ! Il a tiré le premier, il n'aurait pas dû. Moi, j'ai de la haine, de la rancune tenace et je lui ai dit. Pour couper court aux gens qui m'envoient faire la paix je leur dis "jusqu'à ma mort je ne lui parlerai pas : il en sera ainsi, amen".

Pour changer de thème, parlons d'un de vos nouveau morceaux, "C'est magique" : peut être un nouvel album pour 2011 ?

Nous sommes en studio et il arrive ! Vous allez kiffer !

Vous gardez les mêmes musiciens ?

J'ai pris la grande "famille arc-en-ciel", Alpha Blondy que vous allez voir ce soir sur scène. Ce sont des gens dangereux, ça déchire ! Nous sommes un arc en ciel, nous sommes une famille. "La famille arc-en-ciel" est en train de conjuguer son art : chacun a apporté son influence culturelle. Il y en a de très blancs aux yeux bleus, il y en a de très noirs, il y en a un qui est très blond donc c'est mon jumeau ! C'est très très beau et l'album que l'on est en train de goupiller, je prie Dieu que vous le découvriez. Vous ne serez pas déçu !

Comment trouvez-vous le temps d'écrire de nouvelles musiques ?

Vous savez, l'inspiration est divine : l'artiste qui vous dit qu'il s'est assis au pied de l'arbre, au bord du lac et que l'inspiration est venue, c'est pas vrai. L'inspiration est donnée par le plus haut : c'est Dieu qui donne l'inspiration donc c'est comme un Telex que l'on t'envoie et puis toi, tu prends ton stylo et tu écris. Tu as l'impression de trouver mais c'est déjà là, tu retranscris ce que l'on t'a dit et puis c'est parti. Tu suggères l'action et tu développes. Ce que je viens de dire n'engage que moi mais nous, on a toujours le temps. Et puis la vie de tous les jours est une chanson : tu mets la télé en marche, tu as dix milles chansons qui passent. Je ne parle pas de MTV mais je parle de la qualité, tu comprends ? Cela devient le thème de la chanson. Dans la rue, tu rencontres des gens, tu discutes autour d'un porto, d'un verre de champagne ; les gens sont tellement riches en inspiration, tout en causant ! Une simple phrase parfois, c'est joli. Les gens font de la poésie sans s'en rendre compte. Ils écrivent des chansons sans s'en rendre compte. Dans un débat comme celui-ci, tu sors de jolies phrases, et tout cela ça m'inspire. J'écris au rythme de ma vie. Je vis, j'écris, je suis inspiré par la vie qui m'entoure, par le bonheur. Je suis aussi inspiré par le malheur qui m'entoure... Tout est bon à prendre dans le cochon.

En parlant d'inspiration, de divinité... Comment percevez-vous le Rasta ? Est-ce une philosophie, un mode de vie, une religion ?

Pour moi, c'est une philosophie : je me méfie des religions. Je crois en Dieu très fortement, mais quand on me demande "Alpha, tu chantes Allah, tu chantes Jésus, tu chantes Adonaï : c'est quoi ta religion ?" toujours je leur réponds "Dieu est ma religion". Parce que pour nous, Dieu est le dénominateur commun à tous les trois grands livres. Je veux dire le Coran, la Bible et la Tora. Donc quelque part, je me suis approprié Dieu. Je me méfie des religions car elles nous divisent mais Dieu nous ramène ensemble parce qu'il est amour.


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