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Mika

Membre du groupe : Michael Holbrook Penniman

Il est désormais évident que Mika n'est pas de la même trempe que d'autres artistes. D'ailleurs, «particulier» pourrait bien être son surnom.

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Enveloppé dans le monde musical imaginaire qu'il a lui-même créé, c'est une des rares popstars de son âge qui fait les choses différemment. D'éducation classique, aux influences multiples, et s'exprimant souvent avec une gestuelle théâtrale, son ambition et besoin de s'exprimer l'ont forgé. Il dit que sa musique peut être facilement appréhendée. « Les principes de base imposent qu'elle soit joyeuse, vous inspire, qu'elle ne prête pas attention aux modes ou convenances », ce qui rappelle une vieille notion de la pop, quasiment oubliée : l'individualité.

Si son premier album Life In Cartoon Motion était une carte de visite flamboyante de cette individualité, le nouvel opus à paraître le 19 septembre, est la maturation d'un son pop assumé, un style que Mika s'est complètement approprié. Tout est en place sur ce nouveau disque : la voix qui fait le grand écart sur plusieurs octaves, l'aisance d'un virtuose au piano, des rythmes grondants aux finales explosifs, des histoires plus grandes que nature qui au fond, parle souvent de l'insécurité de chacun, et une production pop technicolor frappante. « Je suis parti avec l'idée de ne surtout pas modifier ma musique suivant les opinions des gens. Il fallait revenir aux sources, me faire confiance ». A la première écoute, il n'y a qu'un mot qui peut décrire le deuxième épisode de son rêve pop kaléidoscopique : audacieux.

Mika a commencé sa carrière pop avec le single «Grace Kelly». Avec presque 3 millions exemplaires vendus, c'est alors seulement le deuxième single anglais à grimper en haut des charts uniquement grâce aux téléchargements. Si on cumule les ventes des tous les singles tirés de l'album Life In Cartoon Motion, on dépasse les 6 millions d'exemplaires, et l'album lui-même a vendu plus de 5 millions de copies. Mika a été nominé et a gagné une foultitude de prix (les Brits, les Grammys, les Ivor Novellos, Capital Radio, Q Magazine, The World Music Awards, BT et Vodaphone, Virgin Media et MTVs Europe, NRJ Awards, etc.). Mais les statistiques ne donnent qu'une petite idée de sa forte emprise sur la pop musique dès son entrée en scène, confirmant qu'un outsider absolu a réussi à conquérir ce monde de l'intérieur.
Avant de signer sur Casablanca/Island, Mika avait été rejeté platement par de nombreuses maisons - une histoire racontée dans les paroles de «Grace Kelly» - et sa réussite montre qu'une vision à long terme et des chansons qualitatives passent outre les mode passagères. Pour une popstar de son âge, il a choisi un parcours ardu, préférant parier sur la longévité en restant fidèle à ses propres principes pop, plutôt que livrer une musique efficace mais éphémère.

Pour le nouvel album, les chansons sont peut-être différentes mais l'attitude est toujours la même. Du refrain instantanément catchy de «We Are Golden» aux chansons qui rappellent le Disney des années 40 («Toyboy») à une interprétation touchante de la «power pop» des années 80 («Touches You»), il y a une diversité ici qui ose se frotter aux classiques. Qu'il s'agisse d'un hymne rollerdisco («Rain») ou une réflexion mélancolique sur un traumatisme personnel («Dr. John»), la musique de Mika est un livre (musical) ouvert sur les contradictions et complications de la vie au 21e siècle. Aussi, il n'a pas peur d'une certaine grandiloquence. Alors que dans la musique rock, les tentatives de distiller les émotions dans une dimension stade sont légion, ces efforts ont presque disparu dans la largesse pop. Mika est là pour reconquérir cette place.

Après la folle période des acclamations, des ventes et la satisfaction personnelle d'avoir réussi à plaire au public avec son premier album, Mika a commencé à rechercher un studio à Los Angeles où il pourrait concevoir, façonner et écrire de nouvelles chansons. Quittant son sous-sol Londonien, il a trouvé un bel espace pour travailler avec son producteur et conspirateur musicale Greg Wells. Puis sa mère est intervenue. « Elle m'a dit de ne pas opter pour un lieu trop confortable ! (rires…) », un conseil de sage que ce bon fils a choisi de suivre. Mika est donc reparti vers un hôtel modeste, qui servira donc de cadre pour l'écriture du disque. Pour cette deuxième partie du conte passionnant de Mika, il a décidé d'oublier tout ce que les deux étincelantes années précédentes de gloire lui avaient appris. « Pour moi, c'est toujours la musique de ma chambre. C'est moi, assis au piano, qui chante ce que j'ai sur le coeur ».

