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Abd Al Malik sur Notulus

Chanteur engagé, Abd Al Malik transmet une musique hip hop aux ambiances jazzy, accompagnée de textes forts. Pour lui "un artiste doit être là pour mettre des mots sur des choses que l'on vit tous." Abd Al Malik, quant à lui, fait cela avec tolérance et réalisme.
C'est dans cette interview enrichissante que le chanteur évoque ses souvenirs, nous parle de ses projets et nous livre son point de vue sur l'intégration de l'islam dans la société française.

Vous êtes écrivain et chanteur. Pour vous, quel est le lien entre ces deux métiers ?

Ce sont les mots. Ce sont des supports différents. La forme est différente mais avec une même âme, une même essence. Les deux sont différents, mais les deux me plaisent.

Vous avez remporté une victoire de la musique, catégorie "Musiques Urbaines", pour l'album "Château Rouge". Que signifie pour vous cette récompense ?

Pour moi, c'est toujours un honneur que d'être reconnu par ses pairs et que l'on reconnaisse la qualité du travail. Mais ce n'est pas ce qui est le plus important. Ce qui l'est, c'est de pouvoir échanger avec les gens, partager avec eux. Evidemment j'en suis heureux mais je ne m'arrête pas à ça. C'est un moyen et non une finalité.

Que reflète le titre de cet album ?

"Château Rouge", c'était une symbolique, c'est-à-dire que pour moi, ça représentait le cœur. Le cœur, c'est comme une espèce de citadelle, quelque chose que l'on voudrait imprenable mais on est pris par le sentiment. La couleur rouge, pour moi, symbolisait ça. Elle symbolise le sentiment, l'affect. Voilà pourquoi j'ai donné ce titre. C'est un album qui rend hommage à mes racines africaines et finalement c'est une rencontre entre l'Occident et l'Afrique. Château Rouge, c'est aussi le quartier africain à Paris et pour moi ça faisait vraiment le lien.
C'est donc à la fois le symbole du cœur et à la fois la rencontre entre l'Afrique et l'Occident.

Le premier single "Ma jolie" issu de cet opus à des paroles fortes. "Ses bras comme le ciel sont parsemés de bleu". Pourquoi avoir attendu la fin de la chanson pour dénoncer la violence faites aux femmes ?

Ce n'est pas que j'ai attendu la fin mais ce qui m'intéresse dans l'écriture, c'est de prendre l'auditeur et de l'amener quelque part. Il se dit "Voilà je comprends, je vais à tel endroit, je saisi où je suis" puis à la fin du morceau, il se rend compte que ce qui pensait être vrai au début n'est pas nécessairement vrai à la fin. La fin explique. Au début, on a l'impression que c'est une banale histoire d'amour et on se rend compte que c'est un morceau traitant des violences conjugales. Au début, on est enjoué et puis au final on se rend compte que non, qu'il y avait quelque chose derrière ! C'est cette manière d'écrire qui m'intéresse. Une écriture à double sens avec une espèce de chute qui nous fait comprendre autrement le morceau.

Qu'est ce qui vous a incité à écrire ce titre ?

Moi-même j'ai rencontré des gens, que se soit dans mon entourage ou ailleurs, pour lesquels on avait l'impression que tout allait bien dans leur vie. Donc on ne se pose pas tant de questions. Et puis on se rend compte que derrière, il y a des drames qui peuvent se jouer. Pourtant ces gens se lèvent tous les matins et font leur vie. C'est ça qui m'intéressait de dire : il y a des gens comme ça, pour lesquels on ne devine pas les souffrances ou les tragédies. C'est important d'en parler. Cette violence, surtout la violence conjugale, sont des choses que j'ai vues dans mon enfance, dans mon entourage et c'était donc pour moi important de pouvoir en parler.

En référence à l'un des titres de l'album, quel est pour vous "Le Meilleur des mondes" ?

Pour moi, le meilleur des mondes est toujours à venir finalement. C'est celui que l'on se donne les moyens de construire. C'est si facile de dire avec les mots "On voudrait telle chose" mais à un moment donné, il faut agir en conséquence. Donc pour moi, le meilleur des mondes ce n'est pas seulement un monde que l'on appelle de nos vœux mais un monde que l'on bâtit, que l'on construit ensemble en usant de solidarité.

Pour vous qu'est ce qu'un artiste doit apporter à son public ?

Pour moi, le public ne nous appartient pas. Le public, c'est des gens comme nous qui ont des rêves, des peurs et moi, l'artiste, je dois être là pour mettre des mots sur ces choses que l'on comprend tous, que l'on palpe tous, que l'on vit tous. Un artiste est là pour faire du lien. J'ai même envie de dire qu'il est là pour faire en sorte que l'on puisse communier tous ensemble.

Les cités, les banlieues sont des sujets sensibles... Avant d'être l'artiste que vous êtes aujourd'hui, vous avez connu les problèmes de la délinquance. Qu'est ce qui vous a fait changer ?

