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Sidilarsen :
"La scène rock française manque d'esprit punk"

A l'occasion de leur passage à Strasbourg, dans le cadre du festival des Artefacts, Didou et Viber de Sidilarsen nous ont accordés une interview sincère et bien nourrie, visiblement heureux de pouvoir s'exprimer sur leur action qui leur tient à coeur : "En 2012, y'a-t-il une chance de retourner la France ?".

Actuellement en représentation à travers toute la France, le groupe toulousain qu'on pourrait qualifier de punk-metal-electro a choisi de donner une tournure politique à sa tournée. Une chose qui était monnaie courante chez les artistes des années 60-70, mais qui aurait tendance à être mal vue dans l'imaginaire collectif actuel. Pourtant, l'esprit même du rock est basé sur la contestation sociale, un esprit que Sidilarsen continue à perpétrer lors de ses concerts de folie, haranguant les foules et profitant d'une petite coupure technique pour faire passer son message : allez voter.

Pour commencer, parlez-moi un peu de votre projet « retourner la France », lancé au début de la campagne présidentielle ?

Viber (guitare et chant) : Parlons plutôt d'action, car on y est en plein dedans ! C'est une action en vue de sensibiliser la jeunesse au vote, de l'inciter à aller voter, en faisant un choix en rapport avec cette échéance des présidentielles, qui est très importante, sur ce point je suis d'accord avec les candidats ! Ca vient d'un constat, de discussions avec notre public, sur le stand et autres, un constat d'une désaffection de beaucoup de jeunes, 18-30 ans, par rapport au vote, au fait d'aller voter, de faire entendre sa voix. On entend « Ouais, c'est tout le temps pareil, c'est tous un peu les mêmes ... », donc on a voulu leur poser la question, les faire réfléchir là-dessus, parce que si on veut que la politique ressemble un peu à ce pays où il y a des jeunes, ressemble un peu à la population générale, il faut que tout le monde donne son avis. Alors effectivement, pour arriver à avoir des candidats qui font rêver, ce qui n'est pas tellement le cas, on est bien d'accord, mais pour arriver à avoir des candidats qui font rêver, il faut voter avant aussi, et puis peut-être faire des actions dans l'associatif ou autre chose. Mais l'action « retourner la France », c'est pour ça, pour dire « Si, allez voter, si, faites un choix parce que sinon d'autres le feront à votre place ».
Didou (chant) : L'idée, c'était de réconcilier les jeunes avec la politique. Bon, là j'exagère un peu, mais leur redonner envie de s'intéresser à la politique même si les candidats ne les excitent pas. On leur dit « nous c'est pareil, ça nous excite pas du tout... »
Viber : Ca dépend dans quel sens...
Didou : Ouais, j'adore utiliser ce terme pour les candidats ! Nous on a toujours été dans les actions concrètes et le vote c'est une action concrète. A défaut d'être excités par un candidat, on peut au moins barrer la route à quelqu'un ! Quelque chose qui m'a frappé, c'est qu'on a croisé beaucoup de jeunes qui n'ont encore jamais voté et qui n'ont pas envie d'aller voter, comme s'ils étaient déjà vieux et en avaient marre, usés d'avoir voté avant. Ca ne vient pas d'eux, c'est un problème global de la société, mais je pense que la jeunesse doit se réapproprier la politique. Comme le dit le groupe Assassin dans une de ses chansons, en reprenant un écrivain qui l'avait dit avant : « si tu ne t'occupes pas de la politique, la politique s'occupe de toi ». C'est simple, tout le monde peut le comprendre. En tournée, on voyait cette désillusion, ce désintéressement, ce manque d'enthousiasme et à l'automne dernier, on a essayé de sensibiliser au fait de s'inscrire sur les listes électorales, parce qu'on s'est rendu compte que le gouvernement ne faisait pas grand-chose pour ça, il y avait très peu de communication à l'échelle nationale. On s'est dit « nous, on est un groupe et aussi modeste soit-il, on est un groupe qui tourne et qui a une influence donc une responsabilité quelque part ». On est un porte-voix, on monte sur scène, on a une valeur d'exemple pour certains jeunes donc à un moment il faut l'assumer. On a des textes engagés, il faut les assumer un minimum aussi. Il est clair que quand on lit nos textes, on est un groupe de gauche, mais on ne veut pas dire aux jeunes « va voter PS, va voter Front de Gauche », c'est pas ça qu'on dit. Nous, on demande aux gens de creuser, de réfléchir et de faire leurs choix par eux-mêmes.
Viber : Sur ce point-là, on fait quelque chose qui est très très peu fait, voire jamais, c'est faire confiance à l'intelligence des gens, dans la liberté et quelque chose de très positif. C'est pas du tout « va voter sinon on va te mettre un claque » ou « va voter dans tel sens », non. La seule contrainte, c'est d'aller dans le lieu et à telle heure, c'est tout. On leur dit de réfléchir, de faire leurs choix, y'en a marre de toujours essayer de manipuler les gens, de les influencer et de penser qu'ils sont très cons. Si on pense comme ça, on met la clé sous la porte, on arrête et allez tchao.
Didou : Cette action, très concrètement il y a eu plusieurs actes. Un envoi assez massif de CDs, avec quatre titres dessus, des titres très engagés et « Back to Basics » parce qu'il nous représente en ce moment. C'est des titres qui peuvent être récent et moins récents, il y a notemment « Retourner la France », qui a donné son nom à l'action « Y'a-t-il une chance de retourner la France ». Ces CDs, on les a envoyé à des élus, à des politiques, avec un message et des affiches, un peu pour leur dire « nous on est en train de mener une action auprès de la jeunesse mais vous, soyez vigilants, soyez en connexion avec la jeunesse, tournez-vous vers eux, pensez à eux, qu'est-ce que vous faites pour eux ? ».