« Pour moi, le premier album parlait de l'enfance », explique-t-il. « Il y avait cette innocence. Pour le nouveau, nous avons avancé de dix ans vers les pensées d'un adolescent. L'adolescence est une des périodes les plus fantastiques de la vie. C'est à ce moment-là que le sexe, l'amour, la drogue… et toutes les expériences en général sont nouvelles et intactes. Pour exprimer ces choses en chanson, je savais qu'il allait falloir devenir plus personnel ». Sur son 2e album, Mika s'est éloigné du personnage anonyme que racontait Life In Cartoon Motion. « Je crois toujours au mystère et je ne me sens plus obligé de me justifier sur ma vie, justement parce que tout est dans mes chansons. Composer est comme un cours de rattrapage sur moi-même ».

Ecrire à la première personne n'était pas facile pour autant. « C'est risqué d'être joyeux. C'est à la fois tentant et dangereux d'oublier la première fois que certaines choses se sont arrivées. J'ai dû me confronter à l'épineux problème d'écrire sur soi-même. J'étais terrifié, mais pour éviter de devenir un chanteur de cabaret des années 40, il fallait que je le fasse ». Ce sentiment était accompagné par sa doctrine de ne pas avoir peur des critiques. « En tant que compositeur populaire, le point de vue standard est de dire que vous n'avez pas le droit de vous écarter du terrain classique de la pop, au risque d'être raillé. Mais de mon point de vue, une chanson pop parfaite doit être comme l'essayage de la veste que vous avez toujours rêvé de vous acheter ».

Une partie de l'énigme de Mika a toujours été d'essayer de trouver le rapport entre ses propres enigmes et le choix des personnages racontés dans ses chansons.
Souvent ils se délectent où se débattent avec leur différence, ce que Mika fait aussi depuis qu'il est petit. La carapace a été remplacée, mais le nouveau Mika, plus ouvert, garde toujours sa grandeur, son mystère. Cet appel général pour inciter tout le monde à saupoudrer de quelques paillettes leurs différences et à les célébrer est un des plus grands cadeaux que la pop ait fait à la musique. Ces cadeaux viennent accompagnés d'un acidité unique cette fois-ci, notamment sur la mélodie vigoureuse de «Dr. John» ou le dilemme désaxé qui est au centre de l'exubérant et brillant «Blame It On The Girls».

Parce qu'il a tout fait avec un tel aplomb spectaculaire la première fois, tout en défendant son propre point de vue, la maison de disque de Mika était prévenue -par le big boss lui-même - qu'il ne fallait pas intervenir cette fois-ci non plus. « J'ai été protégé. Il y avait un blocus sur les interventions extérieures et on m'a laissé complètement tranquille ». Si cette solitude a pesé sur Mika au début, il a trouvé un moyen original de la surmonter ; « La discipline a tout réglé. Je suis allé au studio tous les jours à 10h, j'ai déjeuné au même endroit à la même heure, et je suis allé au même pub tous les soirs à 19h ». Parce que Mika a tendance à essayer d'exprimer beaucoup de choses, il y a un sentiment d'unité. « Quand je travaille avec d'autres personnes, ils restent dans mon monde uniquement. Nous n'écoutons pas d'autres musiques pendant le processus d'enregistrement, afin de réellement nous perdre dans ce monde ».

Pendant l'enregistrement de son deuxième album, Mika a déclenché quelque chose en lui. « Je me sens allégé. Je suis passé à l'étape suivante. J'en avais besoin, c'est l'aboutissement d'un processus qui m'aidera pour le troisième et quatrième disque. Je me suis enfin réconcilié avec l'idée que les petits disques de ma chambre ne le sont plus, et que je suis un compositeur ».

Et une popstar lumineuse et courageuse, aussi.

Nouvel album The Boy Who Knew Too Much le vendredi 18 septembre 2009

Notulus
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