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Svensson

Membre du groupe : Steve Axel B., aka SvenSson : voix et guitare (live et studio), batterie, basse, piano et accordéon (studio) / Emilie Cabezas : violon, alto / Marc Denis : guitare / Renaud Marquié : basse et "cellobasse" / Autres musiciens : batterie, piano, divers instruments

Une Histoire Pop Biomoléculaire

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« J'avais quitté le Sud au coeur noir de novembre... »

Carmaux, 1989. --- --- --- Au lycée de la petite ville minière, dans le midi toulousain, le petit Steve vient d'avoir quatorze ans. Depuis quelques temps, ses ami(e)s, pour d'obscures raisons, l'appellent SvenSson. Une d'entre-elles, le cheveu en pétard et l'oeil saturé de khôl, lui prête "Disintegration", le dernier album des Cure. La cassette ne quittera pas son walk-man pendant plus d'un an. Mais, en même temps que "LoveSong", les radios passent en boucle les chansons d'un rural à peine plus nordique qu'on appelle Murat. Il faudra dix ans à SvenSson pour s'avouer le trouble ressenti à l'écoute de ces harmonies légères et pessimistes. Lentement, pourtant, le venin de cette chanson française désespérée, inoculé si furtivement qu'il en était presque oublié, se mêle dans son sang aux toxines Curesques massivement perfusées. Peut-être est-ce la résurgence en ses neurones, au tournant du millénaire, de ces drogues synergiques, qui est à l'origine de la musique que SvenSson propose aujourd'hui ...

--- --- --- Entretemps, une décennie s'écoule, partagée entre science et pop. SvenSson achète en 1990 un synthétiseur suranné et une boîte à rythmes, et répète dans des chambres exiguës et des garages poussiéreux avec d'autres ados du coin. Son peu d'intérêt pour la variété-rock des années 60 à 80 qui s'y pratique le pousse toutefois à se retrancher souvent dans l'écoute des monuments de la cold-wave et du post-punk qu'il découvre alors, surtout Joy Division et les Cure des heures sombres. C'est aussi le temps des premières compositions, seul avec un séquenceur, pour des textes où pointe déjà la vénération de la rime, et des orchestrations où la naïveté pop le dispute à la noirceur. Puis ce sera en 1994 le premier vrai groupe, monté à Toulouse avec le frangin (Sedj), l'ami d'enfance (Toon's), le pote de lycée (Philippe) et le copain de fac (Anthony). SvenSson est le batteur de ces Dark Whispers très « brit-pop » qui donneront une petite dizaine de concerts dans le midi toulousain et enregistreront en 1997 "Feel Like The Man", une démo posthume 6-titres. A la dissolution de cette éphémère formation, SvenSson continue de composer, souvent avec Sedj, qui partage nombre de ses références. Les deux frangins montent alors en 1998 le projet Strange Boys, un groupe virtuel sous l'identité duquel Sedj et SvenSson commettent, au bout de deux ans de travail en pointillé, un CD 10-titres aux saveurs «revival-new-wave» avant l'heure. "Unknown To The Sun", est un album-démo charnière, le dernier témoignage d'un certain monolithisme hérité du pop-rock pour corbeaux …

90's

2001

« On se savait condamnés. On se savait seuls au monde... »

Toulouse, 1999. --- --- --- Parallèlement à ses premières explorations des continents de la pop, SvenSson a mené ses études au pas de charge. Il se retrouve à 25 ans docteur en biotechnologies et plus écartelé que jamais entre ses obsessions musicales et biomoléculaires. L'atmosphère d'orage immobile qui plombe le crépuscule du siècle, les voyages celtiques et littéraires que le garçon entreprend alors, les poisons endormis de la chanson française angoissée qui se réactivent enfin ... toute une coalition se met en place, prête à bouleverser l'ordre intérieur et musical de SvenSson. C'est également l'heure pour le biologiste de prendre conscience qu'il n'est décidément pas un musicien de groupe et que c'est désormais en auteur-compositeur-interprète à part entière, et en solo, qu'il devra assumer cet univers nouveau. SvenSson se souvient alors de son surnom de 1989, et l'adopte pour de bon. Il finit de mettre en boîte "Unknown To The Sun", liquide les Strange Boys, et se remet à l'écriture ...

