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Thomas Fersen dévoile un peu de son Paradis à Notulus

"...l'espoir c'est déjà avoir un pied dans le paradis".
Avec "Je suis au Paradis", Thomas Fersen explore de nouveaux horizons romantiques et sombres mais où perce toujours une note d'humour et de gaîté. A quoi ressemble Son Paradis ? Où est passé son fameux Ukulélé ? Réponse dans les lignes qui suivent.

On vous connaissait jusqu'à maintenant pour vos univers de contes plutôt joyeux. Avec "Je suis au Paradis", on est très loin des atmosphères de "La Chauve Souris", "Zaza", "Les Papillons" ou encore "Monsieur". Ici, pas de ukulélé mais une pochette feutrée rouge et noire à l'ambiance mystérieuse, qui pose le décor des chansons qu'elle renferme. Est-ce l'époque qui vous a amené à changer d'univers ou cela sommeillait-il en vous ?

Vous avez raison et vous avez tort. Vous avez raison parce que l'époque m'a donné effectivement une envie de fuite dans cet univers romantique, un peu noir. Souvent, quand on est dans des périodes pas très rigolotes, contrariées, peu optimistes, on s'enfuit dans ces univers-là. Et en même temps, je trouve qu'il y a un lien avec "Monsieur" qui est le premier des personnages un peu inquiétants qui a ouvert la porte à d'autres et qui ont suivi, y compris certains qui sont dans le disque. Et la "La Chauve Souris" finalement est une nouvelle forme de Dracula. Maintenant, je suis parti dans un monde romantique par réflexe parce qu'effectivement le quotidien m'y invite et que souvent dans l'histoire, ça s'est passé comme ça : le renouveau romantique est fait à des moments où l'actualité était sombre...

Racontez-nous votre choix d'avoir confié l'illustration de cet album à Christophe Blain ?

J'admirais les ouvrages de Christophe depuis quelques années. Je l'ai rencontré par l'intermédiaire de Mathieu Sapin... Je lui ai confié le visuel de l'album en lui faisant écouter mes chansons et en lui parlant de ce romantisme inspiré du XIXe siècle en France et en Allemagne. Il m'a tout de suite montré des illustrations, des peintures de peintres romantiques : des Raphaël... Bref, il a fait un premier jet qui était assez sombre et ensuite il a fait un portrait de moi, assis dans un canapé en train de regarder je ne sais pas quoi mais qui visiblement me rendait heureux.

Qu'est-ce qui vous a inspiré le thème de la très sombre chanson "L'Enfant Sorcière" ?

C'est très rare chez moi car c'est une chanson qui m'est venue directement d'une lecture d'un texte absolument édifiant d'un écrivain suisse allemand du XIXe siècle, Gottfried Keller. Dans son roman "Henri le vert", il traite de la formation d'un jeune homme qui veut devenir peintre. Dans ce livre, il y a un chapitre, qui est complètement à part du reste du livre. C'est l'épisode de "l'enfant sorcière", qui est une histoire qui se racontait dans le village du héros au XVIIe siècle. Au XIXe siècle, ils se souviennent de cette histoire et retranscrivent le journal de bord du prêtre qui a conduit cette petite fille à la mort par cupidité et bêtise parce qu'il essaie de la réformer. C'est le vocabulaire, la langue... enfin tout m'a beaucoup plu et immédiatement, j'ai commencé à transformer cette histoire pour en faire une chanson.

Dans vos textes "Sandra", "Je suis mort"), les fantômes semblent plutôt sympathiques. L'Homme donnerait-il le meilleur de lui-même une fois passé de l'"autre côté" ?

C'est surtout que l'homme donne le meilleur de lui-même par son imagination et sa faculté à embellir et dilater les choses qu'il voit. La vie sans l'homme est plate et froide. Et on arrive avec ses espoirs, ses amours, son imagination, son sens poétique et beau.
Les fantômes dont je parle ne sont pas de vrais fantômes. C'est plutôt le souvenir de tous les gens que l'on a croisé dans notre vie ou qui en font partie et qui d'une certaine façon nous habitent.

Dans "Dracula", l'amour semble aussi dangereux que ce vieux romantique de vampire. Désillusion ou provocation ?

Oui c'est ça, j'avais envie de dire que parfois, quand la vie nous paraît trop cruelle, on aime bien se réfugier dans les bras de personnages qui ont la réputation d'être cruels parce que ce romantisme-là vient comme un baume sur le cœur. C'est ce que je voulais raconter dans "Dracula". C'est l'histoire d'un mélodiste qui préfère la pensée de ce vieil aristocrate plutôt qu'à cette fille dont la chevelure blonde lui fait mal aux yeux, dont le rire et le sourire sont pointus. C'est donc une fille provocante...

