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Eiffel

Membre du groupe : Romain Humeau : chant,guitare / Estelle Humeau : basse, chœurs, claviers, flûte, mélodica, guitare / Nicolas Courret : guitare, chœurs batterie, percussions, chœurs / Damien Lefèvre : guitare, chœurs

Eiffel c'est une passion vitale pour la musique poussée à son paroxysme. Comme toute passion, il ne lui fallut qu'une étincelle ardente pour s'embraser et briller. La rencontre impromptue entre Romain et Estelle Humeau fut celle-ci.

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En 1995, Romain est élève au conservatoire de Toulouse et a déjà fait partie de nombreux groupes de rock depuis l'adolescence. Son chemin croise alors celui d'Estelle, musicienne baroque, qui bientôt, portera elle aussi le nom d'Humeau. Romain quitte alors son sud-ouest natal pour rejoindre sa dulcinée en banlieue parisienne. Le couple vit alors d'amour, d'eau fraîche et de petits boulots.

Fidèle à une nécessité qui ne le trahira jamais, Romain compose dès lors de nombreuses chansons maquettées avec les moyens du bord. Époque urgente. Oobik & the Pucks ne s'est pas encore manifesté que déjà ses premiers titres résonnent dans le petit appartement des Humeau : les agités Cogito Ergo Destrugere et King Kong Helicon Song, ou encore le lancinant Extrait de Jocondes.

Pour Romain, réunir une véritable formation musicale autour de ses compositions devient une évidence. Il contacte alors Nicolas Courret, ancien batteur sur Toulouse du groupe de son ami d'enfance Philippe Uminski. Le projet se forme donc initialement autour d'un duo, Romain (guitare/voix) et Nicolas (percussions/chœurs). Très rapidement, Estelle s'intéresse de près aux répétitions improvisées qui ont lieu dans son appartement et souhaite y ajouter son grain de sel. Elle adapte alors ses dons de musicienne classique (claviers/flûtes) aux tonalités rock des morceaux de Romain en y ajoutant une touche de chœurs féminins.

Reste à trouver une ondulation de basse pour envelopper les compositions. Le trio se résout à utiliser le système éculé de la petite annonce. Frédéric Vitani, véritable routard du rock, la relève dans un magasin de musique. Des références communes aux autres membres du groupe (les Beatles, Pixies, The Jam, The Clash, David Bowie et Police entre autres) seront pour lui le gage d'une intégration rapide et réussie. Il n'hésitera d'ailleurs pas un seul instant à plaquer son boulot de l'époque pour s'investir corps et âme dans le projet !

Nous sommes en septembre 1995, Oobik & The Pucks est officiellement réuni, pour le meilleur et pour le pire. Oobik, nom insolite, provenant d'un roman de Philip K. Dick intitulé Ubik, est donc lié à l'ubiquité, la faculté de se trouver en plusieurs lieux au même instant. The Pucks, ce sont les lutins. Donc en résumé, ce groupe de rock, ce n'est rien d'autre que quatre lutins malicieux qui se baladent où bon leur semble. On se dit que c'est étrange. On n'a pas tort.

Un rythme de travail s'installe autour de répétitions régulières et de quelques concerts dans de petites salles (Guinguette Pirate à Paris par exemple). Romain en profite pour peaufiner les démos de nouvelles chansons. Par l'intermédiaire d'un ami de Nicolas, l'une d'entre elle au titre délirant, Would You Like a Cup of Tea ?, est transmise à Sylvain Taillet, alors jeune directeur artistique chez WEA (filiale de Warner). Le morceau lui imprègne l'esprit et il ne tarde pas à s'enticher du groupe. Tant et si bien qu'en mars 1996, sept mois à peine après sa formation, le groupe est signé dans la précipitation la plus totale, sans aucune discussion sur les conditions du contrat. Romain Humeau avouant avec du recul : « Le fait d'être signé s'était insidieusement immiscé dans mon rêve de gamin : faire du Rock, alors que ça n'a, à la base, rien à voir ».

Alors que le couple Humeau vient de voir éclore sa fille Salomé, WEA déclenche la grosse artillerie dans la foulée de la signature, avec un enregistrement d'album au studio Garage à Paris. Le groupe, par manque de temps et d'expérience scénique, maîtrise encore assez peu les titres ce qui complique la tâche. Faute de budget, une partie des morceaux devra néanmoins être enregistrée maison sur un huit pistes (dont une déficiente...), aléas inhérents au Do It Yourself. C'est par exemple le cas de M'a dit sur lequel on pourrait, paraît-il, saisir à la volée le lointain crépitement d'agonie d'une saucisse au fond d'une poêle… L'ensemble de l'album est ensuite mixé par David Bianco, qui avait mixé précédemment le Teenager of the Year de Franck Black (album écouté 15 fois par jour pendant un an par le groupe), et donc engagé principalement sur sa renommée. Raison qui fait aujourd'hui dire à beaucoup, que, si Romain avait eu les coudées franches pour réaliser ce travail, le résultat aurait sans doute été, si ce n'est meilleur, en tout cas différent.

La première production officielle du groupe à s'étaler dans les bacs est un quatre titres sorti le 28 juin 1996 mettant en avant le déjanté single Cogito Ergo Destrugere. La galette jouit d'un accueil critique correct, et le morceau d'une petite diffusion sur quelques radios rock associatives ou nationales comme Ouï FM, mais sans déclencher de passions excessives. Le premier et dernier album du groupe suivra rapidement quelques mois plus tard, le 11 octobre 1996. A l'image de l'enregistrement de l'album, l'univers pictural qui orne pochette et livret a été réalisé précipitamment, une graphiste s'étant simplement contentée d'agglutiner un certain nombre de photographies et bouts de papiers divers fournis par Nicolas Courret et le couple Humeau sans réelle démarche artistique.