--- --- --- Les contours du premier bricolage solo de SvenSson mettront plus d'un an à se dessiner. Le bonhomme enregistre lui-même en 2001 (en home-studio) toutes les parties de guitare, de basse, de claviers et de programmations rythmiques d'une dizaine de nouveaux titres, puis se rend au printemps 2002 dans les murs du label ELP ! Records, dans la campagne toulousaine, pour les prises de voix de ce qui deviendra "SodiuM". Mixé et masterisé par Sébastien Chaigneau (Dimi Dero, Punish Yourself, Wok ...), l'album sort à l'automne 2002, commence son parcours sur les ondes de quelques radios, et SvenSson fait ses premiers pas sur scène dans une configuration mi-acoustique mi-électro-folk, accompagné du placide Toon's à la guitare et de la pétillante Marine Bilwès aux choeurs. L'accueil de la presse est souvent réconfortant ("SodiuM" est référencé dans Rock Sound, et Longueur d'Ondes le qualifie de "collision improbable de la chanson muratienne et du rock cold-wave des Cure" ...), et le public reçoit chaleureusement ses concerts intimistes. Pourtant, SvenSson n'en est pas moins conscient que ses compositions n'ont pas encore trouvé toute l'expression discographique et scénique qui leur conviendrait. Mais les nouveaux titres que le garçon écrit depuis quelques mois, et les belles collaborations qui commencent à se dessiner dès 2003, vont l'amener lentement vers les terres musicales qu'il rêvait de fouler.

--- --- --- Depuis quelque temps, SvenSson est tombé sous le charme du rock anglo-saxon mélancolique et subtil que distille un quatuor toulousain spécialement inspiré : Wok. Le courant passe très vite entre le garçon solitaire et les membres du groupe : quelques répétitions s'enchaînent et, très rapidement, un EP 4-titres voit le jour. Sorti du studio de La Grange Magnétique à l'été 2003, "La Chute des Corps" se révèle être une avancée majeure dans l'exploration de cette «chanson post-new-wave», imaginée par SvenSson et catalysée par Wok. Et dès l'automne, alors que les radios commencent à s'intéresser de plus près au «cas SvenSson» (avec notamment des diffusions dans «Les Indés» du Mouv'), le garçon reprend le chemin de la scène, n'hésitant pas à alterner concerts électriques torturés (partagés avec Wok), et sets acoustiques maniaco-dépressifs (entouré de l'inventif et protéiforme Tom Bone à la guitare folk, d'un alto surprenant et d'une viole de gambe improbable). La mini-tournée «acoustico-électrifiée» se poursuit en début 2004, le violon solo de Myriam C. se substituant au duo automnal de cordes baroques. Le public du Grand Sud, qui découvre SvenSson sur la scène des festivals (dont Pause Guitare avec Cali et les Têtes Raides, le Winter Rock, le Pop In Rio, l'Open des Abattoirs) et en première partie de Blankass ou de La Grande Sophie, commence à cerner l'étrange univers poétique du garçon, à se laisser griser par cette alternance unique de décharges pop frénétiques et de moments de grâce nue à fendre les pierres. Et comme SvenSson est parallèlement saisi d'une frénésie d'écriture que rien ne semble pouvoir arrêter, le projet d'un nouvel album grandit, mûrit, embellit...

--- --- --- L'été 2004 est studieux en studio... Aux nouvelles versions de deux morceaux déjà présents sur l'EP "La Chute des Corps" ("The Wild Geese" et "Reconquista"), se sont ajoutées dix pièces nouvelles, maquettées par SvenSson et l'infatigable Marc Denis. Au petit studio toulousain Solstice, pour la mise en boîte définitive des douze titres, SvenSson et Marc sont rejoints par le batteur David Granier (Natalie M. King, La Grande Sophie...), par le guitariste Patrick Fretin (Wok), par un trio de «guests» aux cordes (Géraldine Devillières au violoncelle, Marie Legendre à l'alto, et Myriam C. au violon) et par deux membres éminents du «canal historique» (Marine Bilwès et Toon's, pour un "Mauvais Sort" ludique et pervers). C'est ensuite au tour du sorcier genevois David Weber (Mickey 3D, Young Gods, Wok ...) de réaliser en septembre, en son mythique studio des Forces Motrices, un de ces mixages dont il a le secret. Le résultat est surprenant ... et attire l'attention de Dominique Marie (connu pour son travail auprès d'Hawksley Workman, The Servant, etc.) et de la maison parisienne Productions Spéciales qui signe l'album. Sombre et léger, cryptique et poétique, le nouveau single "Escort Boy" édité en décembre 2004 (avec "Les Cités Obscures", "Reconquista" et "Elle N'Aimait Pas La Mer" en pistes bonus) en propose un avant-goût alléchant…

