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©Lorenza Rizzo

François Hadji Lazaro,
leader de Pigalle

Poète et conteur d'histoire, cet auteur compositeur interprète inclassable et unique, mixant des sons électriques et acoustiques à des samples informatiques, apporte au paysage musical francophone une richesse musicale, une imagination créative fertile et un regard sur la vie et la société qui en disent long sur l'artiste qu'est François Hadji Lazaro, un artiste qui nous entraîne depuis plus 25 ans sur des sentiers hors du commun !

Le groupe Pigalle est né en 1982 pourquoi doit-on attendre 1986 pour avoir un premier album ?

86 était déjà une ressortie, on a enregistré en 84. De toutes façons, trop de groupes enregistrent sans réflexion, ni recul véritable, cela amène trop souvent à des disques sans grande originalité et personnalité. On a préféré faire évoluer les choses petit à petit.

Les Garçons Bouchers en 1986, un clash et une révolution dans le monde du punk-rock. Vous inventez et créez un nouveau style, synthétisant une musique trash et des paroles réalistes, des chansons populaires relevant d'une pure culture française. "Toutes des putes..." au coté de "Je ne regrette rien" de Piaf, il fallait oser... Etait-ce de la provocation ou la naissance de l'artiste décalé que vous n'avez cessé d'être ?

Dès le depart, mon interet musical est parti en tous sens. Si la découverte tardive que j'ai eu du punk, m'a fait découvrir une démarche totalement spontanée, qui m'a séduite, je n'avais nulle envie de la copier, d'où cette démarche amenant, entre autre, la présence de l'accordéon (objet impie dans le rock à cette époque) et de textes violents mais parsemés de deuxième degré et humour caustique. D'où les Garçons Bouchers, punk indéfinis.

Los Caryos avec Shultz et Manu Chao c'était un délire de potes? Vous vous êtes fait plaisir musicalement ?

L'interêt de los Carayos, en dehors de la rencontre, à été de pouvoir amener d'autres instruments, et techniques (cajun, bluegrass, tex, hillibilly) que je savais jouer mais que je ne mettais pas dans Pigalle ou GB.

En parallèle le groupe Pigalle s'affirme, trouve son public et rencontre le succès avec des textes forts sur des rythmes alternatifs, de magnifiques chansons comme "Elle glisse", "Franc tireur", "Il boit du café"... l'artiste se trouve-t-il enfin ?

En fait, comme dit ci-dessus, Pigalle a été le premier groupe et les textes en question datent d'avant Los Carayos ou GB

En 1985, vous créez un label alternatif que vous déclinerez ensuite pour vous ouvrir à d'autres styles musicaux, était-ce pour lutter contre un certain conformisme et sectarisme musical ?

Il y avait deux envies, effectivement bousculer les castes et autres écoles de style par le fait de mélanger sur le label : du trash, avec de la musique trad, de la chanson piano, avec du reggae, etc. Mais aussi une démarche militante, vis à vis du marché et construire une voie qui s'adresse au plus grand nombre sans démagogie musicale variétoche. C'était donc le refus du sectarisme et des styles répétitifs des labels alternatifs d'époque, et aussi le refus de la machinerie lénifiante des majors.

Le dépôt de bilan en 2001 et la signature chez Universal vous ont-ils laissé un goût amer et la désillusion de ne pouvoir changer le système ?

Il y avait une facette positive puisqu'on avait réussi à tenir quinze ans (on nous donnait 3 ans au max) et de fait, bousculer des habitudes, faire découvrir des artistes divers, dénoncer des déviances. Mais aussi la facette négative : la mort de la vraie indépendance et la force trop petite par le manque d'autres labels montés par d'autres groupes qui ont préféré signer chez les gros au moment où tout était encore possible

Votre album "Des Espoirs" a été produit par Saucissong Records, c'est la revanche de Boucherie Production ?

Non pas du tout, les labels (tous) ne prennent plus de risque pour s'engager. Signer Pigalle c'était facile à bosser (nom connu, grosses tournées etc.) beaucoup étaient prêts à signer et à mettre du blé au départ... puis attendre et voir... Ce n'est pas comme ça qu'il faut bosser. J'ai donc dit "niet" et refait un label pour l'occasion et le résultat dépasse ce que les grosses machines imaginaient... Donc bien fait pour elles !

