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Sting

Membre du groupe : Gordon Matthew Thomas Sumner

Un gentleman rocker aux accents world, robin des bois des temps modernes.

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On s'en doutait, Sting supporta mieux la fin de The Police que ses ex-collègues régulièrement titillés par l'envie de remonter au créneau à bord du fougueux trio qui, pour faire la différence vers la fin des années 70, eut la judicieuse intuition de napper son rock à l'emporte-pièce de reggae blanc.
En 1985, deux ans seulement après la parution de Synchronicity, dernier album studio de The Police, Sting (Gordon Sumner) publiait The Dream Of The Blue Turtles, premier d'une série de disques pop MOR (middle of the road) enregistrés avec la conviction d'un milliardaire qui tue le temps en testant les studios les mieux équipés du monde, et interprétés par une pléiade de musiciens prestigieux au plan technique, gage de qualité sur la bande FM.
Ainsi, celui qui fit ses armes avec Last Exit, une formation jazz anglaise des mid-70's, se retrouvait à des années lumières de The Police, mais dans un état d'esprit musical pas si éloigné de ses premières amours. "If You Love Somebody (Set Them Free)" passa assez en radio pour convaincre son auteur de publier Bring On The Night l'année suivante, témoignage live de la tournée qui suivit la publication du premier disque, et lorsque parut Nothing Like The Sun, la ballade "Fragile" finement extraite révéla un Sting politiquement suave et bien engagé pour sauver la planète. Il tourna ensuite avec Tracy Chapman, Peter Gabriel et Bruce Springsteen au profit d'Amnesty International et devint le porte-parole de nombreuses causes parmi lesquelles la sauvegarde de la forêt amazonienne cruellement menacée. Alors qu'il se façonnait une image de Robin des Bois des temps modernes, Sting se grilla consciencieusement avec la presse, ne livrant que des interviews particulièrement prétentieuses et injuriant à tout va les quelques journalistes qui épargnaient ses disques.
Il faudra attendre quatre années avant qu'il ne retourne en studio pour l'autobiographique The Soul Cages de 1991, marqué par le décès de son père et une absence regrettable de titres accrocheurs. Ten Summoner's Tales, rehaussé par la présence de la fantastique chanson "Fields Of God" fit heureusement oublier ce piètre effort deux ans plus tard. Sting profitera de cette radieuse occasion pour publier son premier best of à l'énorme succès prévisible, entérinant ainsi son statut de chanteur d'envergure internationale. Plus complexe, Mercury Falling fera le bonheur des musiciens et des mélomanes amateurs de technique mais c'est le sans équivoque Brand New Day, paru en 1999, avec sa brochette d'invités prestigieux (James Taylor, Stevie Wonder, Cheb Mami et Brandford Marsalis), qui va réconcilier l'ensemble de ses amateurs avec son ¿uvre de plus en plus conséquente. Gentleman rocker aux accents world concerné, acteur à ses heures, cet homme ne dispense que de la qualité et même si son légendaire caractère de cochon incite souvent la presse musicale à passer ses activités sous silence, il convient aujourd'hui de l'affirmer : Sting est grand.
TOUT REVIENT À ÇA, L'AMOUR SACRÉ
Il y a deux ans, Sting s'est retrouvé dans une position extrêmement délicate. Il a fallu qu'il se produise sur scène, dans sa propriété, en Italie, un jour appelé à rester tristement marqué dans l'histoire : le 11 septembre 2001. "Monter sur scène était bien la dernière chose que j'avais envie de faire, dit-il. Mais les gens étaient venus des quatre coins du monde pour voir mon spectacle chez moi. Et j'ai eu le sentiment qu'ils avaient besoin d'une sorte de thérapie, qu'ils avaient juste besoin d'être ensemble." L'intimité palpitante de ce concert a fait l'objet d'une captation, qui fut disponible peu après sous forme d'un album live et d'un DVD, intitulés All This Time.
Depuis, comme nous tous, Sting a eu maintes occasions de réfléchir à la signification de ce jour fatidique. "Il a fallu que je reconsidère ma posture d'auteur-compositeur, dit-il. Quels sujets aborder dans mes textes ? Je ne tenais pas du tout à m'exprimer précisément sur cette situation, mais quand je me penche aujourd'hui sur les chansons que j'ai écrites alors, cette humeur est bel et bien présente. Quelque chose se produit dans l'esprit humain, et nous y sommes tous connectés, que l'on soit Américain, Anglais ou bien issu du monde islamique. Nous sommes connectés à une certaine énergie dans le monde, et nous avons besoin de tirer les choses au clair, pour savoir de quoi il s'agit."
Pour Sting, la dénomination de cette énergie figure dans le titre de son nouvel album : Sacred Love. "Chaque homme, chaque femme. Chaque race, chaque nation. Tout revient à ça. L'amour sacré" chante-t-il sur le morceau qui donne son titre à l'album. D'autres chansons montrent que l'incapacité à aimer peut conduire à l'auto-tromperie et à la trahison, à la peur irrationnelle et à la violence cataclysmique. Mais ce qui en ressort finalement, c'est la vérité que tous les chanteurs de soul connaissent : c'est à l'amour qu'on doit le salut.
