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©Eric Didym

Le théâtre d'été vous enseigne le Savoir-vivre

Les Arts en liberté, le festival de Saint-Dié, a accueilli mardi 10 juillet 2012 la nouvelle production théâtrale signée Michel Didym et Catherine Matisse, inspirée de Pierre Desproges : "Savoir-vivre".


Certains auteurs ne s'arrêtent pas de parler et de faire parler d'eux, même après leur mort. C'est le cas de Pierre Desproges, qui semble revivre à l'occasion du festival "Les arts en liberté", à Saint-Dié-des-Vosges, et de la première édition du Théâtre d'été, évènement inauguré par le Théâtre de la Manufacture. Il faut en remercier les créateurs et interprètes de la pièce grinçante "Savoir-vivre". Le metteur en scène et directeur artistique du Théâtre de la Manufacture, Michel Didym, forme sur scène un duo de qualité avec la comédienne Catherine Matisse. Notulus s'est entretenu avec les acteurs.

Bonjour Michel Didym et Catherine Matisse. Dans "Savoir-vivre", vous adaptez des textes de Pierre Desproges, mort il y a déjà 24 ans. Pour vous, quelle était la raison derrière cette volonté d'adapter Desproges ? Etait-ce une forme d'hommage ?

Catherine Matisse : Oui, tout à fait, mais ce n'est pas une adaptation. C'est le texte de Pierre. On l'a mis au théâtre, on a fait un montage de plusieurs textes, de plusieurs thèmes. J'ai une fille de 19 ans qui ne connaissait pas Pierre Desproges, ne l'a jamais vu ni rencontré. Et c'est vachement bien, pour elle.

Michel Didym : Oui, le but, c'était de faire découvrir Desproges à une génération qui ne l'a pas connu ou qui ne le connaît que par ouï-dire, ou peut être parce que leurs parents leur en ont parlé. C'était aussi de faire connaître l'humour engagé de quelqu'un qui a fait de sa vie un travail quotidien sur l'écriture et sur la mise en perspective de sa vie quotidienne, sa maladie, ses rapports intimes et ses rapports professionnels… Tout ce que ça lui avait apporté, il le transmettait à ses textes. Il avait aussi une grande culture classique, qui lui permettait de mettre en perspective beaucoup de choses et de les redonner avec une teinte et un humour très précis, une façon très particulière et personnelle d'engager à la fois son rapport philosophique à la vie, et tout ce qu'il voyait dans l'actualité. Cette manière d'assembler est totalement contemporaine et valide aujourd'hui. Puisqu'on était à la recherche d'un projet pour ce théâtre d'été, nous avons décidé que pour cette première, il fallait trouver un texte très rassembleur, dans le sens où le public sait manifestement qu'il va avoir affaire à un auteur comique, mais sait qu'il y a un certain nombre de valeurs, comme la religion, le mariage, disons traditionnelles de notre civilisation…

Catherine Matisse : La fête des mères, des pères…

Michel Didym : …Autant d'évènements qui jalonnent la vie d'un être civilisé, que Desproges a mis en perspective et inverse totalement dans sa façon quotidienne de vivre. Donc « Savoir vivre », c'était à la fois un projet qui, pour nous, était rassembleur, car trans-générationnel. C'était aussi une façon très évidente de rendre accessible au plus grand nombre un projet théâtral.

J'ai cru lire que vous aimiez particulièrement l'auteur, le dramaturge, au-delà du chroniqueur, du comique ; vous avez utilisé l'expression « bouffon tragique ». Pourquoi cet intérêt ?

Michel Didym : Parce qu'on s'est rendu compte, avec Catherine Matisse, que les gens se souviennent sans doute de Desproges comme d'un bouffon tragique, un grand acteur comique, mais que ça faisait écran à l'auteur. Or, un peu comme Molière, qui était aussi un grand acteur comique, on a la chance que ses écrits aient été publiés. Moi, c'est par la littérature que je l'ai connu. J'ai d'abord trouvé son texte dans des éditions très sérieuses, puis je me suis intéressé à l'intégralité de son œuvre. Nous avons ensuite rencontré Hélène, son épouse, qui nous a donné des inédits. On a fait tout un travail de recherche qui nous a amenés à composer tout un triptyque. La fin de ce triptyque, c'est « Savoir-vivre », que j'ai la chance d'interpréter en compagnie de Catherine. Le spectacle représente notre intérêt particulier pour cet auteur, qui est un fonds de trésor inépuisable.

Est-ce que vous avez un mot à rajouter ?

Catherine Matisse : Non non, je trouve ça super. (rires)

J'ai cru comprendre que le titre était une référence à son livre, "Manuel du savoir-vivre à l'usage des rustres et des malpolis". Cette référence directe signifie-t-elle que ce livre était particulièrement représentatif de son œuvre ?

Michel Didym : Ce n'est pas qu'elle est représentative. C'est qu'à l'intérieur de "Savoir-vivre", il y a une trame, un mode dramaturgique qui nous a servi de colonne vertébrale pour composer la création qu'on joue ce soir à Saint-Dié. C'est à partir de "Savoir-vivre" qu'on a élaboré le corps du texte.

