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Toots And The Maytals

Membre du groupe : Toots Hibbert : Lead Vocals Leba / Thomas : Backup Vocal / Marie "Twiggi" Gitten : Backup Vocal / Paul Douglas : Percussion / Carl Harvey : Lead Guitar / Jackie Jackson : Bass / Radcliffe "Dougie" Bryan : Rhythm Guitar / Charles "The Bulge" Farquarson : Keyboard Norris "Computer" Webb : Keyboard

Frederick Hibbert, natif de May Pen dans le comté de Clarendon le 10/12/1945, chante dès son plus jeune âge.

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Il fait partie, avec ses quatre frères et ses trois sœurs, de la chorale de l'église baptiste du village. Lorsqu'il part à Kingston pour devenir coiffeur, sa voix le fait plus remarquer que son coup de ciseau. Tenté par l'enregistrement, il rencontre ses futurs complices, Nathaniel « Jerry » Matthias et Henry « Raleigh » Gordon.

De Figaro aux Maytals

Dans le Kingston de l'époque, le trio vocal est la norme ; Raleigh Gordon suggère le nom de Maytals pour leur prometteuse association. Les trois complices peaufinent longuement leurs harmonies, ajustent la complémentarité de leurs timbres et commencent à auditionner. C'est l'incontournable Sir Clement « Coxsone » Dodd qui leur offre leur première chance - et quelle chance ! - enregistrer avec le groupe résident à Studio One, les Skatalites.

Le titre « Hallelujah » est empreint d'une ferveur religieuse mélangée au rythme du ska ; il n'en faut pas plus pour placer les Maytals en haut de l'affiche. Dès le début, le succès est au rendez vous, dans l'effervescente Jamaïque à peine indépendante. Vite lassés du racket de Coxsone, qui les paye trois Livres Sterling par face, les Maytals vont de producteur en producteur. Prince Buster devient leur nouveau mentor, il leur permet de conforter leur popularité en Jamaïque et de se faire connaître jusqu'en Grande-Bretagne.

Surtout ils rencontrent un fameux complice de Prince Buster, Byron Lee et son groupe les Dragonaires. En 1966 a lieu le premier festival musical en Jamaïque, les Maytals accompagnés par les Dragonaires raflent le premier prix avec « Bam, Bam ». Cette récompense les fait passer du statut d'artistes connus, à celui de stars locales.

La renommée n'a pas seulement des avantages : ses projecteurs éclairent parfois trop crûment les individus et leurs travers. Toots n'est pas porté que sur la religion, bien que non rastafari, il voue un culte empressé à la ganja. Le texte de « Bam, Bam » a le tort de protester contre la condition des Noirs, les autorités se servent du penchant coupable de Toots pour lui faire goûter du cachot.

54-46 numéro magique

Cet épisode carcéral enlève à Toots le goût de la protestation, pas celui de la sinsemilla. Toots est sauvé par la texture exceptionnelle de sa voix, car ses compagnons préfèrent l'attendre dix huit mois que d'engager un autre soliste. Sa voix à la force et à la profondeur uniques, en font le Otis Redding ou le James Brown jamaïcain.

La carrière du trio redémarre avec le concours d'un nouveau producteur, Leslie Kong. Le répertoire des Maytals commence à intégrer des influences soul, en plus de leur traditionnelle fidélité au gospel. Le résultat est l'éblouissant titre « 54-46, That's My Number », 54-46 est le numéro d'écrou de Toots, où il raconte sa captivité. Le rocksteady qui a succédé au ska, est ici mêlé de soul pour inaugurer un tempo particulièrement dansant, un contretemps particulier entre basse et batterie.

Il faut attendre 1968 et un nouveau titre produit par Leslie Kong pour que ce nouveau rythme trouve un nom. « Do the Reggay » n'a évidemment pas inventé le reggae, mais il lui a donné son nom de baptême, juste retour des choses pour le fervent chrétien qu'est Toots. En 1969, « Sweet and Dandy » donne aux Maytals un nouveau prix au Festival Song Competition, partout en Jamaïque le nouveau son commence à triompher et de nouveaux groupes vocaux naissent chaque jour.

Funky Kingston

L'explosion a lieu en 1972 avec la bande originale du film The Harder They Come. Jimmy Cliff y est starisé mais les Maytals voient figurer deux de leurs titres dans la sélection. Comme beaucoup d'autres, les Maytals passent du label Trojan de Duke Reid au label Island de Chris Blackwell. Rebaptisés Toots and the Maytals, en raison du charisme et de la position de soliste de Toots, ils sortent en 1973 le sublime Funky Kingston. Cette production figure parmi les albums qui ont fondé le reggae, en même temps elle s'éloigne du son « roots » par sa connivence avec la soul. La singularité de Toots est là, il crée à lui seul un sous genre dans le reggae naissant. Le style ragga et le dancehall, qui apparaîtront bien plus tard, descendent en droite ligne de la fascination de Toots pour le son Stax.