Néanmoins, sur le plan artistique, écrire des chansons d'amour ne constitue pas en soi une nouveauté, surtout pour Sting qui a composé quelques-unes des plus belles ¿ et des plus émouvantes ¿ chansons d'amour de notre époque. Certes l'amour est peut-être bien la réponse, mais il doit reconquérir dans nos vies la place qui lui revient de droit. Pour cela, l'amour doit être débarrassé des clichés qui ont érodé sa signification. Or, c'est précisément ce à quoi Sting s'emploie dès le premier titre de l'album : "Inside". "A l'intérieur, les portes sont hermétiquement fermées à l'amour", c'est ainsi que débute la chanson. Et il va falloir que cette forteresse cède pour que l'amour puisse entrer en action.
"Souvent je me dis que la formule "Je t'aime" est généralement utilisée à mauvais escient, explique Sting. Qu'est-ce que cela signifie ? "Inside" est une chanson qui parle de quelqu'un ayant été blessé par l'amour. Cette personne est en état de siège, elle tâche de se protéger du monde. Il me semble que notre société incite à ce type de comportement. Nous vivons dans des communautés cloisonnées et le monde extérieur nous terrifie. Mais un orage gronde aux portes, et tôt ou tard il faudra ouvrir les écoutilles et faire face."
Les termes qu'utilise Sting pour décrire les caractéristiques de cette crise en disent long sur la démarche de Sacred Love : "under siege" (en état de siège), "terrified of the world" (terrorisé par le monde), "a storm raging at the gates" (un orage gronde aux portes). Entre autres ambitions, l'album est une tentative audacieuse d'esquisser des rapprochements significatifs entre les batailles au sein des âmes individuelles et les événements de plus grande ampleur qui tourmentent nos mondes politiques et sociaux. Cet objectif est des plus cohérents, compte tenu de la genèse de l'album. Sacred Love a été enregistré pendant les éreintants "préparatifs" à la guerre contre l'Irak, et tout le disque baigne dans l'urgence de cette période.
LA MUSIQUE ET L'AMOUR COMME RELIGIONS
Sacred Love a été enregistré pendant les éreintants "préparatifs" à la guerre contre l'Irak, et tout le disque baigne dans l'urgence de cette période ; de manière plus évidemment poignante sur "This War" "Une guerre est menée à l'encontre de notre compassion", chante-Sting. "Une guerre est menée contre notre compréhension. Une guerre contre l'amour et la vie elle-même. C'est la guerre qu'ils réclament". Véritable cri déchirant de protestation, la chanson pose une question très précise : "Oui, vous gagnerez peut-être cette bataille. Mais toléreriez-vous la paix ?"
Dans un registre similaire, quoique plus espiègle, "Forget About The Future" s'impose avec cette formule d'une ironie inoubliable : "Alors oublions l'avenir, chérie. Et réussissons le passé" ¿ un parallèle est brossé entre un couple, résolu à revivre toutes les douloureuses batailles d'une relation amoureuse, et les pays qui se chamaillent aux Nations Unies. Dans les deux cas, "Ils rouvrent toutes les blessures du passé. Comme ils ont échoué à tracer un futur possible."
Tout comme le morceau-titre, "Send Your Love" apporte un contrepoids aux motifs sombres évidents qui se logent au c¿ur d'un "This War." A l'encontre des voyous fondamentalistes de toutes confessions qui tentent d'étrangler la joie au berceau, Sting évoque une vision sensuelle du salut humain. "Il n'y a pas de religion, juste le sexe et la musique, chante-t-il par-dessus une rythmique énergique et tourbillonnante, il n'y a pas de religion, juste du son et de la danse. Il n'y a pas de religion, juste une transe sacrée."
"J'avais juste le sentiment qu'à la lumière du 11 septembre et de ce qui s'est passé ensuite, la religion avait à répondre de beaucoup de choses, déclare Sting. La religion a été instrumentalisée et enfermée dans un carcan politique très étroit, afin de cantonner la personne que nous sommes. La religion, voilà un autre terme qui avait besoin d'être redéfini. Je me suis donc posé la question suivante : quelles sont mes religions ? Ma foi, la musique en est une ; et l'autre, l'amour en est une autre ¿ l'amour romantique... faire l'amour. Ce sont deux manières d'approcher l'éternité, d'approcher les choses impossibles qui tout simplement nous échappent. Ce sont deux fenêtres qui s'ouvrent là-dessus ¿ et c'est Dieu qui les a toutes deux créées !"
Sur un plan moins philosophique, plus charnel, le duo sensuel que forme Sting avec Mary J. Blige, sur la ballade "Whenever I Say Your Name", brosse également les liens entre le sexe, la religion et la musique : "A chaque fois que je dis ton nom, je suis déjà en train de prier."