Vous avez écrit des musiques de films et joué de nombreux petits rôles au cinéma pour Bertrand Tavernier, Claude Zidi, Marc Caro entre autres. Vous avez également mis en musique des textes de Roland Topor. Etes-vous un hyperactif, un boulimique de travail ou toujours à la recherche d'autres horizons ?

Oui, il faudrait des journées de 36 heures. D'où mon admiration pour Topor qui multipliait ses activités et ses démarches. J'ai une première expérience qui arrive : un livre disque pour enfants (Milan/Bayard) : "Ma tata, mon pingouin, Gérard et les autres" qui sort en Mai (dessins de Delphine Durand).

Vous maitrisez plus de vingt instruments, vous êtes auteur, compositeur, interprète et parfois producteur, est-ce un besoin de tout maitriser ?

Je m'ennuie très vite, et le fait de toucher à tout est mon seul médicament d'où ces déballages.

Vous avez rencontré de nombreux artistes, quels sont ceux qui vous ont le plus apporté artistiquement ou humainement ?

Les meilleurs cuisiniers et vignerons.

Vous êtes un chanteur engagé qui parle de thèmes sociaux tel que l'homosexualité, l'inceste, la violence conjugale, l'alcoolisme, le crime passionnel, la grève, le chômage... Pourtant vous n'êtes jamais dans le jugement, vous exposez des faits et des sentiments. Est-ce un choix de votre part de ne pas être dans la revendication ?

Je suis le petit dernier d'une famille militante à tous crins et de fait, la politique est toujours dans ma tête et j'ai participé, et participe, à des actions diverses. Mais j'essaye dans les chansons de mettre des aspects politiques différents des chansons revendicatives habituelles, et glisser de l'humour caustique des Bouchers au décalage ou à la personnalisation de Pigalle.

Vous avez toujours joué sur les contradictions, entre la force et la douceur dans votre musique, le drame et l'humour dans vos textes. Est-ce la recherche de l'équilibre parfait de la complémentarité. Est-ce le secret de votre réussite ?

C'est toujours le refus des cases, on peut être triste et de temps en temps rire, on peut être parfois vif et violent et un peu plus tard doux et pensif. Dans la scène française où les disques sont toujours répertoriés : il faut être romantique (Murat) ou rigolo (Wampas) , l'étiquette est presque toujours incontournable. Peut être, d'ailleurs, que mon refus de cette étiquette fait que je suis toujours sur la route et inclassable

Dans vos chansons, vous vous mettez souvent à la place de vos personnages, allant jusqu'à décrire les pensées du dernier éléphant ou d'une ado devant son clavier. Vous parlez merveilleusement des femmes : Marie la rouquine, Sophie de Nantes, Betty, qui parlera d'elle... D'où vous vient cette empathie envers des personnages si différents de vous ?

La chanson réaliste n'est pas un descriptif, l'intérêt de l'écriture est justement de parler de choses ou personnages inventés. Même si on croit que c'est vrai (comme "Le bar tabac de la rue des Martyrs"). Quant aux femmes, mon vrai prénom est Françoise donc je connais fort bien le sujet.

Vous parlez souvent des rapports hommes/femmes et avez fait de superbes chansons sur le sujet : "Ne reviens", "Premières fois", "vendredi 13", "brève rencontre"... La femme et la fan que je suis aimerais savoir si vous avez trouvé votre "amour simple" ?

Oui, mon contrôleur des impôts.

"Si on m'avait dit", une chanson douce amer, une certaine désillusion. Est-ce le constat d'une société ou d'une vie ? Et vous que leur direz-vous à vos enfants ?

C'est le résultat affligeant de notre génération et je leur dis que je m'excuse.

Que comptez-vous faire des 25 prochaines années ?

Mourir.


Retrouvez Pigalle au Festival Avec le Temps à Marseille le 15 mars à 20h30 (Espace Julien).

Merci à Angélique pour avoir réalisé cette interview.


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Pigalle est un groupe de rock français formé en 1982 par François Hadji-Lazaro (des Garçons Bouchers).

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