Et quels retours vous avez eu de la part des élus ?

Didou : Pour certains, ils nous ont répondus. On a eu de bons retours de gauche, Martine Aubry nous a répondu avec une lettre bien attentive, bien éclairée, qui nous a encouragés à continuer notre action. Je ne vais pas tous les citer, mais entre autres, on a eu Bertrand Delanoë, Pierre Cohen, le maire de Toulouse (ndlr : député-maire apparenté Parti Socialiste), qui nous a carrément reçus. Bon, il se trouve qu'on est un groupe toulousain donc il voulait nous rencontrer et on ne pouvait pas refuser. On n'a pas le droit de lancer une action et de refuser l'invitation après ! La rencontre a été très intéressante, ça ne veut pas dire qu'on dit aux jeunes « Va voter à gauche, va voter PS », ça n'a rien à voir. C'était intéressant, enrichissant pour nous. Donc l'action est double, d'une part sur le terrain auprès des jeunes, et aussi par des envois aux élus, aux médias et aussi aux MLC pour qu'elles relayent un petit peu notre démarche. On a aussi créé une tribune d'expression libre, sur Facebook, sur le thème du vote, de ce que tu penses du fait d'aller voter, et ça débat beaucoup ! On a déjà 600 inscrits et il y a vraiment beaucoup d'interaction.

Et de la part du public justement, vous n'avez pas été critiqués ?

Viber : En fait, puisqu'on ne met pas en fer de lance nos opinions politiques, je ne vois pas sur quoi on peut nous attaquer, ce qu'on peut nous reprocher...
Didou : Il y a eu quand même des retours, on s'en est pris dans la gueule, mais c'est une petite proportion.

Avez-vous pensé à soutenir un candidat en particulier, je pense à Zebda et Ridan qui ont joué pour le meeting de Mélenchon.

Viber : On y a pensé, bien sûr, mais ce n'était pas très approprié... Comment dire... Si on était très célèbres et qu'on avait une très grosse tribune, comme Jamel, ou Ridan ou Zebda, pourquoi pas. Si on peut peser en faveur de ce qui nous convient le mieux... Après il faut faire gaffe, il y a toujours le risque d'être catalogué dans quelque chose ! Ca demande vraiment réflexion. Personnellement, je trouve bien que des artistes s'engagent auprès de politiques, si c'est vraiment sincère, pourquoi pas.
Didou : Ouais, je salue les groupes qui font la démarche de s'engager comme ça, on trouve qu'il y en a pas suffisamment ces dernières années. Franchement, je suis déçu, très déçu de la scène rock française à ce niveau-là.
Viber : Il manque un peu d'esprit punk !
Didou : Il n'y a plus cet esprit de rebellion, la scène rock se variétise... Bon, j'exagère, je suis un peu aigri, là ! Il y a de très bonnes choses, mais ce ne sont pas les choses qui sont sur le devant de la scène...
Viber : Les choses qui marchent sont un peu vides de sens, on va dire...
Didou : Moi ça me manque un peu... Après, on est un peu dans la complexité parce qu'on n'a jamais été un groupe à fond engagé ni un groupe qui se cache derrière le côté « moi je suis un poète, je touche jamais à la politique... ». On peut respecter, il y a des artistes comme ça, mais nous on est entre les deux, un peu comme ce qu'à fait Noir Désir dans sa carrière. Ils ne voulaient jamais être complètement engagés, mais il y a des moments où ils ne pouvaient pas s'empêcher de s'engager à fond et des moments ou ils disaient « c'est pas notre rôle ». Nous on est un peu comme ça en fait...

