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Olli and the Bollywood Orchestra

Membre du groupe : Olli : Chant, direction artistique / Sylvain Barou : Fûtes bansuri, doudouk arménien, programmations / Erwan Volant : Basse / Sudeshna Bhattacharya : Sarod / Prabhu Edouard : Tablas, dholak, ganjira / Alain Lefaucheur : Harmonium, Clavier, Fender Rhodes / Jesse Lucas : VJ. / Jacques-Yves La Fontaine : Son / Laurent Poulain : Lumières

Ollivier Leroy, alias Olli, n'est pas de la génération qui, guidée par la musique de Ravi Shankar, faisait du stop jusqu'en Inde en quête d'un séjour dans quelque ashram (lieu de retraite).

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Ollivier Leroy, alias Olli, n'est pas de la génération qui, guidée par la musique de Ravi Shankar, faisait du stop jusqu'en Inde en quête d'un séjour dans quelque ashram (lieu de retraite). C'est dans sa Bretagne natale qu'est née et s'est étayée sa passion pour l'une des plus vieilles civilisations du monde.

Tout commence du côté de Rennes, lorsque le musicien et producteur américain, Bob Coke, l'initie à l'art des tablas et lui entrouvre les portes d'une culture foisonnante. En appétit, le pianiste (classique) qu'il est, membre d'un groupe de rock, veut en savoir plus sur cette terra incognita. L'étude simultanée du chant lyrique, du raga Indien, du théâtre musical sera un passeport.

En 1992, voyage en Inde : il rencontre la famille Dagar de Bombay, se perfectionne dans l'austère dhrupad, le plus ancien chant de l'Inde du Nord. A Paris, il se lie avec la Kakoli Sengupta, spécialiste du khayal, ce chant très ornementé aux subtiles vocalises qui explore toutes les nuances du raga. Après une licence de musicologie, il écrit un mémoire sur L'influence de la musique indienne chez les compositeurs français après 1945. Puis, apprend l'écriture du sanskrit et la langue hindi auprès d'Aparna Narayan, artiste originaire du Bengale.

C'est d'ailleurs cette poétesse peintre qui, par la suite, lui offrira plusieurs textes qu'il mettra en musique.

Très vite, Olli a cherché à faire son miel de tous ces enseignements. Séduit par le mouvement répétitif américain, les sons étirés, l'usage de la voix comme instrument, toutes choses qui se retrouvent à travers ragas (schémas mélodiques), chants bhajans dévotionnels, cordes indiennes et l'extrême complexité des rythmes de la musique indienne, il va chercher des hybridations qui reflètent sa culture occidentale et sa culture d'adoption.

Ces premières expérimentations se feront à travers les groupes Shafali et surtout Pändip, qui lui permettent de marier chants hindis et orchestrations rock ou mélodies bretonnes. En 2002, il décide de poursuivre plus avant. Son inspiration, il la trouve du côté de Bollywood (contraction de Bombay et Hollywood), place forte d'un cinéma indien qui produit chaque année plus d'un millier de films dont 200 comédies musicales.

Olli est tombé amoureux de ces musiques de films, kitschs et colorés qui sont, autant que les musiques sacrées ou savantes, des clés pour comprendre la psyché collective du peuple indien. Il en fait la matière première d'un alliage sonore inédit. Ses marges de manoeuvre ne sont pas évidentes. Comment éviter les pièges du mimétisme exotique ou du collage? Comment trouver un ton, un style conformes à sa propre trajectoire? Ainsi naîtra la première mouture d'Olli and Bollywood Orchestra.

Après des allers et retours à Calcutta où il choisit des musiciens, enregistre, teste in situ ses compositions et son chant, l'affaire prend corps. Elle donnera lieu, en 2004, à une création vidéo-musicale à l'occasion de deux festivals prestigieux, Les Tombées de la nuit à Rennes et Les Vieilles Charrues à Carhaix. La trame du spectacle s'inspire de thèmes romantiques propres aux grandes chansons du cinéma indien depuis les années 1970.

