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Interview de Yael Naim

Lors de son passage à Nancy pour un concert à L'Autre Canal, la rédaction a eu le plaisir de rencontrer Yael Naim, une chanteuse passionnée, humble et généreuse. Une interview qui, nous l'espérons, vous procurera autant de plaisir à la lire que nous avons eu à la mener !

"She was a boy" est sorti depuis maintenant 3 mois. Comment le public l'a-t-il accueilli et que ressentez-vous ?

C'est assez agréable parce qu'on s'est enfermé pendant deux ans pour oublier le monde extérieur et être le plus sincère possible dans notre musique. On est donc déjà très content de sortir le projet, mais c'est d'autant plus agréable de découvrir une connexion avec le public ; de sentir qu'on est compris et que les gens sont là au rendez-vous pour les concerts avec de chouettes réactions. Il parait qu'il y a le phénomène du second album, où parfois on peut être déçu de l'évolution de l'artiste. Mais notre rôle est d'être sincère et d'évoluer comme on le sent. C'est super agréable de voir qu'il y a une suite positive.

Quel regard portez-vous sur votre parcours depuis l'énorme succès de "New Soul" ?

Déjà une grande joie et une reconnaissance parce qu'on vient tellement de l'opposé ! Le premier projet comportant "New Soul" était un album où il y avait beaucoup de chansons en hébreux, des balades. On a tout fait nous-mêmes à la maison avec un ordinateur super vieux, une carte son et un micro pourris. On a vraiment fait les choses sans moyens, et encore une fois, on est allé contre tout ce qu'on nous conseillait. Deux ans et demi, c'est long pour un même album. C'était super étonnant d'avoir autant de succès avec des balades en hébreux car encore une fois, tellement à l'opposé de la recette si on peut dire.
Et puis après, on est parti en voyages, on a vécu la folie, avec le bien et le mal. Le bien, c'est qu'on a découvert le Japon, le Brésil les Etats-Unis, l'Europe, on a voyagé comme des malades. En face de ça, il y a la découverte du succès : on en rêve et quand il est là, on se rend compte qu'on a presque plus le temps de faire de la musique. C'est très bizarre car tu as l'impression de devenir juste quelqu'un qui gère sa société au lieu de faire de la musique. La conclusion est qu'il faut trouver un équilibre.
Donc sur le deuxième album, on a essayé de s'enfermer au maximum sans avoir peur du résultat, sans s'y attacher surtout. Sur cette tournée, on a réussi à mieux s'organiser à mieux réaliser nos envies artistiques. On s'est entouré d'amis encore plus proches sur scène, c'est vraiment la famille. Ce sont des musiciens incroyables avec lesquels on arrive à vraiment évoluer tous ensemble, à aller plus loin dans les décors, le visuel... et avec tout ça, réussir à se préserver un peu de la course au succès, sans toute fois le négliger. Le but est de trouver l'équilibre entre la vie, la création et la gestion d'un projet qui marche. C'est très agréable d'apprendre à faire ça.

Que vous inspire le fait que votre musique ait réellement explosé grâce à la publicité, alors que vous êtes musicienne depuis longtemps ?

Quand on a sorti "New Soul" en France, en août, tout de suite ça a marché très fort. C'est rentré dans toutes les radios et on a été disque d'or au bout de trois semaines. Six mois avant la pub. Donc la musique a marché d'elle-même.
Par contre, on n'avait pas encore de distributeur aux Etats-Unis et je ne sais pas comment la chanson est arrivé sur une radio là-bas mais il ya un gars de l'agence d'Apple qui l'a entendue. Il y a d'ailleurs eu un buzz avant même qu'on envoie le titre. Ensuite la pub a joué le rôle de radio, ça a servi à faire connaître le projet aux gens, qui ont été assez curieux pour aller le chercher sur internet puisqu'il n'y avait pas encore de promotion, à part iTunes. Au bout de la première semaine de pub, on était déjà numéro un aux Etats-Unis. En fait, la pub a amplifié le phénomène dans le monde entier. C'était vraiment incroyable ! C'était comme une fenêtre ouverte sur le monde.
Par ailleurs, Apple a la réputation de choisir des artistes qui sont en développement comme Gorillaz ou Faste avant. Donc on a été bien content d'être choisi par cette famille musicale et le plus étonnant c'est que même dans leur cas, il n'y a jamais eu une exposition pareille. Donc je suis hyper contente. (Rires)

Comment vivez-vous cette tournée : y a-t-il des salles dans lesquelles vous avez l'impression de vous sentir comme chez vous, De reconnaître certaines personnes dans le public ?

(Rires) Non, mis à part des amis ou de la famille, on ne reconnaît pas encore les gens. A part UN fan de Marseille. Il s'appelle Guy, il a 82 ans et est là depuis le début. Il nous apporte des fleurs et des cadeaux. Il est hyper gentil. On se sent très bien car on est content de retrouver les gens qui viennent toujours plus nombreux. C'est plus profond, il se dégage une sorte de confiance, de complicité et c'est super.