Vous utilisez des textes de Desproges qui ont déjà été publiés, ainsi que des inédits. Ces derniers vous ont-ils aidés à découvrir une nouvelle facette de l'écriture de Desproges que vous voulez justement faire transparaître au travers de cette nouvelle création ?

Michel Didym : Oui, sur les inédits, il y a effectivement des choses qui ont été intégrées dans le spectacle, mais on l'a principalement envisagé autour de textes et de thématiques peu connus du grand public. Nous avons commencé dès le mois de Décembre, avec Catherine, des séances de dramaturgie assez intenses, pendant lesquelles on a lu beaucoup de choses, réuni de quoi faire un très long spectacle. Finalement, on a dû trancher et réduire, épurer, se séparer, hélas, de choses magnifiques, de textes qui vous auraient sûrement beaucoup plu, mais qui soit ne collaient pas à la thématique, soit étaient trop proches d'autres thématiques. On avait besoin d'être précis et de ne pas oublier qu'on était en train de composer un spectacle et qu'il fallait, à l'intérieur même d'un spectacle…

Catherine Matisse : …Avoir un début et une fin. (rires)

Michel Didym : Oui, par exemple, un début et une fin. Et surtout, avoir un propos qui tienne en haleine le public pendant toute la durée.

Comment avez-vous eu l'idée d'adapter cette pièce sous la forme d'un duo ?

Catherine Matisse (parlant à M.Didym) : Ce sont des choses que tu as déjà faites, en fait…

Michel Didym : Oui, c'est-à-dire que très souvent, il y a dans l'humour de Desproges des moments où il travaille, par exemple, sur la misogynie. C'est bien sûr de la fausse misogynie. Aussi, les gens de droite disaient qu'il était de gauche, les gens de gauche disaient qu'il était de droite, or on voit bien qu'il était un homme libre. Et un homme libre dit ce qu'il pense, de qui que ce soit, la droite comme la gauche. Il a sa liberté de penser. La connerie humaine est, ma foi, librement partagée. Dieu a, dans son infinie sagesse, librement distribué sa connerie autant à droite qu'à gauche, en matière de politique par exemple, mais autant sur les hommes que sur les femmes en matière de sexe. Il reprend les lieux communs, un peu comme le Dictionnaire des idées reçues de Flaubert, sur la présupposée supériorité de l'homme par rapport à la femme… Pour moi, le choix d'une interprétation féminine contribue à faire entendre de manière totalement différente le texte public, à faire prendre conscience que l'écriture de Desproges est au-delà de l'histoire d'un type qui plaisante. C'est un auteur qui vous explique les façons dont la société s'est emparée d'un certain nombre de thématiques. Il s'en sert pour nous faire pointer du doigt tous les dysfonctionnements, à la fois dans notre société et dans notre propre pensée.

Comment vous est venue l'idée d'une collaboration entre vous deux, personnellement, comédiens ?

Michel Didym : Moi je suis le metteur en scène, et j'ai proposé à Catherine de jouer avec moi, parce qu'il me semblait qu'elle avait l'humour et la capacité de donner une lecture très précise et particulière de Desproges. Et j'ai eu le nez creux, puisque je crois qu'elle apporte beaucoup de bonheur au public. Elle s'est approprié les thématiques et les textes de Desproges, et on a fait un travail de complicité complète pendant toute cette création.

Catherine Matisse : Et puis on est tous les deux lorrains d'origine. (rires)

Michel Didym : Oui, comme on est tous les 2 lorrains, il était question de créer pour le théâtre d'été une création par des lorrains et pour des lorrains. On s'est dit que c'était intéressant, à la fois d'un point de vue personnel et artistique.

Après celle-ci, projetez-vous de créer une autre pièce tirée d'écritures d'autres artistes, dans le même genre que celle-là ? Ou tirée d'autres écrits de Desproges ?

Michel Didym : Non. Concernant Desproges, pour l'instant, c'est le dernier volet du triptyque. Nous avons créé, avec le Centre Dramatique national de Nancy, "Les animaux ne savent pas qu'ils vont mourir", puis "chroniques d'une haine ordinaire". Je ne sais pas si ça a déjà été joué dans les Vosges… Je ne crois pas… Et cette pièce, "Savoir-vivre", conclut le triptyque. Après, il y a d'autres projets à venir. La saison prochaine, en 2013-2014, nous allons faire un autre projet avec Catherine Matisse. Mais là, c'est encore un peu trop tôt pour en parler parce que c'est top secret. Il y a certains projets qu'il ne faut pas éventer avant d'être sûr que quand on retire la cloche, tout ne s'envole pas.

Avez-vous un dernier mot pour les lecteurs de Notulus ?

Michel Didym : Non, juste : sortez, allez voir du théâtre… Il fait beau, il fait bon… Bougez. (rires) Sortez, allez au concert, allez au cinéma… C'est la vie ! Quittez vos télés, quittez vos écrans d'ordinateur ! Allez rencontrer les autres !


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