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"La Part des anges",
le nouveau millésime de Ken Loach

La part des anges, c'est cette petite quantité d'alcool qui s'évapore durant le vieillissement en fût de ce dernier. C'est aussi le sujet du dernier film de Ken Loach, le vétéran britannique du cinéma.


Loach n'en est pas à son premier chef d'œuvre ; souvenez-vous des films "Just a Kiss", "It's a free world" et "Le vent se lève", pour lequel il a reçu la palme d'or du Festival de Cannes. D'ailleurs, le festival, Ken le connaît. En 2012, il y présente un film pour la 17ème fois.
Le réalisateur n'est pas non plus un novice des chroniques sociales pessimistes. Pourtant ici, contrairement à nombre de ses productions, tout ne semble pas irrémédiablement perdu. L'alcool, d'ordinaire associé dans le sens commun à la débauche, à la descente aux enfers, sert ici de deus ex machina donnant aux protagonistes une seconde chance, une échappatoire à la fatalité sociale dans laquelle ils semblent embourbés. L'enfer, les personnages le connaissent déjà. Il s'agit d'un quotidien déprimant et sans espoir, une misère sociale de tous les jours.

Le casier judiciaire de Robert (Paul Brannigan), jeune voyou écossais, est loin d'être vierge. Sans emploi, sans réelles perspectives d'avenir, Robbie échappe de peu à son énième condamnation en prison pour violences. Parmi les autres têtes brûlées de Glasgow, il n'a pas que des amis. Les rues de la ville ne sont jamais sûres pour lui. Et quand, enfin, semble se présenter à lui une raison de changer, de fonder une famille, d'assumer des responsabilités et de devenir adulte, c'est pour poser d'autres troncs d'arbre sur son chemin. Léonie est enceinte, mais son père refuse de la voir gâcher sa vie avec un délinquant. Robbie ne demande qu'à être père, à s'intégrer ; il aimerait tant qu'on l'acquitte de ses erreurs passées et qu'on le laisse débuter sa vie d'amant et de père responsable. Mais, dans la ville nimbée d'un brouillard aussi épais que l'accent des Glaswegiens, son étiquette de loubard à la gueule cassée lui colle à la peau.

Le coup de pouce, le billet de sortie hors de ce dépouillement social, survient de la manière la plus insoupçonnable. En effectuant ses heures de travaux d'intérêt général, il se lie à Harry (John Henshaw), son agent de probation, qui le prend sous son aile et lui fait le plus beau des cadeaux. Après des années de médiocrité, Robbie se découvre un véritable talent et une passion : la dégustation de whisky, pour laquelle il a un incroyable nez, que les conseils et l'initiation d'Harry achèvent de développer. Et quand est découvert et mis aux enchères un fût entier du whisky le plus rare et le plus follement onéreux du monde, une idée germe dans son esprit et celui de ses camarades d'infortune… Commettre un ultime larcin, se mettre en quête du nectar divin, le breuvage qui leur permettra de s'évaporer du fond de leur tonneau, et de parvenir, qui sait, à tout recommencer.

On a peu l'habitude de rire autant lors d'une projection signée Ken Loach, bien au contraire. L'alchimie entre tragédie et comédie prend parfaitement. Le drame n'est plus seulement un drame, un tableau sombre et brumeux des difficultés sociales d'un Royaume-Uni en proie à une explosion du chômage. C'est un message d'espoir, une épopée qui n'assène pas une morale mais montre que le bout du tunnel peut être proche, même caché derrière les fumerolles denses du brouillard des Highlands.

"La Part des anges", sorti le 27 juin 2012.


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