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IAM

Membre du groupe : Akhenaton (Philippe Fragione) / Shurik'N (Geoffroy Mussard) / Kheops (Eric Mazel) / Imhotep (Pascal Perez) / Kephren (François Mendy) / Freeman (Malek Brahimi jusqu'en 2009)

« Cet album [Saison 5] a été extrêmement viscéral. Il a été fait, écrit et enregistré, entre début septembre et fin novembre 2006. On voulait aller vite. J'avais remarqué que le groupe était très bon quand il se fixait un cadre d'urgence. Travailler deux ans sur un album comme pour Revoir un Printemps, ce n'était pas la meilleure solution : tu reviens, tu tergiverses, tu intellectualises, tu réfléchis dix milliards de fois sur les titres. Là, on a fait 37 titres, on a pris les 17 meilleurs, point à la ligne. On n'a pas trop zigzagué, pinaillé. Ça a été direct ! Un album beaucoup plus brut. On savait qu'on allait énormément défendre ce disque sur scène et donc tous les titres se prêtent à ça. Après plusieurs albums où on s'attardait pas mal sur les arrangements, là, on voulait aller vite et faire quelque chose qui cogne », avoue Akhenaton.

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Vrai.
« Le titre Saison 5, c'est surtout parce que, dans le groupe, on est tous des gros fans de séries télé, depuis des années. On n'a pas attendu qu'elles passent en prime time. Les Sopranos, The Shield, on les suit toutes. Et pour une fois, on voulait se mettre en scène sur la pochette. C'est d'ailleurs elle qui nous a amenés au titre de l'album. Une pochette évidemment directement inspirée des Sopranos. Et c'était ça, l'idée. Les Sopranos font intervenir beaucoup de personnages. Et comment faire intervenir IAM sans que ça fasse équipe de foot (rires) ? En donnant une vie propre à chacun des personnages. Et quand tu regardes la pochette, tu te dis "Ah, lui, il va jouer un rôle important dans cette saison... Ah, lui aussi..." C'est l'idée que ça véhicule. Chacun des personnages regarde dans une direction différente. Et tu as l'impression que chacun va jouer un rôle bien précis », explique encore Akhenaton.
À chacun son rôle. Et une seule direction pour tous.
Ce cinquième album officiel du groupe marseillais, sans compter celui auto produit en 1989, n'est pas simplement une totale réussite artistique. Mais bel et bien surtout un disque qui va poser les bases d'un nouveau départ.
Ici, IAM a tout réinventé. Tout remis en question. Tout tenté. Pour lui-même et pour les autres.
La compétition, fondatrice et obligatoire pour que le rap ne s'endorme pas sur ses lauriers, avait tendance, ces dernières années, à rimer avec répétition et zéro prise de risque. Rythmes pépères, sons faciles, lyrics redondants, parfois même indigestes, ça tournait en rond.
Plutôt que d'accepter l'Oscar du Grand Frère Rap et de se dorer la pilule sous un soleil complaisant en attendant d'entrer dans la légende, IAM a changé de label, brisé ses habitudes de création, accéléré le tempo (trois mois pour écrire, composer et enregistrer, presque une fraction de seconde pour le collectif sudiste, habitué, dans le passé, à accoucher dans la longueur) et surtout, imaginé un disque impressionnant d'énergie et de cohérence ! Et où la certitude de viser juste transpire à chaque mot, chaque beat, chaque respiration.
C'est assez admirable. 17 titres comme autant de visions, embarqués dans une valse enivrante, servie par des sons très cinématographiques et à la puissance qui souffle, capables de générer un flot d'images haut en couleurs. IAM sait que l'axe du bien n'existe que chez les paresseux du bulbe et préfèrent aux actuels raccourcis démagogiques, raconter sa vérité. IAM assume tout, ses ennemis comme ses faiblesses, ses erreurs comme ses positionnements et laisse le ventre mou aux frileux. Ce Saison 5 dévoile un groupe sûr de lui, presque aérien, qui peut tout se permettre. Un groupe humain, un groupe de potes, une famille, qui fait face, coûte que coûte.
Akhenaton : « Toujours en compétition, comme au premier jour ! Si tu te sens dans un siège, le cul posé, tu sautes du hip hop. Il n'y a pas de confort, c'est la remise en question quotidienne. Le tout, c'est de ne pas se trahir et d'arriver à faire ce que tu aimes et ce qui te ressemble. Je ne vais pas commencer à raconter que je vends du shit au coin de ma rue alors que c'est l'inverse de ma vie (rires). Et techniquement, on maintient un certain niveau de compétition. »
Voilà ! Aujourd'hui, tout se trouble, se mélange et les masques ne tombent plus. Époque corrompue, où la dérision, sport international, permet aux plus cyniques de ne pas choisir leur camp. IAM, lui, a choisi. Il a décidé, avec cet album peut-être encore plus qu'avec les précédents, de se positionner, artistiquement d'abord, en donnant naissance à ce disque fier, maîtrisé de bout en bout, où rien n'est forcé, tout sublimé par la satisfaction d'être ensemble, encore, par le plaisir de créer une suite, par l'excellence des sons, des ambiances, par la subtilité et l'équilibre des mots qui amènent autant l'espoir, le refus du prêt à penser que la jubilation. Comme des gamins qui savent, les membres d'IAM ont aimé enregistrer ce disque, ils ont goûté chaque instant, chaque prise, chaque interrogation, ça ne s'explique pas mais ça se ressent à l'écoute. Indéniablement.
Se positionner aussi, humainement, où justement l'ombre et la lumière s'accordent à dessiner une réalité faite de doutes, de joies, de trahisons, de souvenirs, d'appels à la vigilance et à l'intégrité. À l'amour aussi : celui de l'autre, du rap, des racines.
Akhenaton : « Il faut dédramatiser. On fait juste de la musique, on s'éclate à la faire, Cet album, il se place surtout au niveau du plaisir, même s'il y a évidemment des morceaux engagés, des morceaux durs, ce disque est pétri des bons moments que l'on a passé à le faire. C'est surtout ça qu'il faut retenir. »
Peut-être. Mais il y a bien plus derrière cette phrase pudique. Comme une certitude qui rassure : IAM n'a pas perdu la foi. Mieux, avec ce disque imparable, il s'est régénéré.
Et a placé la barre haut, très haut.
Pour le meilleur.
Le grand Jules Vallès écrivait : « Il existe de par les chemins une race de gens qui, au lieu d'accepter une place que leur offrait le monde, ont voulu s' en faire une tout seul, à coup d' audace ou de talent. »
IAM, c'est ça.

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