--- --- --- Baptisé "Aux Jours Meilleurs", l'album paraît en mai 2005 sur le micro-label Forget-Me-Not Records, distribué par Productions Spéciales. L'opus est immédiatement repéré par Les Inrockuptibles (qui saluent cette forme de «new-wave anglaise chantée en français littéraire»), Abus Dangereux (conquis par «l'affectation détachée, les guitares félines, les entrelacs de cordes désabusées, les textes amers, le refus de l'enfermement dans un style particulier…»), Rock One (séduit par ce «doux voyage»), ou encore Guitar Part (qui se délecte de cette «potion qui aurait été préparée avec grand soin par Robert Smith et Etienne Daho»). Les radios du pays ne tardent pas non plus à découvrir ces chansons inclassables : SvenSson est invité à se produire en session acoustique au "Fou du Roi" sur France Inter et aux "Maîtres-Chanteurs" sur Sud Radio, et l'album, sélectionné pour les Découvertes d'Europe 2, se retrouve diffusé sur FIP, Sophia, le Mouv', et sur une multitude de radios locales. Les ondes du reste du monde s'y intéressent également : d'Argentine au Japon, d'Australie au Canada, en passant par l'Allemagne, les Etats-Unis, l'Italie, le Brésil, la Russie, les nouvelles chansons de SvenSson se font entendre un peu partout sur la planète. Sur scène, dans une configuration "quatuor folk baroque" inédite (avec Marc Denis à la guitare, Emilie Cabezas au violon, et Eugénie Ursch au violoncelle), SvenSson enchaîne sur une tournée de trente concerts, croisant des elfes au passage (Daniel Darc et son élégance désespérée, The National et leur rock flamboyant, Andrew Bird et son folk de magicien, Verone et leur pop surréaliste...), et visitant quelques scènes mythiques (La Boule Noire à Paris, El Castell Embruixat en Catalogne…). Même le Danemark, qui accueille une mini-tournée du faux-suédois à l'automne 2005, se laisse voluptueusement surprendre par cette french pop aux teintes contrastées, sûrement plus proches du changeant ciel scandinave que du désespérant bleu clair du Sud. Le "Tour des Jours Meilleurs" s'achève en juin 2006 par un Summer Festival émouvant, à Cap Découverte, près de Carmaux : accompagné de sa petite troupe, sur les terres mêmes qui l'ont vu grandir, SvenSson se livre à une prestation acoustique brève et hypertendue qui ne laisse personne insensible. La boucle serait ainsi bouclée ?

--- --- --- Non, la boucle n'était pas bouclée. Deux années passées à chanter les "Jours Meilleurs" n'avaient pas étanché la soif d'écriture de SvenSson. Bien au contraire, pop, rock, folk, chanson, cold-wave, continuaient de s'entrechoquer, plus que jamais, dans les neurones du garçon. Mais plutôt qu'en un frénétique kaléidoscope maniaco-dépressif comme sur "Aux Jours Meilleurs", le frêle alchimiste semblait désormais vouloir que cette immense énergie collisionnelle n'explose plus qu'en perles noires, toutes beautés rassemblées pour dire l'indéfectible tristesse qui recouvrait tout. Car la Perdition est passée par là, laminant les amours, lessivant les illusions. Alors, de sa voix inquiète et profonde d'ange déchu, du symbolisme pluvieux et du romantisme anthracite de ses textes, des entrelacs curieux de ses harmonies, SvenSson a décidé de lui construire un monument, fragile et puissant, … Il s'appellera "Perdition", justement... Le garçon en livre un premier aperçu fin 2006 sur un EP 4-titres baptisé "Silicium", que Les Inrockuptibles acclament déjà comme un "joli grain de sable dans les rouages rutilants de la chanson française NF". Il est vrai que cette "pop littéraire et ombrageuse" révèle une voix plus pure, à mille lieues des maladresses attachantes mais parfois agaçantes d'"Aux Jours Meilleurs", et magnifie des orchestrations légères et nerveuses comme SvenSson et Marc Denis n'avaient pas encore su en écrire jusqu'ici : outre le titre éponyme qui mêle classieusement les cordes de Gainsbourg et de Colombier aux guitares de Johnny Marr et de Robert Smith, on y voit la douce folie d'"Echolalie" raviver avec grâce les couleurs passées du temps où SvenSson et Wok fourbissaient ensemble leurs armes post-wave, on y entend le chef d'oeuvre de poésie glaçante et saturée "Tout l'Or du Monde" pleuvoir tout ses poisons funestes, on y sent enfin la longue litanie franco-russe de "Décomposition" exhaler ses plus noires obsessions, De quoi annoncer, avec le névrotique carnet de voyage japonais "Roppongi" dévoilé quelques mois plus tôt sur scène, un album des plus prometteurs...