Pour les rares personnes qui s'y intéressèrent à cette époque, Oobik and the Pucks offre à cet instant un album à la fois décalé et diablement dans l'air du temps. Le groupe digère et recrache ses influences rock anglo-saxonnes (XTC, Stooges, Pixies entre autres) en les assaisonnant d'une sonorité power pop aux saveurs punk actuelle. Nirvana vient de s'inhumer, Supergrass explose les charts avec I Should Coco. Mais le groupe ne s'est pas contenté de filer dans le sillon de ces références majeures. Signant par la même occasion son arrêt de mort commercial, il livre un album déroutant où aucun morceau ne ressemble au suivant, le tout s'entrechoquant dans une fantasmagorique profusion sonore où les guitares saturées ont la part belle. Les textes, naïfs et libérés, loin de raccrocher l'auditeur à sa réalité, l'interpellent à la fois en latin, espagnol, français, anglais, franglais. Ils le trimballent allégrement dans un univers à la fois déjanté (Would You Like a Cup of Tea ?, Carabinieri), révolté (A la Perdre : Perdre toute sa vie à la gagner/Gagner toute sa vie à la perdre ), sensible (Extraits de Jocondes), désabusé (Mr Caparivet und El Boulonas Girl, narrant l'amourette dramatique entre un homme et une femme-robot), apocalyptique (M'a dit), voire carrément psychédélique (Bubble Gum Song, titre bonus, aux paroles délirantes et toujours partiellement indéchiffrées à l'heure actuelle…).

Malgré un certain buzz à sa sortie, le disque ne parvient pas à se glisser dans les meilleures ventes de l'époque. WEA commence même à considérer que l'essai est loin d'être transformé. Malgré tout, un deuxième single est lancé fin 1996. Pansement sur une plaie béante, King Kong Helicon Song se retrouve entre autre remixé par John Cornfield au studio Sawmills dans les Cornouailles. Là encore, la maison de disque mise sur la renommée avec une personne ayant produit Supergrass peu de temps auparavant. C'est un échec. Les ventes d'Oobik & the Pucks ne décolleront jamais réellement.

Cependant, le groupe parvient tout de même à s'ouvrir les portes de nombreuses scènes grâce à son statut désormais professionnel. Parmi celles-ci, quelques-unes plus prestigieuses que les autres comme les Transmusicales de Rennes en 1996, où les Eurockéennes de Belfort l'été suivant au milieu d'une affiche regroupant entre autres les Smashing Pumpkins, Supergrass, ou Noir Désir. Les rares personnes ayant pu assister à l'un des concerts d'Oobik & the Pucks garderont en souvenir une prestation à l'image de l'album, énergique et extravagante, les membres du groupe s'accoutrant régulièrement d'accessoires vestimentaires tout aussi burlesques les uns que les autres.

Mais les délires de tournée ne faisant pas tout, face aux ventes minimes (3000 copies écoulées), chez Warner on se passerait bien des lutins. Romain maquette néammoins à cette période une trentaine de nouveaux morceaux dans son appartement (Douce adolescence, Inverse moi, Le coeur Fragile, 47 Ursuale Majoris, Plus au nord, Gay, Foo Yung, etc...). Un deuxième album est prévu pour le début de l'année 1998, mais Sylvain Taillet prévient le groupe, dont il va devenir le manager et l'un des soutiens indéfectibles, qu'il risque de n'être absolument pas travaillé par la maison de disque. L'air du temps est au rap, les crédits de promotion sont ailleurs. Il ne reste plus au groupe que le choix entre faire un deuxième album et risquer fortement de s'enterrer chez les artistes anonymes, ou se sortir les doigts du cul et se débrouiller par lui-même.

Le quatuor s'interroge. Frédéric Vitani, pour sa part, a déjà vécu précédemment cette situation de largage officieux. Ecoeuré et ayant besoin de retravailler par manque d'argent, il se résout à quitter le groupe sans conflit ni heurt. Malgré la situation, le groupe recherche tout de même un nouveau bassiste. Nous sommes à la fin de l'année 1997, Damien Lefèvre, musicien errant depuis peu sur Paris répond à l'optimiste petite annonce : « Groupe rock, punk, signé chez Warner cherche bassiste pour une tournée de 40 dates et un deuxième album à venir ». Il dira ensuite avec justesse : « Je me croyais sorti de mes emmerdes, en fait ce n'était que le début, puisqu'un mois après être arrivé, Oobik s'est fait virer de chez Warner ».

Effectivement, suite à une visite magistrale d'Estelle dans le bureau de la directrice de leur bien-aimée maison de disques, afin de lui apprendre la politesse, le groupe se retrouve se retrouve purement et simplement mis à la porte. Ce sabordage en règle est le début d'une période de galère qui va faire fortement mûrir et s'endurcir le groupe. Au départ persuadés d'être signés rapidement sur un autre label en vue d'un deuxième album, les quatre musiciens enchaînent les désillusions et se retrouvent forcés à utiliser toutes les ficelles du système D pour perdurer de manière indépendante.

Ce n'est finalement que deux ans plus tard, après avoir abandonné leur nom extra-terrestre, synonyme de groupe consumé, qu'ils réapparaîtront enfin à la lumière en tant qu'Eiffel. La frontière exacte entre les deux groupes est floue, puisque inexistante. Même membres, même morceaux parfois… Romain Humeau déclare aujourd'hui : « C'est la même chose Oobik et Eiffel, c'est la même énergie, la même envie, on change juste de nom ».

Notulus
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