Vous échangez énormément avec votre public. Aimeriez-vous jouer dans une grande salle comme un Zénith ?

Pas sûr... On a déjà eu l'occasion de faire le Zénith mais à la place, on a choisi de faire 4 Cigales par exemple. On préfère avoir des salles de cette taille-là parce qu'on peut voir les gens et les sentir. Mais aussi en tant que spectateur, moi je préfère une salle où je peux voir l'artiste plutôt qu'un truc énorme qui devient vite inhumain parce que tu ne ressens plus que tu es venu voir quelqu'un : c'est tout petit, on ne voit rien. Après dans les festivals, c'est une énergie différente. D'ailleurs, c'est chouette et impressionnant de jouer devant 50.000 personnes, qui sont là pour des raisons différentes.

La précédente tournée vous a emmené aux 4 coins du monde. Celle-ci sera-t-elle identique ?

Je sais qu'on doit partir en Allemagne, aux Etats-Unis et au Japon. Puisqu'il n'y a pas de pub et donc pas d'urgence de promotion, on peut construire les choses de façon plus sereine. La dernière fois, on était obligé d'être partout, tout de suite. Cette fois-ci, on va pouvoir approfondir les choses. On retournera au Brésil parce qu'on a très envie d'y retourner. Ca nous a changé la vie, humainement, musicalement... On même failli s'installer là-bas ! Bien sur on tournera aussi en Europe et ensuite, on verra.

Lors de cette tournée, arrivez-vous à prendre plus de liberté avec votre musique que lors de la précédente ?

Oui, on essaie. Cette fois-ci, on est entre deux mondes : celui de la musique classique. C'est le monde d'où je viens. Il y a une œuvre, avec ces arrangements, qu'on essaie d'interpréter un peu différemment à chaque fois. Dans notre musique, on essaie de préserver les arrangements qui sont dans l'album tout en les rendant live. Ensuite, il y a le coté jazz qui fait aussi partie de nous et puis des artistes comme Nina Simone qui m'inspire beaucoup, qui garde cette part de liberté et c'est dans cette direction que je cherche à développer. On n'y arrive pas encore comme je le souhaiterais mais on en prend le chemin.

Qu'est-ce qui vous a le plus marqué lors de votre première tournée et qui a directement influé sur l'écriture de "She was a boy" ?

©zoriah
©zoriah

Ce n'est pas la tournée directement mais c'est vrai que le voyage au Brésil m'a fait découvrir l'attachement à la vie. Avant, il y avait des musiques avec des rythmes... Encore une fois, j'ai été élevée dans un univers plus classique, folk, et je suis quelqu'un d'assez tranquille dans ma nature. J'aime bien qu'on ne me bouscule pas trop et je peux très vite me sentir agressée par quelque chose qui bouge trop. Le fait d'aller au Brésil, qu'il fasse chaud, que tout le monde danse la samba... Chaque soir, on allait danser après les concerts alors que d'habitude je suis morte de fatigue ! C'est la première fois où j'ai vécu ça. C'est arrivé à un tel point que moi, qui adore le folk et les guitares-voix, on est allé dans un club de samba, et au milieu du concert, il y a eu une fille qui chantait juste avec sa guitare. Eh bien ça me paraissait tout mou. J'avais envie que ça reparte dans les rythmes. Ca a été un vrai changement qui m'a permis de me rendre compte que j'avais un trésor à côté de moi : David.
Dans le premier album, c'est lui qui a plongé dans mon univers. Il n'y a pas mis trop de percussions. Donc je me suis rendue compte de ses capacités et on a pu en profiter un peu plus dans le deuxième album. Ca a je pense fait naître inconsciemment des chansons avec un peu plus d'énergie.

Où vous ressourcez-vous ? Qu'est-ce qui vous régénère ?

J'ai besoin d'être beaucoup seule et ce n'est pas simple avec les concerts... Juste la solitude qui fait que tu rentres dans un rythme intérieur, tu commences à planer. Il y a un genre de rythme qui s'installe qui fait que tu peux partir dans ton imagination. Après j'écoute beaucoup de musique, très variée : Nina Simone qui me touche beaucoup, de la musique classique, indienne genre Bollywood. Il a de gros délires dans cette musique, ils sont complètement fous ! J'aime bien aussi en tant que pianiste Martha Argerich, Sufjan Stevens pour les arrangements, Nike Drake juste émotionnellement, un artiste incroyable, il est roumain Dona Dumitru Siminica. C'est un mec qui a 50 ans et qui chante... ! Ali Farka Touré, de la soul. Donc écouter plein de musiques, ça t'ouvre des mondes, des couleurs. Et puis ensuite, il y a les événements de la vie : il se passe un truc et émotionnellement, j'ai besoin de l'évacuer et voilà.