©V. Mathilde

La chanson "Mathieu", mari de Mireille... Est-ce un jeu de mot par rapport à vous ou vous aussi, à l'instar d'Arno, êtes-vous fasciné par Mireille Mathieu ?

(Rires) je ne savais pas qu'Arno était fan de Mireille Mathieu ! Mais non me concernant, ce n'est pas le cas.
Cette chanson m'a été inspirée lors d'un séjour à Ottawa où j'ai joué au Barrymore, un très vieux club. Dans ce club, il y avait l'affiche d'une strip-teaseuse dans son baquet à sapin. Déjà influencé par Christophe Blain et sa série Gus, j'ai eu envie de raconter l'histoire d'une chanteuse européenne, venue en Amérique au temps du far Ouest pour chanter ses chansons d'amour dans des saloons remplis de brutes, encore une fois à la fin du XIXe. Donc cette chanteuse donne des spectacles au pays des cow-boys, qui sont des voyous, des gens brutaux, méchants, qui ont la gâchette facile et qui ne savent pas parler aux femmes. Et elle arrive fleurie, chante des chansons sentimentales dans son baquet tout en faisant sa toilette. Et il fallait lui donner un nom alors je l'ai appelée Mireille... Elle vient de Marseille... C'était pour faire la rime. Du coup je lui ai donné Mathieu comme mari et ça m'a fait rire. C'était juste pour m'amuser : J'imagine Mireille Mathieu au pays des Cowboys... (rires). Mais je n'écoute pas ses chansons à la maison (rires)

Les femmes sont omniprésentes dans vos textes. Sont-elles à l'origine de ce monde obscur ou en symbolisent-elles l'espoir ?

Les deux à la fois c'est un espoir sans cesse renouvelé et en même temps, en compagnie des montres, des balafrés et des Draculas, elles font partie des créatures qui font souffrir (rires).

Quand on écoute vos chansons tout en regardant la pochette du disque, l'image que vous nous proposez du paradis tranche avec les traditionnels angelots sur leur nuage ouaté. Le paradis ne se trouverait-il pas dans un vieux château hanté au milieu de bois brumeux ou encore dans les bas quartiers d'une ville abritant des maisons closes remplies de femmes ?

Tout à fait ! Mon paradis est à l'intérieur, on ne sait très bien où mais en tout cas on s'y sent bien. C'est un lieu commun que de dire que le paradis est peuplé d'angelots. En tout cas, je m'ennuierais beaucoup dans ces circonstances. J'y vois quelque chose de plus raffiné, de culture, civilisation, d'esprit, de littérature, musique de théâtre de jolies femmes etc. (rires).

Que vient faire une chanson sur Félix Faure au milieu de Dracula, Barbe-Bleue, une momie et de nombreux fantômes ?

C'était justement pour sortir un peu de ce contexte-là. J'ai eu peur que ça devienne lourd et opaque si tout au long de l'album, on ne parlait que de personnages de contes. Cette chanson, je la travaillais depuis longtemps. Mon personnage est un dandy encore vert. Il est plus jeune que ses enfants⦠Ca arrive dans les chansons.

Le Paradis serait-il pour vous "Déterrer sa vie de garçon" ?

En fait, cette idée de déterrer sa vie de garçon, je l'ai en moi depuis longtemps et cet album a été le bon moment pour l'exprimer. C'est surtout celle de sortir de la routine, de s'ouvrir au monde et aux autres, de découvrir des choses. Il y a tellement de gens qui ont une vie bien réglée, où rien n'est laissé au hasard. Quel bonheur peut-on y trouver ? Donc le Paradis, c'est entre autre, tout d'un coup on a un vieux réflexe, une mouche nous pique et c'est reparti mon kiki ! Et la vie recommence, se renouvelle, pleine d'espoir et l'espoir c'est déjà avoir un pied dans le paradis.

Ressortirez-vous votre Ukulélé ?

Oui bien sûr en concert pour interpréter mes anciennes chansons. Par contre, sur cet album, l'atmosphère ne lui correspondait pas. Alors il est bien rangé dans son étui et attend bien sagement.


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Thomas Fersen
Thomas Fersen

Thomas Fersen est l'un des bâtisseur de la "nouvelle" scène française qui maîtrise l'art du conte et de l'imagé.

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