J'avoue que je ne connais pas Sidilarsen depuis très longtemps, l'engagement politique a-t'il souvent été une influence dans votre parcours musical ?

Viber : Alors personnellement, je pense que tout est politique. C'est-à-dire que le choix d'où on va jouer, du prix des places, du merch qu'on vend, ce qu'on fait dans l'associatif, le collectif Antistatic, tout ça c'est politique. La musique actuelle c'est de la culture vivante et la culture est une affaire de politique. Il faut quand même qu'elle soit encadrée, subventionnée, donc à partir de là, vu qu'on a une conscience sociale, qu'on vit dans une société, qu'on occupe une certaine place, qui bouge, qui évolue, on est conscient de ça. Ca se ressent forcément dans ce qu'on dit, dans ce qu'on écrit, même si c'est personnel, il y a toujours une part de politique. Après, si j'ai envie d'écrire un texte sur une rupture amoureuse, ça n'empêche pas, et c'est pareil pour Didou ! On fait ce qu'on veut, on n'a pas été hanté par la politique, mais c'est vrai que plus on grandit, parce qu'on ne vieillit pas nous, on grandit ! Donc plus on grandit, plus il y a des choses qu'on voit, qu'on constate, des choses qui se sont passées, on fait le lien avec les choix politiques qu'il y a eu avec ces évènements. On s'y intéresse, on en parle, voilà. Après, il y a aussi certains morceaux qui ont été écrits par colère, suite à certains évènements. Allez, par exemple l'élection de Sarkozy, tout le groupe était un peu pantois, on a mis une semaine à relever la tête, à ce moment-là on avait besoin d'écrire un morceau de colère.
Didou : C'est primaire, mais c'était nécessaire. Après, pour quelqu'un d'extérieur, qui découvrirait notre discographie sans voir tout le sens politique...
Viber : Ce n'est pas ce qui transparaît d'abord !
Didou : Voilà ! Je dirais qu'il y a un titre sur cinq engagé, mais les quatre cinquièmes qui vont toucher à quelque chose de plus personnel, plus poétique, coller à notre univers.
Viber : On fait ça avant tout pour se faire plaisir et en procurer aux auditeurs, c'est pour partager ça à la base. Sinon on fait un parti politique ! Comme disait Magyd Cherfi de Zebda, c'est un équilibre entre festif et colère et entre poétique et colère. Il parle de colère par rapport à toutes les injustices, tout ce qui ne va pas.

Revenons à la partie plus « musicale », est-ce que vous avez des projets en ce moment ou la tournée vous prend toute votre énergie ?

Didou : Oui on est vraiment à fond sur la tournée, là !
Viber : On fait de la musique, et ça c'est bien !
Didou : Oui, c'est vrai que là on va se calmer un peu niveau politique, bien qu'on va continuer à militer pour les législatives et tout le reste, pour nous il n'y a pas que les présidentielles dans la vie, heureusement, c'est pas du tout l'essentiel, mais là on revient à la musique. Là, tous les week-ends on est sur la route, on est vraiment concentrés sur la tournée, mais petit à petit on se remet à composer, tout doucement. Il y a toujours un besoin viscéral de composer, de créer et de se tourner vers l'avenir aussi.
Viber : De beaucoup tourner ça nous donne des idées, surtout qu'à chaque fois on se dit « là, on va aller encore plus loin » !
Didou : Ouais, on est très ambitieux niveau artistique !

Malgré le fait que vous chantiez en français, y a-t-il des pays où vous sentez que votre musique est particulièrement bien reçue ?