--- --- --- Les promesses seront tenues. Signé par Boxson/Anticraft, "Perdition" fait l'unanimité dès sa sortie au printemps 2007. Rock Mag y voit un album "palpitant d'une superbe matière, enivrant de parfums forcenés, trépidant de chairs", Rock&Folk salue ce "personnage enfiévré, sa voix habitée, sa pop sans concession", Rock You tire son chapeau à cette "poésie du sombre que SvenSson décompose et recompose, détaille et retaille", cette "syntaxe chirurgicale confondante", cette "Perdition vertigineuse", ce "traitement qui devrait être administré à tous ceux qui sont malades de Bashung, Experience et The Cure", quand Start'Up apprécie sans modération ce "soupçon de maniérisme dandy", cette "sensualité à fleur de peau", ce nouveau "prince noir du rock français", et Francofans s'incline devant cette "élégance sombre", cette "voix grave et blessée", cette "plume riche et surréaliste qui ose faire flirter la langue française avec un rock brut et glacial". Pourtant, la production reste complètement "lo-fi" et "entre amis", SvenSson jouant de presque tous les instruments lui-même, simplement rejoint sur quelques titres par son trio d'acolytes scéniques, Marc Denis pour quelques guitares et basses, Emilie Cabezas pour le violon et l'alto, et Eugénie Ursch au violoncelle. Le tout est enregistré, mixé, et masterisé avec les bouts de ficelles du minuscule studio Coleksongs à Toulouse : peut-être les conditions idéales, finalement, pour capturer toute l'essence vénéneuse de la "Perdition" de SvenSson avant qu'elle ne s'échappe.. Quelques titres voient toutefois la première apparition de Mathieu Geghre sur une production SvenSsonienne : un pianiste inspiré et virtuose dont on reparlera sûrement, et pas seulement pour ses arpèges subtils et déglingués auprès de SvenSson. Le morceau éponyme et inaugural de l'album voit également le retour à la basse de Renaud Marquié, l'inventif ex-multi-instrumentiste de Wok, en pause de son projet solo Pollen : une re-collaboration qui va se prolonger sur scène tout au long du "Perdition Tour", et au-delà... Cette nouvelle tournée sera plus brève que celle des "Jours Meilleurs", mais marquera les esprits encore plus nettement : les singles "Fucking Shit" et "Ô", déjà mis en lumière par les videos-clips joueurs et pervers de François Nemeta (réalisateur-magicien pour Biolay, Souchon, Cali, Da Silva...) et de Cheval Vert, mais aussi le rock obscène de "Partout", la langueur radioactive de "Ladoga" (hommage touchant aux amours russes évanouies sur fond de générique de "Maigret"), et l'émotion contenue de "vieux" titres comme "Etoile Rouge", "L'Hymne", ou "On Better Days", prennent une nouvelle dimension ample et pourtant intimiste, et happent, aspirent, enveloppent un public marqué au fer rouge. Eugénie Ursch et son violoncelle quittant le navire, ce sont Renaud Marquié et sa "cellobasse" (une basse "stick" parfois jouée avec un archet de violon ou de contrebasse) qui imprimeront une rythmique plus nerveuse, soulignant le violon toujours plus soyeux d'Emilie Cabezas et les guitares rondes et anguleuses de SvenSson et de Marc Denis. Toujours intégralement acoustique, l'élégant quatuor investit le Café de la Danse et le Réservoir pour deux concerts parisiens saisissants de beauté, et promène ses chansons tendues et perverses des Alpes aux Pyrénées, en compagnie de Miossec, de Prohom, de Da Silva, de Miro, et même des revenants américains The Posies... De bien beaux concerts au pays... Mais la surprise viendra de l'autre bout du monde...