Des « tubes » revisités grâce à des compositions qui font incursions dans l'univers de ces musiques électroniques en passe de modifier le paysage des nouvelles surproductions bollywoodiennes. La basse, les guitares électriques, les claviers, se mariant aux tablas, mridigam, santur, sitar, et autre sarangi de la musique traditionnelle indienne. Quand, Olli évolue en duo avec la chanteuse Mou « Jojo » Mukherjee, servis par d'excellents instrumentistes indiens (certains partie prenante de la nouvelle scène asian anglaise) ou français. Un mixe vidéo, réalisé en direct par le vidéo-dj, Jesse Lucas, recréant l'atmosphère d'une salle de cinéma du côté de New Delhi. L'engouement pour ce spectacle singulier est immédiat tant auprès des spectateurs (20.000) que des médias. Au point que se montera une tournée en France, en Europe et Afrique.

L'album Kitch'en, enregistré au Prime Studio de Calcutta (spécialisé dans les B.O de films), composé pour moitié de chants acoustiques et pour moitié de chants griffés électro, concluant, en 2005, cet étonnant challenge.

Avec Tantra (du verbe sanskrit qui veut dire penser), son nouvel opus, Olli poursuit sa recherche.

À l'exception de deux titres - Govinda (nom d'une divinité très connue) et Bhajan (chant favori de Gandhi lorsqu'il militait pour l'Indépendance de l'Inde), inspirés de chants traditionnels dévotionnels -, l'album est construit à partir de compositions en hindi.

Si son premier album s'inspirait des formes musicales du «cinéma massala » (mélange d'épices) celui-ci s'inscrit davantage dans le style de l'hindi pop (équivalent local de la pop anglaise) avec des échappées vers le hip-hop, le dub, le rock. En témoignent Ichke ho gaya (je suis tombé amoureux) d'après un texte d'Atarna Narayan, usiné avec Swamy, un dj électro bhangra ; Ickte Mantra, mélange d'électro et de bhangra du Penjab ; ou encore Dub to ashram, compo jungle-mantra.

Les références à Bollywood - lignes mélodiques de violons, jeu couplets / refrain - se retrouvant cette fois dans l'invite à la danse Salam alaïkum DJ (bonjour D'j). Olli, proposant, en outre, des pièces plus intimistes, à l'instar de Fire bhi ou Distance, deux chansons sur l'éloignement, thème récurrent dans l'inspiration musicale indienne. Ou encore A Forest de The Cure, groupe dont il était fan étant jeune, morceau dans lequel le sitar a remplacé la guitare. Une adaptation qui a séduit Robert Smith au point de justifier sa présence en bonus.

Dans ce type de marqueterie musicale, le mixage qui préside à l'osmose d'ingrédients disparates, doit faire preuve de subtils dosages. Point de hasard à ce qu'il ait été réalisé sous l'égide de Marco Migliari (maître d'œuvre des disques d'Afro Celt Sound System, Baaba Maal, Susheela Raman, Massive Attack, Peter Gabriel…), qui plus est dans les studios Realworld de Peter Gabriel. Olli n'avoue t'il pas se retrouver dans la démarche de métissage sonore que Peter Gabriel conduit depuis deux décennies ?

Une histoire de filiation hautement symbolique pour le moins : dans les années quatre-vingt, ce fut chez Realworld que le chant qawwali soufi de l'immense Nusrat Fateh Ali Khan, autre idole de notre breton, sonna pour la première fois, pop.

À l'évidence, si l'on considère ce parcours, il y a chez Olli une sacrée dose de témérité… ou de candeur. Lui, n'y voit qu'un enchaînement d'heureux hasards régis par cette prédétermination si chère aux philosophies indiennes.

En tout cas, cerise sur le gâteau, pour ce lauréat de la bourse Villa Médicis hors les murs, décernée par Culturesfrance (opérateur du ministère des Affaires étrangères), Tantra sera le premier album d'un musicien/chanteur occidental à bénéficier d'une promotion nationale en Inde via le prestigieux label indien Sarégama, laquelle précèdera, en 2008, une tournée à travers l'immense pays.
Frank Tenaille

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