Didou : Alors pour l'instant on est resté dans des pays assez francophones quand même, on devait tourner en Allemagne au printemps mais c'est reporté, ça se fera plus tard. Beaucoup de choses nous laissent à penser qu'en Allemagne ça pourrait bien marcher parce qu'il y a un fan club qui s'est créé spontanément alors qu'on y a jamais joué. Hier on était en Suisse Allemande, ils ne parlaient vraiment pas un mot de français, on avait du mal à se capter, mais ils ont carrément accroché ! Pour moi, la barrière de la langue c'est une connerie dans la musique. Ça me fait rire quand on nous dit « oui mais le chant français, à l'étranger... », en même temps, on a toujours été nuls pour se vendre à l'étranger.
Viber : Pour y arriver, il faudrait essayer, déjà !
Didou : Je pense qu'on fait un complexe, surtout dans le rock, par rapport aux musiques anglo-saxonnes, mais c'est un complexe qui n'est pas justifié. Si on y croyait, on y arriverait, mais o n'y croit pas dès le départ alors... Enfin chez Sidi, on y croit !
Viber : On avait fait une date en Roumanie et ça c'est super bien passé ! C'était flagrant parce que c'est super loin, quand même...
Didou : Ce qui nous faisait marrer, c'est qu'à la fin de certains morceaux, on voyait les mecs qui bougeaient les lèvres, ils commençaient à chanter des trucs en phonétique, c'était génial ! Je pense que ça amène une force supplémentaire à Sidilarsen, qui est une sorte de rock-métal-électro très dansant, mais sur lequel on chante en français, cela créé un truc supplémentaire à l'étranger, je trouve ça très intéressant.
Viber : C'est clair que dans le rock, la première approche est musicale. On écoute la musique avant d'aller voir ce qu'il raconte.

15 ans que vous tournez, quel regard avez-vous sur votre parcours et sur l'avenir de Sidilarsen ?

Viber : Je pense qu'il y a de quoi être assez fiers d'avoir traversé pas mal d'épreuves, d'avoir tenu, d'être ensemble et d'arriver à se faire encore plaisir, puisque c'est ce qu'on recherche avant tout !
Didou : C'est vraiment un travail permanent d'écoute, de dialogue, de positivisme. On a eu besoin de reprendre les rênes du groupe il y a deux ans parce que ça se passait pas bien avec les maisons de disque, plein de raisons... Beaucoup d'épreuves humaines, des problèmes de santé mentale et physique... Mais aussi beaucoup d'émotions fortes, d'émotions positives, de moments de joie fantastiques sur certains concerts, des choses vraiment exceptionnelles ! Je pense qu'on ne voudrait pas changer de vie.
Viber : Si c'était à refaire, je le referais !
Didou : On a eu des caps difficiles à passer, mais là on s'est vraiment bien relancés et on repart pour un moment ! On a trouvé une indépendance plus forte que jamais, on est encore plus indépendants qu'à nos débuts. On a eu des phases où on est rentrés un peu dans le système... Bon c'était un système indé, mais là on est de plus en plus indépendants, grâce à internet notemment...
Viber : On est maîtres de nos choix.
Didou : D'arriver à monter une tournée comme celle qu'on est en train de faire en étant complètement indépendants, en ayant fait le choix de ne plus avoir de maisons de disque, ça nous donne beaucoup d'espoir en fait...

De voir qu'on peut vivre dans la musique avec un shéma groupe/fans sans intermédiaires ?

Didou : Voilà, ça nous a sacrément renforcés et surtout ressoudés. Parce qu'on a une équipe derrière nous qui est très importante. Il n'y a pas que les cinq musiciens, il y a aussi toute une équipe de travail autour. Maintenant, on sait avec qui on travaille et pourquoi. Enfin bon, je dis ça, peut-être on va exploser dans deux ans, j'en sais rien.
Viber : Ha ça, on peut pas savoir.

Mais c'est peut-être pas si mal de réussir à vivre de ce qu'on aime sans être non plus trop « mainstream »... Peut-être que vous ne seriez pas aussi humbles que ce que vous êtes maintenant !

Didou : Si je peux dire quelque chose pour conclure, c'est qu'en quinze ans de parcours, on a eu une ascension très lente, on a un parcours de terrain, où on a gagné le public grappe par grappe, concert par concert, le système médiatique parisien ne nous a pas beaucoup aidé... Mais en même temps, c'est peut-être une aide aussi parce qu'on a vu tant de groupes se propulser et chuter derrière. La chute est très difficile psychologiquement. Quand tu as vécu le meilleur, après c'est dur, nous on s'est renforcés d'année en année, tout le temps... Ce que je dirais sur ces quinze ans de route, c'est ça, plein d'épreuves mais on s'est renforcés, renforcés, et on en a vu tellement arriver puis disparaître comme un feu de paille...
Viber : On a le plaisir d'occuper une place. On existe sur la scène française, en temps que groupe qui tourne et qui est respectable.


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Sidilarsen cite Prodigy, NIN, Rammstein ou encore le groupe français Noir Désir comme influences importantes.

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