--- --- --- En décembre 2007, SvenSson et son "band" débarquent à Sydney. Suite à quelques échanges sur Myspace, le plus international des alchimistes toulousains sympathise avec le nouveau Dylan australien, le rocailleux Jo Meares, et ses amis musiciens des antipodes, la touchante chanteuse Liz Martin, le violoniste-banjoïste-guitariste-etcaeteraïste Michael Bridges, et le crooner melbournais Charles Jenkins. Cette "Aussie Connection" tombée sous le charme de la French Pop de SvenSson l'invite à se produire dans quelques pubs étriqués mais incontournables (le Sando et l'Excelsior de Sydney, le Retreat de Melbourne), à se guinder dans un des plus beaux clubs de jazz du pays (le Manchester Lane de Melbourne), et à se saoûler lors de concerts absurdes pour des étudiants en architecture ou des body-builders neo-metal. La presse locale s'empare du phénomène : le plus grand quotidien de Melbourne (The Age) et l'un des principaux magazines musicaux du pays (Beat) consacrent à "Perdition" des chroniques dithyrambiques. Les radios leur emboîtent le pas, et la petite troupe se retrouve à enregistrer des sessions "live" d'une heure sur SBS Radio, et à répondre à l'invitation d'un des plus fameux shows radios du pays, "Vital Bits" sur 3RRR : là, dans les studios chaleureux de cet équivalent australien du Mouv' ou de Ouï FM, SvenSson et ses musiciens tentent d'expliquer les fondements de leur french-wave aux auditeurs océaniens médusés par une interprétation acoustique virevoltante du single "Fucking Shit" et une revisitation subtile et mélangeé de deux standards de Muse et des Cure malicieusement baptisée "Starlight Like Heaven"... Secoués par ce buzz, deux labels australiens, et non des moindres, demandent à signer les futures productions du toulousain et proposent leurs services pour organiser une nouvelle tournée en 2009. Et après l'Australie, c'est au tour du Japon de s'iintriguer du phénomène. Le label Ward Records sélectionne "Fucking Shit" pour la nouvelle édition de sa compilation "French Pops", dont la première édition s'était classée n°2 des ventes sur iTunes. Et déjà on propose à SvenSson une tournée au pays du Soleil Levant....

--- ---- --- Tout ceci tombe très bien : nous sommes en 2008 et SvenSson a déjà un nouvel album à proposer à tous les publics du monde... Pourtant les concerts sans filet d'un "Perdition Tour" sans fond avaient presque tari l'inspiration du garçon, presque éteint son envie. Mais les muses reviennent souvent au moment où on les attend le moins, en décalage horaire à Boston, en ébriété à Sydney, en apesanteur aux bords du Rhin... SvenSson laisse de nouveau couler les eaux sulfureuses de textes spontanés, de mélodies courbes et sexuées, d'arrangements surprenants de piano, de violon, de concertina et d'electronica : "Dig", "Babychka", "Barely Legal", "Traverse-Moi", les nouveaux titres inspirés s'enchaînent. "Tanzerin Trinkerin Fickerin", "Dalton Ames", "Dick Street" chantent l'amour tordu au plus près des muqueuses. Incroyable reprise mélangée de Gainsbourg célébrant B.B. et du « Henry Lee » de Nick Cave & P.J.Harvey, "Initials P.J." touche les cieux... C'est décidé, le nouvel opus sera baptisé "Cyprine". Une telle célébration de la pureté sombre de l'amour et de la chair ne pouvait s'appeler autrement... Attendu pour début 2009 en Océanie, en Asie, et en France, l'album sera évidemment revisité par SvenSson pour la scène, histoire de ne jamais cesser de surprendre. Avec sa violoniste veneto-andalouse, son guitariste ombrageux et son cellobassiste improbable, parfois rejoint par un pianiste et un batteur, l'alchimiste french-wave prépare déjà des concerts sombres et lumineux, pour chanter sans faillir la perte de l'innocence, les amours spectrales indélébiles, l'appel des éthers et des abysses, la beauté fatale de l'errance.., Le "Cyprine Tour 2009" autour du monde qui s'annonce sera-t-il précédé à l'hiver d'un … "Tour des Préliminaires" ?...
« On bravera les glaces de ton coeur. On boira du vin azéri... »

Krasnaïa Zviozdotchka, 2009. --- --- --- Des archéologues ukrainiens et petersbourgeois découvrent, sur un site abandonné aux confins des pays scythe et varègue, un étrange fragment d'astre rouge constellé de reflets bleu baltique. L'étoile vénéneuse résiste à toute datation, irradiant obstinément l'air des steppes de vagues lueurs martiennes … Mais ceci n'aurait rien à voir avec l'histoire de SvenSson.

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Perdition
Perdition - (2007)