"Il ne s'agit pas d'un charabia romantique, insiste Sting. C'est quelque chose de bien réel. Quand vous aimez quelqu'un, c'est une expérience religieuse. Mary et moi endossons ces rôles dans la chanson ; nous nous inscrivons dans une relation amoureuse qui relève à la fois de la co-dépendance et de la nécessité. En tant que chanteuse, Mary est vraiment l'héritière d'Aretha Franklin, et il a fallu que je me hisse à son niveau. Elle est tellement passionnée qu'elle a réussi à faire jaillir en moi toute la passion qui y sommeillait. Je suis anglais, après tout, et nous autres, Anglais, éprouvons la plus grande difficulté à être emportés par la passion. Nous avons besoin qu'on nous aide un peu !"
"Like A Beautiful Smile" combine une improbable rythmique en 7 / 8, immédiatement identifiable, une mélodie irrésistible extraite semble-t-il d'une partition de Stevie Wonder, et des paroles empruntées à un sonnet connu de Shakespeare ("Shall I Compare Thee to a Summer's Day") ; le tout pour un effet des plus réjouissants. "Je n'ai aucune idée de ce que ça signifie, dit Sting de sa chanson en rigolant. Ça sonne bien, c'est tout, c'est joyeux, plein d'espoir. Et puis j'apprécie assez de piller Shakespeare, parce que lui ne vient jamais se plaindre !"
UN COMMENTAIRE À CHAUD DE NOS VIES ET DE NOTRE ÉPOQUE
Inspiré de l'autobiographie de Sting, "The Book Of My Life" est ce type de ballade mélancolique, introspective, que le chanteur a peaufiné tout au long de sa carrière. La sitar d'Anoushka Shankar crée une atmosphère de mystère au début de la chanson : le sentiment déstabilisant de se rencontrer soi-même en rêve, tandis que le personnage principal creuse dans le côté sombre de ses souvenirs enfouis. "Il y a des promesses non tenues et des promesses tenues, disent les paroles. Il y a des mots qui furent dits alors que j'aurais dû pleurer. Il y a de la peine en chaque vie."
"Dead's Man Rope" aussi a pour origine le travail d'écriture que Sting a entrepris sur sa vie. "Pour moi, cette chanson traite de la mort, dit-il en toute simplicité. J'avais l'image d'un homme suspendu à une corde entre le paradis et l'enfer, suspendu dans un "puit du souvenir". Etant moi-même tombé dans le puit du souvenir au moment où je travaillais sur mon livre, je sais ce que l'on ressent, et tout n'est pas tout rose."
"L'autre image dans la chanson, continue-t-il, est celle d'un homme qui s'éloigne en marchant, jour après jour. Une vie entière à fuir ses responsabilités, et sa propre douleur, dans l'espoir que la douleur s'en ira. Sauf qu'à un moment donné, il faut bien être à un endroit et faire face à la réalité. Et c'est là que se situe "Dead's Man Rope". Une fois que tu as accepté cela, alors le confort s'installe. On ne peut pas échapper à tout. J'ai essayé."
"Never Coming Home", pour finir, met en scène une femme arrivée dans sa vie à la croisée des chemins, comme le type de "Dead's Man Rope", en un sens. Sa décision, à elle, de réclamer sa liberté est racontée selon trois points de vue : le sien, le point de vue de son mari et celui d'un narrateur omniscient. "J'éprouve de la sympathie pour les deux personnages, vraiment, dit Sting. Ce sont des personnages à qui je rendrai à nouveau visite ultérieurement."
Pour réaliser Sacred Love, Sting a une nouvelle fois fait équipe avec Kipper, le génie des claviers et de la programmation, qui a également co-produit Brand New Day et All This Time. Outre Kipper et des invités tels que Mary J. Blige ou Anoushka Shankar, on retrouve, côté musiciens, des membres de longue date de la famille musicale de Sting, dont le guitariste Dominic Miller, le clavier Jason Rebello, le trompettiste Chris Botti et le batteur Manu Katche.
A ce stade, passer en revue la totalité de ce que Sting a pu accomplir au cours de sa carrière semble inutile. En tant qu'artiste solo et au sein du groupe The Police, il a écrit certaines des plus belles chansons de notre époque, et a vendu de nombreux, nombreux, millions d'albums. En revanche, il est peut-être plus intéressant de souligner qu'avec Sacred Love il est au sommet de son art. Qu'une nouvelle fois, il a concocté un album amusant et provocateur, sérieux et émouvant. Un commentaire à chaud de nos vies et de notre époque.
"Mentalement, ça a été un album très difficile à faire, reconnaît Sting. Au début, je n'étais pas du tout d'humeur à composer des chansons. Ensuite, en raison de ce qui se passait dans le monde (la menace d'une guerre après le 11 septembre et la guerre en Irak qui a effectivement eu lieu), ça a été réellement une phase difficile en terme de créativité. Tu te demandes : mais bon sang, à quoi bon faire ça ? Quel impact est-ce que ça peut bien avoir sur la réalité ? Et évidemment beaucoup de thèmes liés à ce qui se passe dans le monde se sont invités sur le disque sans que j'en sois conscient."
"Il y a donc une certaine quantité de confusion et d'effroi dans ce disque, de même que beaucoup de joie et d'espoir, conclut-il. Je pense qu'à ce titre c'est un album réaliste. Je l'assume pleinement."

Notulus
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