Les années 70 sont pour Toots and the Maytals une suite de tournées triomphales, en Europe et aux Etats Unis. Les albums se succèdent également avec Reggae Got Soul, Pass the Pipe et Just Like That. Hormis le fait que le nom de Toots y apparaît de plus en plus gros, écrasant de son ego les Maytals, il devient flagrant que son talent de compositeur est limité. Les compositions sont trop souvent dans un moule identique et ne soutiennent pas la comparaison avec l'explosion créative des autres artistes reggae. Surtout l'iconographie rasta/reggae, symbolisée par le personnage de Bob Marley, ne correspond absolument pas à l'aspect « fort des Halles » de Toots le baraqué.

Chris Blackwell lui même ne met pas le paquet sur les productions de Toots, ses albums ne bénéficient pas d'autant de musiciens de talent que ceux d'autres artistes Island. Il n'est pas étonnant qu'en 1981, l'album Knock Out marque la fin des Maytals. Toots, seul sur la pochette, posant tel un Mohammed Ali du riddim, voit Gordon et Matthias s'éloigner définitivement. L'attention du public s'éloigne elle aussi, c'est un Toots prématurément momifié qui va traverser les années 80 et 90.

Le Parrain funky

Il faut attendre 1998 et l'album Ska Father pour voir réapparaitre Toots Hibbert. Il tente de retrouver une crédibilité après avoir vécu d'albums live d'intérêt discutable, de rééditions et de compilations. Toots continue d'exploiter le nom du groupe et fait suivre le sien de « and the Maytals ». Mais ce sont des choristes dociles qui l'accompagnent, les harmonies subtiles du trio vocal sont bien mortes. Les versions de ses classiques ska sont honnêtes, surtout « Pressure Drop » et la reprise du « You Really Got Me » des Kinks rappellent l'aisance des Jamaïcains à adapter d'autres styles.

Définitivement plus attiré par la scène que le studio, Toots attend 2003 pour livrer World Is Turning. Ce n'est d'ailleurs pas exactement un « album », les séances d'enregistrement datant de différentes périodes. Toots se complait à aborder plusieurs styles, il montre surtout une fois encore la faiblesse de ses compositions. Le problème est résolu en 2004 avec True Love, commode album de reprises en duo avec des pointures rock, funk et dancehall : un hommage de ses pairs pour tout ce que représente Toots Hibbert. La présence d'Eric Clapton sur « Pressure Drop » et de Jeff Beck sur « 54-46, That's My Number » éclairent d'un jour nouveau deux des titres phares de Toots. Ken Boothe et Marcia Griffiths livrent un émouvant « Reggae Got Soul », le plus convaincant est Bootsy Collins avec un « Funky Kingston » qui semble écrit pour lui. D'autres collaborations se révèlent plus embarrassantes et inappropriées. True Love, paru sur le label international V2, a le mérite de redonner un éclairage médiatique important à Toots.

A presque 60 ans, il reste impressionnant sur une scène, son coffre est miraculeusement intact et permet à sa voix de continuer à exprimer ses différentes nuances. La puissance de Toots s'exprime aussi dans son apparence, il peut faire concurrence aux rois du dancehall, son goût des chaînes en or et du satin est des plus actuels. Toots en concert c'est un maelström, l'inverse de certains vétérans assoupis du roots reggae. Il délivre ses classiques avec ferveur et sait parfaitement faire vibrer une foule, son funky reggae n'a vraiment pris aucune ride. Son style unique, décalé, précurseur, le place de plein pied parmi les meilleurs artistes de scène du moment.

Devenu soudain prolixe, Toots livre en 2007 Light Your Light, album où il rend hommage à Coxsone Dodd avec quelques vieux complices comme Leroy « Horsemouth » Wallace et Dean Fraser. Avec sa reprise de « Pain in My Heart », Toots se mesure à son modèle absolu (il est amusant d'imaginer la voix de l'immortel Otis Redding une fois la soixantaine atteinte) et c'est presque un duo virtuel que livre Toots.

Curieusement Toots redevient, album après album, un artiste actuel, lui qui s'était prématurément enfermé dans le musée des icônes immuables. Toots Hibbert est arrivé entre deux générations de musiciens jamaïcains ; il a été un jeune loup du ska, un des fondateurs du reggae, mais comme Jimmy Cliff, il s'est fait souffler la couronne par la génération suivante.

L'apport de Toots est particulièrement sensible dans le dancehall, il est un des inspirateurs majeurs de « King » Capleton et de bien d'autres. Toots personnage public exubérant est aussi le fondateur discret d'une fondation pour les enfants démunis de Jamaïque. Le reggae doit largement ses influences gospel et soul à Toots, cet apport majeur suffit amplement à lui garantir sa place dans l'histoire de la musique.
Copyright 2008 Music Story François Alvarez

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