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BĂ©nabar

Membre du groupe : Bruno Nicolini

Infréquentable ? De tous les sentiers de randonnée qu'offre la chanson, ceux de Bénabar sont parmi les plus fréquentés. Prenez son précédent album studio, il y a trois ans, Reprise des négociations : 1 300 000 exemplaires, carton. Comme la tournée qui s'en est suivie, remplie à ras bord jusqu'au Bercy final.

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Alors, infréquentable, le chanteur qui a gagné ses galons d'artiste populaire ? le consensuel chroniqueur de la vie comme elle va, avec ses moins bien et ses peut mieux faire, ses copains de toujours, ses amours à jamais, ses espoirs et ses estropiés ?

Ca, c'est le Bénabar que tout le monde connaît. Ou croit connaître. Car le même, entre deux croquis cocasses de personnages familiers (voyez votre miroir ou celui du voisin), glisse des encres et des notes plus noires. « C'est vrai, il n'y a pas que de quoi se réjouir », commente l'auteur.

Entendons-nous, ou plutôt entendons-le : ce nouvel album a pourtant de quoi réjouir. Outre que le côté sombre de l'artiste apparaît ici plus clairement, si l'on ose ainsi s'exprimer, celui-ci Car Bénabar poursuit l'évolution amorcée avec Reprise des négociations ; la mène plus loin ; va où elle veut aller. Ose. Surprend. Bénabar ne fait pas du Bénabar.

Il aurait pu faire d'un de son style un procédé. Il y a là un pas que d'autres ont franchi, on le sait. Pas lui. Pas envie. Il a écrit ses chansons dans son coin, comme d'habitude, puis a changé d'habitudes. A commencer par les choix de production. Jusqu'ici, il abordait ses chansons au piano. « J'avais mes repères, mes cycles d'accords. Dans le meilleur des cas, c'est un style. Dans le pire, une redite ! » Cette fois, c'est sur une guitare que les petites nouvelles ont pris naissance. Puis, aux arrangeurs Jean-François Berger et Fabrice Ravel Chapuis, déjà compères de studio lors de la dernière session, s'est joint François Delabrière. Il a mixé le précédent album de Bénabar, réalisé ceux de Kyo et de Daniel Darc, entre autres. C'est un producteur à l'anglaise. Il a des sons dans la tête - il entend les cordes à Londres. Pour notre chanteur, Londres ou Dijon c'est du pareil au même, mais il veut aller là où ça va, aller au-delà de ses limites, répète-t-il ; surtout ne pas se répéter.

Alors ça va pop, cette pop légère et allurée des années 60 qui déjà dansait sur l'album d'avant, affirmant ici l'éclat classieux de ses cuivres, une élégance crâne à la Nino Ferrer, une joie mélancolique de canzonetta italienne. C'est une musique de variétés, terme toujours revendiqué par Bénabar alors qu'il a longtemps suscité la réprobation du milieu musical. Il faut dire que souvent, variété a rimé avec vacuité. Lui a choisi l'efficacité du genre.

Tendons l'oreille. Pour retrouver le style Bénabar, et le redécouvrir quand il se réinvente, comme il réinventait naguère la concordance des temps sur un cahier de solfège.
Ainsi, "L'Effet papillon" : quand toutes les anthologies poétiques et chansonnesques recommandent de passer du particulier au général, notre auteur iconoclaste part de l'universel - le naufrage de la planète - pour en venir à l'intime - coup de soleil ou coup de boule. Evitant par là-même de donner des leçons, tout en rappelant que chacun est responsable, des grandes causes comme des petits riens…

Bénabar revisite aussi ses thèmes favoris, tel celui des copains. De "Allez !", rencontre drôle-amère entre un dépressif et un bien intentionné, à "Pas du tout", dialogue moqueur entre les musiciens et le chanteur (collaborateur complice de ce titre : Louis Chédid, auteur de la comédie musicale Le Soldat rose dont Bénabar fut un interprète) ; en passant par "Où t'étais passé ?", scène de jalousie à un ami. A sa façon, paradoxale, celle-ci est la seule chanson d'amour de l'album - lequel troque les « Je t'aime » contre les « Je ne suis pas aimable » ("Infréquentable" ), « Tu ne m'aimes plus » ("Reflets verts" ), « Tu me quittes » ("Si j'avais su" )…

Autre thème récurrent et renouvelé : l'observation de ses semblables.
Parfois rieuse, à l'image de cet "Equilibriste" sur le fil des chiffres qui scandent notre quotidien, ou de ce citadin rêvant A la campagne, plus Marie-Antoinette que José Bové.
Parfois songeuse ("Malgré tout", dédiée à la génération de l'ex-« petit trentenaire » qui à présent « frôle les quarante ans »).

Parfois plus sombre quand elle se saisit d'anti héros, passe-partout ("Tout vu, tout lu") au point que certains en deviennent invisibles ("Flou")…
Quelles que soient ses variations sur le thème, toujours Bénabar pose un regard pénétrant sur le temps et les êtres qui promettent et qui passent.

Nouvelles chroniques de l'humain contemporain - ses beautés, ses bêtises, sa solitude.
Nouvelles chansons de Bénabar - où l'on voit l'ours danser sur un volcan.
Et le chanteur se mettre en danger, se remettre en question. Ce n'est pas si fréquent.

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