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J'ai eu de la chance ! Ce qui m'a fait changer... ce sont des rencontres mais c'est aussi le fait de grandir et d'acquérir une certaine sagesse et spiritualité. Pour moi l'islam, c'est quelque chose qui m'a aidé et qui m'aide énormément. Ce qui faut comprendre, c'est que ce qui a été de la chance pour moi, ça devrait être normal pour tout le monde. C'est-à-dire aider les plus faibles, tendre la main, faire en sorte d'aider davantage les personnes qui sont fragilisés dans notre société pour qu'ils puissent s'en sortir et transcender leurs conditions. On appelle au changement mais c'est important de tendre la main aussi. Moi, il y a des personnes qui m'ont tendu la main, il y a des personnes qui m'ont aidé à devenir l'homme que je suis. J'essaie, en toute humilité avec mes chansons et mes textes que ce soit aussi une sorte de main tendue.

Pour vous, quelle(s) solution(s) pourrait répondre au problème de la délinquance ?

Déjà : Reconnaître l'autre et dire à l'autre qu'il n'est pas différent de moi. Pour moi, c'est ça. Ca commence dès l'enfance, non seulement la solidarité, non seulement le fait d'aider les gens mais aussi le fait de reconnaître les gens. Je pense que c'est hyper important. Ensuite c'est aussi une histoire politique. Se donner les moyens politiques mais dans le respect de l'autre pour que les choses avancent. Je ne pense pas que la répression bête et méchante soit une solution.

Quel est le souvenir d'enfance qui vous a le plus marqué ?

J'ai eu une enfance merveilleuse à la "Huckleberry Finn" ! Avec certes, des moments difficiles mais aussi de grands moments de partage. Mais je dirais que toute mon enfance dans la citée a été quelque choses d'assez fort avec tout de même des choses négatives aussi mais en tout cas des choses qui m'ont énormément enrichi ! Je dirais toute mon enfance dans la citée.

Vous avez déjà écrit deux ouvrages : "Qu'Allah bénisse la France" et "La guerre des banlieues n'aura pas lieu". Avez-vous un autre projet d'écriture ?

Oui, j'y travaille. Je suis sur l'écriture cinématographique. Je suis en train de travailler sur l'adaptation au cinéma de mon premier ouvrage "Qu'Allah bénisse la France". Je travaille aussi sur une idée de conte soufi moderne, qui serait un peu une sorte de conte initiatique. J'écris énormément.

Aujourd'hui quel est votre point de vue de la société française par rapport à la religion islamique?

Malheureusement, j'ai l'impression que l'on a beaucoup de mal à comprendre que comme le judaïsme, la chrétienté ou même le fait de ne pas croire en Dieu, que l'islam fait partie de l'identité française. C'est important de comprendre ça et de ne pas traiter l'islam comme quelque chose qui serait étranger à ce pays et c'est hyper important. De ne pas stigmatiser toute une partie de la communauté nationale qui est musulmane. Mais j'ai envie de dire qu'il y a un regard qui est biaisé, que le débat a vraiment été maladroit sur l'identité nationale, le débat que certains partis veulent faire en rapport avec la laïcité ou à l'islam. C'est important de reconnaitre l'autre et de comprendre aussi que l'islam est une richesse pour ce pays là, ça rejoint ce que l'on disait tout à l'heure. Il faut arrêter de stigmatiser et de confondre des personnes qui instrumentalisent l'islam à des fins politiques et des gens qui vivent tout simplement leur spiritualité dans le respect d'autrui et dans une démarche véritablement laïque et républicaine.

Que pensez-vous des résultats du sondage des présidentielles 2012 ?

Vous savez, ça nous dit que ce débat sur l'identité nationale, le débat sur le fait de stigmatiser une population, notamment les musulmans, ça donne ça ! On crée des peurs et les gens ont peur. Et lorsqu'on crée des peurs comme ça, il ne faut pas s'étonner à ce que les gens réagissent et agissent avec peur et quand on réagit et agit avec peur, forcément on n'est pas dans la justesse, la justice et le recul. On agit avec peur et donc pas de la bonne manière. Voilà, c'est la peur qui est illustrée dans ces sondages-là.

Quels sont vos projets artistiques ?

Déjà il y a cette tournée qui commence et qui va durer un an. On espère que tout va bien se passer. Je suis content de partir sur la route et de partager avec les gens. Il y a aussi l'écriture cinématographique plus la littérature. Voilà ce sont mes grands projets pour cette année et les années à venir.


Abd Al Malik sera en concert à l'Espace Julien à Marseille le mercredi 23 mars dans le cadre du festival avec le Temps.


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Il a connu tout ce qu'un fils d'immigrés, Noir, pauvre, élevé par une mère seule avec six frères et soeurs, peut connaître de la délinquance des cités : vols et trafics en tous genres, deal de "shit", illusions de l'argent facile, grande frime et rapports de force.

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