On sent une très forte complicité avec vos musiciens. N'est-ce pas trop dur à gérer au quotidien d'une tournée de vivre avec 4 garçons ?

(Rires !) Oui c'est particulier ! J'ai beaucoup de chance parce qu'on s'aime tous très fort, ce sont de vrais amis. Même les clashs que l'on a (souvent avec David, on n'est pas d'accord dans le travail. Ce sont des clashs artistiques qu'on arrive à dépasser. Ce ne sont pas des choses qui nous séparent mais qui nous font avancer .C'est constructif). Avec les musiciens, c'est la même chose. Tout le monde se pousse et s'entraide pour aller plus loin. Après ça aurait pu être sympa d'avoir une fille dans le groupe. Pour les garçons aussi (rires).

Pensez-vous un jour partir chacun de votre côté ou pensez-vous que vous seriez "perdus" Yael sans les arragements de David et David sans les textes de Yael ?

Bon quand on n'est pas d'accord, il nous arrive de dire "c'est fini"... Dans mon histoire, il est clair qu'il y a un "avant David" et un "après David". Même si je suis tout à fait capable d'écrire mes chansons toute seule, de les arranger, de les enregistrer et de faire un truc qui ressemble à un disque, j'ai mes limites et ça ne va pas ressembler à la moitié de ce qu'on fait ensemble. Notre musique, cet univers, ces arrangements sont là parce qu'il y a David et qu'on s'est poussé mutuellement pendant deux ans et demi. Ca donnerait complètement autre chose et ce qui est sur, c'est que je serais un peu triste s'il n'était pas là et un peu plus perdue, comme je l'étais avant.
Après, David m'a appris à ne pas penser en forme de peur, de perdre quelque chose mais au contraire de nourrir le présent et de faire en sorte que ça continue. Et puis on sait que la vie est longue et que des fois, tu fais d'autres choix ; les gens se séparent, se retrouvent... J'essaie juste de ne pas avoir peur et de profiter du présent. Il se passera ce qui se passera et on va essayer d'évoluer ensemble de toute façon.

Vous donnez l'impression de suivre votre chemin comme bon vous semble, en dehors des turbulences du star-system. Est-ce pour vous protéger ?

Oui bien sur parce que je pense que le star-system c'est un peu pourri et superficiel. David et moi avons eu une autre vie avant. David a joué pendant 15 ans avec plein de musiciens incroyables. Moi, j'ai eu une première expérience avec une major, justement avec ce système "on va faire de toi une star. Par contre il faut faire des compromis pour être une star..." J'étais malheureuse... Ensuite quand j'ai rencontré David, on était réaliste et conscient qu'on était en train de faire une chose qui n'avait aucune chance commercialement mais je n'ai jamais été aussi heureuse de ma vie. Donc on peut être heureuse sans succès parce qu'on se réalise musicalement. Et puis le succès est arrivé, j'en suis encore plus heureuse bien sûr. Par contre, si il n'y a que le succès commercial en oubliant pourquoi on est là, ça peut rendre fou.

Le mot "Home" revient très souvent dans vos chansons. Savez-vous où se trouve votre "Home" ou le cherchez-vous ?

Je crois que j'en ai deux maintenant : le premier est dans ma famille en Israël et le deuxième à Paris. C'est vrai que ça a été LA grande question. Mais j'ai fini par garder les deux. Et je continue à voyager... Je vis ici mais j'ai gardé tous les liens là-bas avec ma famille et mes amis.

Quel est votre rêve d'artiste ?

Je le vis ! Juste continuer à avoir ce temps pour la création. Quand c'est trop chargé et que je ne trouve plus le temps pour évacuer les choses, je suis frustrée.

Quel est votre plus beau souvenir de scène ?

Il y en a plein... mais j'en choisi 2 ! Le premier est au Brésil où il y avait une connexion incroyable avec le public ! On écoutait beaucoup de musique, on se baladait, on a vécu des choses qui nous ont changés et tout ça est sorti sur scène. On a donc vécu de nouvelles sensations.
La deuxième c'était à Solidays parce qu'il y avait un public particulier et nos familles étaient là. Je ne sais pas ce qui est arrivé ce jour-là mais les gens ont commencé à sauté sur "New Soul", comme si c'était un concert de rock. Alors que d'habitude... C'est la seule fois où on a eu une telle énergie

Quelques mots pour les lecteurs de Notulus et vos fans...

Merci, merci d'être là, de nous donner tellement de bonheur. C'est très agréable de donner beaucoup d'énergie et de temps et de recevoir autant en retour. C'est incroyable, on a beaucoup de chance !


Yael Naim est actuellement en tournée. Retrouvez les concerts dans l'agenda de Notulus.


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Yael Naim

Des racines diverses les nourrissent, et des passions multiples pour la musique les réunissent: YAEL NAIM offre un deuxième album à quatre mains avec DAVID DONATIEN, comme une nouvelle collection d'instants de grâce.

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